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02/06/2026
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[UE et Inde : au-delà du commerce] - Deux projets politiques aux valeurs convergentes ?

[UE et Inde : au-delà du commerce] - Deux projets politiques aux valeurs convergentes ?
 Baudouin de Hemptinne
Auteur
Économiste

Le 27 janvier dernier, l'UE et l'Inde signaient un accord commercial créant une zone de libre-échange de 2 milliards de personnes mais les relations entre ces entités doivent-elles se cantonner à l'économie ?  De l'amélioration des conditions socio-économiques et environnementales à l'élaboration d'une stratégie coordonnée face aux États-Unis et à la Chine, de la réforme de l’ordre multilatéral au rejet des projets impérialistes : remonter l'histoire respective de l'UE et de l'Inde laisse entrevoir les pistes d'un partenariat pluridimensionnel, rendu plus précieux par la fragmentation accrue du monde.
 

Le 27 janvier 2026, l’Inde et l’UE ont conclu un nouvel accord de libre-échange (ALE), désigné comme"the mother of all deals" par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Il doit offrir une "plateforme de coopération fondée sur la confiance pour les questions stratégiques qui comptent le plus". Les connotations maternelles attachées à ce qui relève en réalité du langage prosaïque et technique des règles commerciales indiquent l’ambition d’engendrer des liens plus profonds entre Europe et Inde, dans un contexte géopolitique incertain.

Ces derniers mois, de nombreuses analyses économiques et géopolitiques ont été consacrées à l’ALE UE-Inde. La plupart d’entre elles visaient à comprendre les conséquences macroéconomiques pour ces deux marchés comptant respectivement 0,45 et 1,45 milliard d’habitants, soit ensemble près d’un quart de la population mondiale. Secteur par secteur, les experts ont analysé comment la réduction des droits de douane et d’autres barrières commerciales affecte les prix, l’emploi et les chaînes d’approvisionnement, notamment dans l’agriculture, la construction automobile, le textile ou les technologies de l’information.

Peu d'études ont abordé le cadre plus large dans lequel cet accord commercial a été conclu. Parallèlement à l'accord de libre-échange, un partenariat stratégique et de défense (SDP) a été signé, ouvrant la voie à la participation de l'Inde aux programmes d'approvisionnement "ReArm Europe". Des accords sur l'échange sécurisé d'informations sensibles ainsi que des accords de coopération en matière de recherche, d'innovation et de mobilité des talents ont également été signés. Sylvia Malinbaum replace cet ensemble d’accords dans une perspective historique et constate un approfondissement lent mais constant des relations depuis la fin de l’ère coloniale.

Au-delà de ces discussions techniques et économiques, la nature même des relations entre l’UE et l’Inde reste peu étudiée : resteront-elles essentiellement commerciales et fondées sur des intérêts ou existe-t-il une convergence culturelle plus profonde ?

La source de légitimité en Europe et en Inde réside dans l’amélioration des conditions de vie au niveau national, contrairement aux puissances impériales qui tirent leur légitimité de la projection de leur puissance à l’étranger.

Des parallèles en matière de culture institutionnelle et démocratique existent pourtant entre les deux systèmes démocratiques fondés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et pensés comme des projets de paix contre la domination impériale. Ces origines ont laissé un héritage contemporain que l’on observe dans la manière dont les citoyens de l’UE et de l’Inde appréhendent les concepts de dignité humaine, d’État de droit et de multilatéralisme. Ainsi, dans les agendas politiques des deux continents, les affaires intérieures priment sur les affaires étrangères. La source de légitimité en Europe et en Inde réside dans l’amélioration des conditions de vie au niveau national, contrairement aux puissances impériales qui tirent leur légitimité de la projection de leur puissance à l’étranger. 

Pour que l’UE et l’Inde libèrent tout le potentiel de leurs relations, plusieurs conditions peuvent être mises au jour : une collaboration en tant que blocs régionaux égaux pour améliorer les conditions socio-économiques et environnementales de leurs populations ; des stratégies coordonnées concernant les relations avec les États-Unis et la Chine ; des efforts conjoints pour réformer l’ordre institutionnel multilatéral ; des discours explicites en faveur de la paix ainsi que la promotion de liens interpersonnels au niveau des citoyens.

L'unification européenne au service de la paix

La déclaration Schuman de 1950 est généralement considérée comme le point de départ du projet d’intégration européenne. Les traités de Paris (CECA, 1951) et de Rome (instituant la CE, 1957) qui ont suivi ont constitué les premiers accords officiels visant à créer un marché commun entre les six États fondateurs. Depuis lors, de nouveaux pays ont rejoint la Communauté, à laquelle un nombre croissant de compétences a été transféré. En créant officiellement l’Union européenne, en préparant l’émission d’une monnaie unique et en instaurant des politiques communes en matière de relations extérieures et de sécurité, le traité de Maastricht de 1992 a marqué un tournant majeur, confirmé par le traité de Lisbonne de 2009 et les élargissements successifs.

Dès le départ, le processus d’intégration lent mais régulier des politiques économiques et étrangères a poursuivi un objectif de paix, constamment rappelé par les pères fondateurs - Robert Schuman, Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide De Gasperi et d’autres. L’article 3 du traité actuel sur l’Union européenne le sanctuarise aussi. La promotion de la paix repose sur un ensemble de valeurs universelles, telles que la liberté, la dignité humaine, l’égalité ou l’État de droit. Cet universalisme, issu de la combinaison des héritages judéo-chrétien et des Lumières, constitue également un rejet des tentations impérialistes qui avaient conduit le vieux continent à deux guerres terriblement sanglantes.

Depuis le début de l’intégration européenne, la tension entre les forces centripètes en faveur d’une fédéralisation accrue et les réflexes centrifuges défendant la souveraineté des États-nations alimente les débats européens. La relation ambiguë de longue date entre le Royaume-Uni et l’UE ou les rejets français et néerlandais d’une Constitution européenne sont des exemples historiques de cette tension. Aujourd’hui, ces frictions et la question de la subsidiarité restent au cœur des débats politiques européens : dette commune, transfert de compétences en matière de défense, coordination des politiques migratoires et climatique. 

L’émancipation de la domination britannique par la non-violence

L'Inde est devenue une république fédérale après la Seconde Guerre mondiale, aidée par l’affaiblissement de l’Empire britannique. La soif de liberté par rapport au joug colonial et la quête d'autodétermination ont été le moteur du mouvement d'indépendance. Le projet a été profondément influencé par un idéal de paix sociale, incarné notamment par Gandhi. Le plus grand défi consistait à fédérer un nombre immense d’États et de régions distinctes qui jouissaient de divers degrés d’autonomie vis-à-vis de l’Empire britannique.

À minuit, le 14 août 1947, dans son discours d’investiture historique en tant que premier Premier ministre, Jawaharlal Nehru soulignait la dimension universelle de l’émancipation de l’Inde, entre liberté et souveraineté, et affirmait sa conviction que tous les êtres humains sont intimement liés : "La liberté et le pouvoir s’accompagnent de responsabilités (…) nous devons travailler encore et encore, et œuvrer à concrétiser nos rêves. Ces rêves concernent l’Inde, mais ils concernent aussi le monde, car toutes les nations et tous les peuples sont aujourd’hui trop étroitement liés pour que l’un d’entre eux puisse imaginer vivre à l’écart. On dit que la paix est indivisible, tout comme la liberté, tout comme la prospérité aujourd’hui, et tout comme le désastre dans ce monde unique qui ne peut plus être divisé en fragments isolés."

Seul un idéal universaliste, inscrit dans la Constitution indienne (par exemple dans le préambule ou dans les articles pacifistes 51 et 51A) pouvait unir des centaines de millions de personnes issues d’une myriade d’États princiers et de provinces des Indes britanniques, composés de centaines de langues, de milliers d’ethnies et de pratiquement toutes les religions existantes sur le globe. L’exemple de la non-violence et de l’ascétisme incarné par Gandhi reste un héritage universel, un cadeau de l’Inde au monde entier. Elle constitue une sagesse pratique qu’il a tirée des traditions hindoues, de la pensée chrétienne et d’autres influences éclectiques. C’est ainsi que Nehru conclut son discours : "Aux nations et aux peuples du monde, nous adressons nos salutations et nous nous engageons à coopérer avec eux pour promouvoir la paix, la liberté et la démocratie."

Seul un idéal universaliste, inscrit dans la Constitution indienne [...] pouvait unir des centaines de millions de personnes issues d’une myriade d’États princiers et de provinces des Indes britanniques, composés de centaines de langues, de milliers d’ethnies et de pratiquement toutes les religions existantes sur le globe.

La tension entre les idéaux universalistes et le nationalisme a également constitué un élément déterminant dans la formation de l’État indien. Les pères fondateurs de l’Inde ont dû faire face au refus d’Ali Jinnah de s’engager dans un projet d’État multiculturel, pluraliste et laïc. Cela a abouti à une partition sanglante et à la création du Pakistan, puis du Bangladesh (le premier en tant que République islamique, le second en tant qu’État laïc). La tension entre le camp universaliste et les tendances nationalistes religieuses continue de structurer le développement de l’Inde. Le nationalisme musulman trouve aujourd’hui son pendant dans la résurgence de l’Hindutva, l’idéologie nationaliste hindoue du Premier ministre Modi et de son parti, le BJP, au point que lon évoque une "safranisation" de la politique indienne pour désigner la mobilisation des symboles et des discours nationalistes hindous. Les discours "India first" de Modi qui en résultent sont en contradiction avec une conception multiculturelle de l’identité indienne, mélange d’influences hindoues, bouddhistes, mogholes et bien d’autres.

Convergence contemporaine des cultures institutionnelles et démocratiques

Ainsi, historiquement, l’Union européenne et l’Inde apparaissent comme des projets de gouvernance démocratique fédérale pour la paix, nés des cendres de la Seconde Guerre mondiale. Tous deux ont rejeté l’héritage violent des empires, par un processus d’intégration des anciens adversaires en Europe et par l’indépendance et l’autodétermination pour l’Inde, malgré les tensions entre forces nationalistes et universalistes.

L’UE et l’Inde sont nées d’une ambition démocratique, qui s’incarne aujourd’hui malgré certaines insuffisances. Les démocraties européennes sont des lieux où le pouvoir est transféré de manière pacifique d’un dirigeant élu à un autre, où la liberté d’expression est garantie, où les contre-pouvoirs sont généralement respectés et où le niveau de vie est élevé selon de nombreux indicateurs. L’Inde est considérée comme "la plus grande démocratie du monde", avec des taux de participation aux urnes exceptionnellement élevés, généralement supérieurs à 65 % et dépassant 80 % dans certaines régions. Avec plus de 140 000 périodiques enregistrés, l’Inde figure aussi parmi les plus grands marchés de la presse écrite au monde. Certes, l’autoritarisme croissant et un suprémacisme hindou de plus en plus assumé jettent d’inquiétantes zones d’ombre mais plus profondément, il existe de riches points de rencontre dans la manière dont les Européens et les Indiens abordent les concepts de dignité humaine, d’État de droit et de diplomatie multilatérale, au cœur de l’ordre démocratique.

Dignité humaine, un substrat pluriel

La généalogie philosophique du concept de dignité humaine - l’idée que tous les êtres humains possèdent une valeur intrinsèque égale - prend racine dans la pensée judéo-chrétienne et le concept d'"Imago Dei”. Le siècle des Lumières a ouvert une voie à des conceptions non-confessionnelles : la dignité de l’homme repose alors sur sa capacité à exercer la raison, son "autonomie rationnelle" dans les termes de Kant. Dans les philosophies existentialistes et personnalistes, telles qu’on peut les lire chez Martin Buber, Albert Camus, Emmanuel Mounier ou Emmanuel Levinas, la composante relationnelle de l’existence humaine apparaît comme un principe fondamental de la dignité humaine, dont la traduction donne encore lieu à de nombreux débats, notamment en matière de droits de l’homme, de citoyenneté et de migration.

Dans le contexte indien, le substrat philosophique de la dignité humaine est pluriel. Les principales influences proviennent des religions dharmiques (bouddhisme, hindouisme, jaïnisme et sikhisme). L’idée que la divinité imprègne toutes choses conduit à une quête de fusion avec l’univers et peut créer un sentiment de proximité avec les autres êtres humains. La croyance en la réincarnation, qui découle en partie d’une conception du temps cyclique, instaure des catégories sociales hiérarchiques telles que le système des castes. Si les castes sont en contradiction avec l’idée de dignité selon le père fondateur et ancien ministre de la Justice Ambedkar (L’anéantissement des castes, 1936), les efforts perpétuels pour rechercher une meilleure incarnation future conduisent à une éthique ascétique et fondée sur la vertu qui peut être source de dignité. Gandhi visait notamment à régénérer l’Inde par le travail sur l’intériorité. L’ethos indien est fasciné par les valeurs. Enfin, la longue habitude de coexistence des religions dharmiques avec une diversité d’autres groupes confessionnels, notamment abrahamiques, fournit la base d’une éthique pratique du respect et de la fraternité comme fondement de la compréhension de la dignité humaine.

En résumé, l’Europe et l’Inde convergent vers une conception de la dignité humaine qui s’incarne dans la fraternité, avec des racines philosophiques théoriques en Europe et des traditions pratiques plurielles en Inde. Un expert anonyme de la délégation de l’UE à New Delhi estime que l’approche de la citoyenneté est plus noble en Inde qu’en Europe : "En Inde, si vous êtes ici, vous faites partie de la communauté politique, vous appartenez au territoire, même si, de plus en plus, comme en Europe, la bureaucratisation pousse vers une définition de la citoyenneté davantage fondée sur la religion, l’ethnie ou la langue et que des débats surgissent autour de la question : êtes-vous vraiment indien ?"
 

État de droit : une pierre angulaire de la vie démocratique indienne et européenne

L'Inde, considérée comme un "pays de juristes", compte un très grand nombre d’hommes de droit, un système administratif fortement hiérarchisé, un profond respect de l'autorité et un système de Common Law hérité de la Grande-Bretagne. La Constitution indienne, amendée plus de 100 fois en 75 ans, reflète un paysage juridique en constante évolution. La Cour suprême traite un nombre impressionnant de près de 75 000 affaires par an avec seulement 34 juges et, malgré les allégations de corruption et les défis structurels d’arriérés considérables et croissants, le pouvoir judiciaire indien s’efforce de rester un bastion d’indépendance - les pratiques discriminatoires se produisent principalement au niveau des États et des districts. Des inquiétudes émergent quant à l’indépendance de la presse, alors que la tendance mondiale à la concentration du paysage médiatique touche l’Inde et que certains journalistes ont récemment été arrêtés.

En Europe, la tradition juridique met fortement l’accent sur la réglementation. L’UE est souvent décrite comme un simple pouvoir normatif, et ses détracteurs remettent en question sa capacité à mener une action politique efficace. Si les États membres de l’UE défendent généralement l’indépendance du pouvoir judiciaire et la liberté de la presse, les arriérés et les retards ne sont pas rares. L’inflation législative et les inefficacités qui en découlent peuvent être attribuées à une conception largement individualiste des droits. Des menaces autoritaires pèsent également sur l’État de droit. Des années de démocratie illibérale en Hongrie, marquées par des efforts systématiques visant à restreindre l’indépendance judiciaire et la liberté des médias, sont un sujet de préoccupation majeur. Dans d’autres États membres, tels que la Pologne, les violations des normes constitutionnelles et les tentatives de politisation du pouvoir judiciaire ont suscité des mises en garde de la part des institutions de l’UE ces dernières années. Ces développements soulignent que, si le cadre juridique de l’UE est solide, sa mise en œuvre n’est pas à l’abri des pressions politiques et des reculs.

Les garde-fous européens contre les violations illibérales pourraient inspirer le pouvoir judiciaire indien à résister à la "safranisation".

En résumé, tant l’Inde que les pays de l’Union européenne semblent disposer de systèmes juridiques bien établis qui placent le droit au cœur de la vie démocratique. Dans les deux cas, des problèmes surgissent lors de l’application concrète de la règle de droit. Il s’agit ici néanmoins de montrer en quoi le droit est une pierre angulaire de la vie démocratique indienne et européenne, plutôt que de discuter de l’ampleur des violations de l’État de droit. Une coopération plus étroite avec l’Inde pourrait aider l’UE à intégrer une certaine dose de pragmatisme et de déférence envers l’autorité, inspirée des systèmes administratifs et de Common Law indiens. D’autant plus que le Brexit a privé l’UE de son membre le plus éminent usant de Common Law. À l’inverse, les garde-fous européens contre les violations illibérales pourraient inspirer le pouvoir judiciaire indien à résister à la "safranisation".

Multilatéralisme : vers un alignement plus profond entre l’UE et l’Inde ?

L'Union européenne et l'Inde se présentent comme les champions du multilatéralisme, mais leurs approches divergent. La tradition indienne du non-alignement, ancrée dans la neutralité de l'époque de la Guerre froide, a évolué vers une forme de "minilatéralisme", consistant à rechercher des coalitions de volontaires sur des questions spécifiques. Récemment, l’Inde a mené une politique étrangère de repli sur soi, en se concentrant sur les défis nationaux et en étant moins encline à dénoncer les injustices internationales.

Parmi les principales difficultés pour concilier les agendas de politique étrangère de l’Europe et de l’Inde figurent les positions divergentes sur la Russie, sur Gaza et sur l’approche de la transition climatique. La possibilité d’un alignement plus profond entre l’UE et l’Inde en matière de diplomatie multilatérale dépend de la capacité des dirigeants à gérer ces divergences, à s’engager dans un désaccord respectueux et à maintenir un engagement en faveur du dialogue au sein des instances internationales. La tendance actuelle vers des coalitions ad hoc empreintes de pragmatisme est la bienvenue, mais la stabilité géopolitique à long terme doit aussi être assurée par des efforts diplomatiques similaires visant à préserver les canaux de discussion institutionnels multilatéraux

Une étape cruciale pour instaurer une confiance mutuelle serait que l’UE soutienne activement le plaidoyer de longue date de l’Inde en faveur de la réforme des institutions multilatérales mondiales, en particulier des Nations unies (ONU).

Une étape cruciale pour instaurer une confiance mutuelle serait que l’UE soutienne activement le plaidoyer de longue date de l’Inde en faveur de la réforme des institutions multilatérales mondiales, en particulier des Nations unies (ONU). L’Inde n’a cessé de militer pour un ordre international plus représentatif et plus équitable, en cherchant à obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et une plus grande voix pour les pays du Sud. Pour que l’UE puisse promouvoir le multilatéralisme de manière crédible, reconnaître l’évolution de l’équilibre démographique et économique mondial et s’y adapter semble être un moyen judicieux de faire coïncider les paroles et les actes. Grâce à des actions concrètes, telles que la défense d’une meilleure inclusion du Sud global dans les forums internationaux, l’UE et l’Inde pourraient combler le fossé entre leurs engagements rhétoriques en faveur de la collaboration et leur coopération pratique sur la scène mondiale.

Narendra Modi avant sa rencontre avec Ursula von der Leyen à la Hyderabad House de New Delhi, le 28 février 2025. 

Copyright image : Money SHARMA / AFP

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