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Exemple : Education, Europe, Santé
  • Filière santé :
    gagnons la course à l'innovation 

    Note -
    Mars 2021


Nous tenons à remercier l’ensemble des personnes auditionnées et mobilisées pour la réalisation de ce travail.

Tout d’abord, les présidents du groupe de travail du rapport de l’Institut Montaigne E-santé : augmentons la dose (juin 2020) et qui mettait en lumière l’enjeu de la structuration de la filière santé en France :

  • Thomas Buberl, CEO, AXA
  • Bernard Charlès, directeur général, Dassault Systèmes
  • Thomas London, directeur associé au bureau français de McKinsey

Nous remercions également les différents acteurs, du secteur public comme privé, qui ont accepté de partager leur vision et leur expertise pour ce travail :

  • Sophie Boissard, directrice générale, Korian 
  • Olivier Charmeil, Executive Vice President, General Medicines, Sanofi
  • Thierry Chiche, président exécutif, Elsan
  • Bénédicte Garbil, directrice générale France, Edwards Lifesciences
  • Charles Guépratte, président, UniHA
  • Jean-Patrick Lajonchère, directeur général, Groupe hospitalier Paris Saint Joseph
  • Guirec Le Lous, président, Urgo Medical
  • Franck Le Ouay, co-fondateur et président, Lifen
  • Chahra Louafi, directrice du Fonds Patient Autonome, Bpifrance
  • Angèle Malâtre-Lansac, directrice déléguée à la santé, Institut Montaigne
  • Stanislas Niox Chateau, co-fondateur et président, Doctolib
  • Patrick Olivier, directeur régional de la Direccte Hauts de France
  • Alain Pluquet, vice-président, Institut Mérieux
  • Emmanuelle Quilès, Présidente, Janssen France
  • Jean Rottner, président, Région Grand Est
  • Thomas Saunier, directeur général, Malakoff-Humanis
  • Pr Jean-Charles Soria, directeur général, Institut Gustave Roussy
  • Arnaud Vaissié, président directeur général, International SOS

Nous remercions tout autant l’équipe projet, Pierre-François Jan, directeur de Pergamon, pour la rédaction de ce travail, et Laure Millet, responsable du programme Santé de l’Institut Montaigne, pour l’avoir coordonné dans la continuité des précédents rapports de l’Institut Montaigne.



La pandémie de Covid-19 a propulsé les problématiques de santé sur le devant de la scène médiatique et politique française. Les préoccupations des Français ont également été bouleversées : en novembre 2020, deux Français sur trois estimaient que le plus important était de limiter l'épidémie de Covid-19, même si cela avait un impact négatif sur l'économie du pays et l'emploi. La santé est devenue, avec la crise, un thème structurant du débat public et sera au cœur des prochains rendez-vous électoraux.

Alors que viennent d’être lancés les travaux du Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) qui ambitionne de faire de la France la "1ère nation européenne innovante et souveraine en santé," cette note de l’Institut Montaigne sur la structuration de la filière santé française intervient à un moment charnière.

Ce travail fait suite à la publication de six rapports sur la santé depuis 2016, lesquels posent des constats partagés sur la nécessaire évolution de notre système de santé pour qu’il soit plus transparent et inclusif (Système de santé : soyez consultés !, 2019) mais aussi plus innovant et agile (Médicaments innovants : prévenir pour mieux guérir, 2019 et E-santé : augmentons la dose !, 2020).

 

 

Professionnels de santé, universitaires, représentants de la société civile, entreprises du secteur de la santé et pouvoirs publics ; au fil de ces rapports, près de 400 personnes ont participé à construire cette réflexion commune au service de l’amélioration de notre système de santé

La filière santé française est dynamique et créatrice de valeur

Filière santé : de quoi parle-t-on ?

Définir la "filière santé" n’est pas chose aisée puisqu’elle réunit des activités et des acteurs bien plus divers que la plupart des filières économiques. Au sens large, elle peut être définie comme l’ensemble des activités des acteurs publics et privés qui concourent à la réalisation d’un produit ou service ayant une finalité de santé.

Elle rassemble une diversité d’acteurs parmi lesquels se trouvent les établissements de soins publics et privés, le monde de la recherche en santé, les industriels du médicament et du dispositif médical, les payeurs, les services de santé, les entreprises du numérique, du diagnostic, etc.

Le développement de la e-santé amène aujourd’hui de nouveaux acteurs venus d’horizons différents à investir le domaine de la santé, dont les sociétés de technologies de l’information et de la communication qui cherchent à développer des produits ou services en lien avec les soins (téléconsultation, e-prescription, etc.). Des acteurs issus du monde de la data et de l’intelligence artificielle occupent également un rôle croissant dans cette filière. 

Une filière économique de premier plan

 

 

La santé est un secteur économique clé pour la France. Il emploie plus de 2 millions de personnes tous secteurs confondus, soit environ 7 % de la population active française.

Ensuite, c’est un secteur qui crée de la croissance. Le secteur de la santé est ainsi créateur de richesse dans le domaine des industries et technologies de santé, mais aussi de plus en plus dans le numérique appliqué à la santé, dont il faut attendre une croissance exponentielle dans les années à venir. Le potentiel de création de valeur de la e-santé en France pourrait se situer entre 16 et 22 milliards d’euros par an.

Enfin, la santé est un des rares secteurs à investir massivement en recherche et développement (R&D) et à contribuer positivement à la balance commerciale de la France. On estime l’investissement du secteur privé à environ 4 milliards d’euros par an et à 4,5 milliards d’euros par an pour le secteur public.

Au-delà, c’est un secteur qui développe des innovations permettant aux citoyens d’être en meilleure santé, ce qui a également une valeur économique et de bien-être.

Mais elle fait face à de nombreux silos qui freinent sa structuration

Malgré son dynamisme, la filière santé est structurée en silos, avec des parties prenantes qui avancent indépendamment les unes des autres. Ces silos sont multiples : entre l’hôpital public et les cliniques privées, entre régulateurs et innovateurs, entre médical et paramédical, entre préventif et curatif, entre soignants et patients, etc.

Si certaines lignes sont en train de bouger, ce fonctionnement devient d’autant moins soutenable que les défis d’aujourd’hui appellent tous à davantage de transparence et de transversalité :

  • entre la santé humaine, la santé animale et les enjeux environnementaux pour créer une véritable approche "One Health", qui promet une analyse globale de ces questions ;
  • entre soins de ville, hôpital et médico-social avec un besoin accru de coordination autour des parcours de soins et de prise en compte des attentes des patients ;
  • entre les acteurs publics et les acteurs privés avec une confiance réciproque à retrouver. La crise pandémique a montré la difficulté des décideurs à donner aux acteurs privés toute leur place.

Les collaborations entre secteurs et entre industries sont pourtant essentielles pour permettre l’innovation et assurer des soins de qualité partout sur le territoire. Seule une dynamique collective et d’alliances fortes permettra de déployer le plein potentiel d’une filière santé.

Une nouvelle vision est nécessaire pour la filière santé française

Ainsi, il est crucial que les pouvoirs publics opèrent un véritable changement de paradigme sur la manière de piloter notre système de santé. Consolider une filière d’excellence, capable de s’exporter et d’améliorer la santé des Français, implique de : 

  • considérer le secteur de la santé comme une filière économique à part entière, créatrice de croissance de manière directe et indirecte (emplois, investissements, balance commerciale) ;
  • conduire des politiques de santé capables d’intégrer une logique d’investissements et d’évaluation du retour sur investissement ;
  • construire une vision de long-terme pour notre système de santé pour aligner et coordonner l’ensemble des acteurs publics et privés - vers un objectif commun : la création de valeur pour les patients et l’ensemble du système de santé ;
  • de repenser en profondeur le rôle de l’État, qui doit passer du statut de "gérant" du système de santé au statut de "garant" des règles du jeu et de la vision, en laissant davantage de marges de manœuvres aux acteurs de la filière pour déployer des solutions innovantes.

Nos recommandations pour consolider une filière santé d’excellence, capable de s’exporter et d’améliorer la santé des Français

Articulées autour de trois axes, ces propositions visent à créer les conditions de la structuration d’une filière santé française plus transparente, plus collaborative, plus internationale et prête à affronter les éventuelles futures pandémies.

Ces nouvelles propositions s’inscrivent dans la continuité des précédentes réflexions de l’Institut Montaigne et se veulent également être :

  • plus politiques, afin de mobiliser les citoyens et de mettre en mouvement les acteurs publics et privés vers une vision commune, avec des objectifs chiffrés et partagés ;
  • plus opérationnelles, pour favoriser l’émergence d’une filière santé créatrice de valeur pour les patients et l’ensemble du système de santé.
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Réinventer la gouvernance de la filière santé pour encourager les collaborations entre les secteurs public et privé afin de renforcer l’efficience et la qualité du système
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Proposition 1 : au niveau européen et dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne en 2022, mettre en place une véritable stratégie de développement de la filière santé pour permettre de mieux anticiper les menaces et coordonner les réponses face aux crises sanitaires.

Proposition 2 : au niveau européen, développer une culture de partage des données et de mise en cohérence entre les différents États membres d’indicateurs de qualité des soins intégrant le point de vue des patients.

Proposition 3 : au niveau européen, prolonger le travail d’harmonisation engagé avec l’EMA en créant les conditions d’une évaluation européenne des technologies de santé (harmonisation des méthodes et des critères, évaluation communautaire, etc.).

Proposition 4 : au niveau national, créer un Secrétariat d’État chargé du développement de la filière santé et de la réorganisation de l’administration pour lui donner de réels moyens d’action ; cette réorganisation doit permettre la mise en place d’un "guichet unique" pour les acteurs économiques de la filière et la structuration d’une approche coordonnée et intégrée.

Proposition 5 : au niveau régional, adapter la gouvernance et investir davantage dans les pôles d’excellence régionaux pour permettre la mise en réseau des acteurs de la filière santé.

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Développer des outils de pilotage de la filière par la donnée et favoriser le développement d’usages numériques au service des patients afin de repenser les modèles de régulation
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Proposition 6 : mettre en place un tableau de bord de la filière santé afin de piloter le système à partir d’indicateurs sanitaires, organisationnels et économiques, construits et partagés par l’ensemble des acteurs.

Proposition 7 : accélérer la définition de référentiels pour favoriser la portabilité des bases de données et encourager la concurrence et l’émergence de leaders européens et français du numérique en santé.

Proposition 8 : mettre en place des mécanismes d’incitation des professionnels de santé à l’adoption des usages numériques et imaginer des programmes d’accompagnement par les acteurs de la filière.

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Investir massivement dans la prévention, la coordination des parcours de soins grâce au numérique et faciliter l’évolution des parcours professionnels en santé
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Proposition 9 : répondre à la pénurie de soignants en créant davantage de passerelles entre métiers en décroissance et métiers de la santé, entre médical et paramédical.

Proposition 10 : développer de nouveaux modèles de financement pour favoriser l’émergence de plateformes d’intégration de soins et la collaboration entre professionnels (financement au parcours et à la performance, développement d’approches populationnelles, indicateurs de résultats, etc.).

Proposition 11 : transformer l’Assurance "maladie" en Assurance "santé" capable d’intégrer les notions d’investissements, de prévention et de long terme.

Proposition 12 : mettre la prévention au cœur des politiques de santé publique en y associant des acteurs en dehors du champ de la maladie, comme les parties prenantes de l’éducation et de la santé au travail.

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