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Les "mots" du coronavirus

Trois questions à Olivier Duhamel et à Laurent Bigorgne

INTERVIEW - 29 Avril 2020

Olivier Duhamel et Laurent Bigorgne publient le 29 avril aux éditions Dalloz un petit livre-reportage, Les mots du coronavirus, organisé comme un dictionnaire. Ce petit recueil a pour objectif de conserver la mémoire des faits et des paroles qui marquent la crise du Covid-19. Une chronologie le conclut. Les droits d’auteurs de cet ouvrage seront intégralement versés à la Librairie de Sciences Po, dont l’activité a été empêchée tout au long de ce semestre universitaire.

Pourquoi avoir choisi de compiler ces "mots" du coronavirus ?

Olivier Duhamel : D’abord la volonté de rendre compte d’un événement absolument inédit, inouï et à de très multiples facettes. Le choix d’un abécédaire nous prémunissait de toute tentation d’un essai, qui aurait été très prématuré. Il nous semblait que les données étaient plus intéressantes que nos opinions, et la diversité des opinions des autres plus intéressantes que les nôtres.

Laurent Bigorgne : C’est aussi un formidable exercice de mémoire immédiate : qui a dit quoi ? quand ? dans quelles circonstances ? La construction de la chronologie en fin d’ouvrage permet de revenir presque jour par jour sur l’accélération dramatique de la pandémie dans notre pays et au-delà depuis le mois de mars.

Quel serait selon vous le mot le plus marquant ?

Olivier Duhamel : Les lecteurs choisiront. Le juriste ira peut-être à Conseil d’État, l’économiste à Capitalisme du XXIe siècle, le sociologue à Complotistes, l’entrepreneur à Aides aux entreprises, le salarié à Droit de retrait, le politique à Élections municipales, le journaliste à Fake news, le littéraire à Camus, le poète à Apollinaire...

Laurent Bigorgne : Le personnel soignant à Balcon, les professeurs à La Fontaine, les think-tankers à Populisme

Olivier Duhamel : Bref, qui veut en pleurer à Morts, en rire à Blagues, et l’honnête homme à tous les mots expliquant ce qu’est cette pandémie.

Quels enseignements tirez-vous de ce travail de mise en relief ?

Laurent Bigorgne : Plus que tous les grands événements qui ont marqué notre histoire récente (le 11 septembre 2001, la crise de 2008, les attentats de 2015 et 2016 en France et Europe), il s’agit d’un événement global et total. Il intervient partout sur la planète et bouscule nos vies en profondeur. Jamais la totalité des États de la planète n’ont été confrontés en même temps à un événement aussi chargé d’inconnues, mobilisant à ce point leur action, et pour leurs habitants bouleversant à ce point leurs vies, ce pour une durée indéterminée et avec des conséquences économiques et sociales des plus lourdes, des effets politiques et culturels imprévisibles.

Olivier Duhamel : Le rapport de l’humanité à la mort s’en trouve profondément bouleversé, puisque naguère était acceptée la quasi euthanasie implicite et douce d’une grippe saisonnière faisant par exemple autour de 10 000 morts chaque année en France. Au printemps 2020, la lutte contre la pandémie du Covid-19 est devenue la priorité des priorités. Nous sommes tous concernés. Il s’agit de rester solidaires et de sauver des vies… Comme je l’ai déjà dit pour ce blog : chacun chez soi, mais chacun pour tous.

 

 

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