Aller au contenu principal
Exemple : Education, Europe, Santé
  • Quinquennat
    Macron :
    le grand décryptage

    Document de travail - Aout 2021

La philosophie de l'opération

À moins d’un an de l’élection présidentielle, l’Institut Montaigne a cherché à savoir où en est le quinquennat d’Emmanuel Macron. Dans la lignée de l’exercice réalisé en 2018 sur les 12 premiers mois du Président à la tête du pays, cette nouvelle opération vise à tirer le fil des réformes mises en œuvre depuis 2017, qu’elles aient été annoncées dans le programme du candidat ou décidées durant son mandat.

Quelles ont été les mesures phares du quinquennat d’Emmanuel Macron ? Les promesses de campagne ont-elles été suivies d’actions, et pour quels résultats ? Où se situe désormais la France par rapport à d’autres pays, sur une dizaine de thématiques clés ?

Bien sûr, nous avons cherché à tenir compte des différentes crises qui ont pu marquer ces dernières années, même si elles sont indissociables de l’action de l’exécutif, soit qu’elles ont été provoquées au moins pour partie par ses décisions, soit qu’elles ont modifié substantiellement sa feuille de route.

Rappeler l’importance du contexte

Il est parfois utile de revenir quelques années en arrière, alors que la tendance est à l’urgence et à l’oubli. En particulier, la crise du Covid-19 a débuté en mars 2020, trois ans après le début du mandant d’Emmanuel Macron… et donc deux ans avant son terme.

Comme chaque président depuis le début de la Ve République, Emmanuel Macron a dû faire face à des événements imprévus, rendant plus complexe l’exercice du pouvoir et le déroulement des chantiers économiques et sociaux prévus initialement.

En outre, toutes les mesures adoptées depuis 2017 n’ont pas nécessairement le même horizon et nous ne disposons pas toujours du recul suffisant pour en évaluer la portée. Enfin, la pertinence de nombreuses annonces repose en grande partie sur la capacité d’exécution de ceux qui œuvrent à leur mise en œuvre… Le travail réalisé sur les dix aires thématiques couvertes impose donc un certain recul et beaucoup d’humilité.

Utiliser des données connues de tous

Ce dossier s’efforce d’analyser les grandes décisions prises dans des champs importants pour l’avenir de notre pays, comme le droit du travail, la formation professionnelle, la fiscalité, l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche, le logement, les transports…

Cet état des lieux est fondé sur des données budgétaires et factuelles, qui sont publiques et accessibles à tous. Bien sûr, le quinquennat n’est pas terminé et certaines des fiches que nous présentons aujourd’hui mériteront d’être complétées par la suite, ce que nous nous efforcerons de faire.

Travailler en transparence

L’Institut Montaigne s’est ainsi attaché à s’entourer d’experts reconnus et qui sont nommés. Leurs travaux ont été relus par plusieurs experts du champ couvert.

Chacun s’est attelé à réaliser un inventaire des mesures prises dans son domaine et à une évaluation de celles-ci. En s’appuyant sur des travaux publics ainsi que sur des statistiques elles-aussi à disposition des citoyens, les experts de l’Institut Montaigne ont ainsi eu à cœur de présenter un décryptage impartial des actions du gouvernement, en partant des engagements pris en 2017.

Selon la thématique étudiée, le chemin parcouru est plus ou moins long, et les difficultés plus ou moins bien surmontées. Ce décryptage n’a aucunement vocation à être exhaustif : il vise simplement à alimenter le débat public et à recentrer celui-ci sur des enjeux de fond.

 

Retrouvez les chiffres clés de la France comparés à l'international

 

Santé

Angèle Malâtre-Lansac, notre directrice déléguée à la santé, et Laure Millet, responsable de notre programme santé, décryptent les chantiers engagés dans le secteur de la santé depuis le début du quinquennat. Parmi les avancées notables figure notamment le déploiement de la e-santé, et particulièrement la télémédecine qui s’est considérablement démocratisée à la suite de la crise du Covid-19. La crise sanitaire a été un accélérateur et un révélateur des forces et faiblesses du système de santé, en propulsant les enjeux sanitaires sur le devant de la scène, permettant un investissement historique dans le secteur - sans toutefois en finir avec les corporatismes et les blocages.

Environnement

Benjamin FremauxSenior Fellow à l’Institut Montaigne, fait le point sur la politique environnementale conduite au cours de la période quinquennale actuelle. Taxe carbone, loi énergie-climat (LEC), deuxième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), Convention citoyenne pour le climat, autant de chantiers que le programme présidentiel devait relever. Si la crise sanitaire a permis, au moins temporairement, une prise de conscience salvatrice sur le climat, l’action publique a été freinée par les difficultés majeures à faire accepter des réformes d'ampleur permettant d'accélérer la transition écologique et énergétique. Il faut aller beaucoup plus loin et plus vite. Regard sur "le défi du XXIe siècle".

Transport

Patrick Jeantet, ancien président du directoire de Keolis, analyse les différentes réformes sociales et de gouvernance réalisées dans le secteur des transports depuis 2017. De la loi pour un nouveau pacte ferroviaire (juin 2018) à la loi d’orientation des mobilités (novembre 2019), d’importantes initiatives ont vu le jour mais des efforts supplémentaires auraient pu être portés en matière de programmation des investissements pour mieux relier les territoires et favoriser la transition écologique du secteur. Restent plusieurs défis pour les années à venir, de la décarbonation des transports à l’accroissement de la part modale du ferroviaire électrique en passant par une politique de fret décarboné.

Formation professionnelle

Bertrand MartinotSenior Fellow à l’Institut Montaigne, s’est penché sur les avancées du gouvernement en matière de formation professionnelle et d’apprentissage. Depuis 2017, l’exécutif porte une ambition forte de simplification et d’accélération en la matière, lesquels ont été profondément transformés par la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel (LCAP). En 2020, le nombre d’apprentis a atteint le chiffre record de 526 000, soit une hausse de plus de 40 %. Au-delà des questions de volumes (nombre d’apprentis, recours au CPF), c’est le travail sur la qualité des dispositifs de formations, couplé d’une réflexion sur le financement du modèle, qui doit désormais être mené.

Enseignement supérieur et recherche

Jean-Michel Catin, ancien directeur de la rédaction enseignement-recherche AEF, s’est intéressé  au système de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) en France. Dans ce domaine un constat s’impose : le modèle économique de l’ESR français, marqué par un sous-financement chronique et un fonctionnement très centralisé, n’est plus soutenable. Si l’une des priorités du quinquennat actuel a en effet été donnée à l’entrée dans le supérieur et à la réussite étudiante (notamment au travers de ​Parcoursup et de la loi "Orientation et Réussite des Étudiants", dite loi ORÉ), la question du financement des universités demeure à ce jour irrésolue.

Éducation

Baptiste Larseneur, chargé d’études à l’Institut Montaigne, propose un panorama du système éducatif français. Alors que, depuis plus de 20 ans, les évaluations nationales et internationales soulignent l’évolution inquiétante de notre système éducatif, les mesures prises entre 2017 et 2021 forment la trame d’une importante refondation de celui-ci. À court terme, la priorité donnée au primaire durant ce quinquennat rend difficilement appréciable l’effet des réformes engagées sur l’amélioration de la performance de notre école. Mais les mesures mises en œuvre, de par leur ampleur et leur cohérence, devraient à plus long terme avoir un effet positif sur la réduction de l’échec scolaire.

Logement

Sophie Conrad, responsable de notre pôle de politiques publiques, examine la politique de logement conduite durant ces quatre dernières années. Ce quinquennat, entre autres marqué par la mesure mal comprise et mal perçue de la baisse de cinq euros des APL, se termine avec  une forte baisse des constructions que la crise sanitaire ne suffit pas à expliquer - le niveau de construction neuve est ainsi proche de ses plus bas depuis 20 ans. Il aura néanmoins donné lieu à certains résultats encourageants. Le regroupement des organismes HLM a plutôt bien été enclenché et la restructuration du secteur devrait être quasi aboutie en 2022. Mais comment réduire à présent les coûts du logement tout en conciliant les nouvelles attentes, telles que la transition énergétique ou le câblage haut débit, avec les budgets non-extensibles des ménages ?

Politique industrielle

Aloïs KirchnerSenior Fellow à l’Institut Montaigne, revient sur la politique industrielle menée depuis 2017. Le "nouveau pacte productif" s’est traduit par une nouvelle dynamique de politique industrielle ciblant des soutiens plus sectoriels à l’innovation industrielle, au numérique et à la transition énergétique de l’industrie. Si la compétitivité en France a progressé, tant au niveau des coûts que de la qualité des produits et services, plusieurs axes méritent encore d’être approfondis parmi lesquels le soutien aux secteurs stratégiques, l’aménagement industriel du territoire, le renforcement des compétences scientifiques et techniques de la population nationale, en baisse jusqu’alors. 

Marché du travail

Senior Fellow à l’Institut Montaigne, Frank Morel dresse un état des lieux sur le marché du travail en France depuis 2017. La situation de l’emploi en France s’était améliorée entre 2016 et 2019 avec la baisse du taux de chômage, passant de 10,0 % à 8,1 %. Malgré cette amélioration, la France restait dans l’avant-dernier quartile des taux de chômage au sein des pays européens. Rapidement engagées, les réformes (assurance-chômage, négociation collective) ont percuté la crise sanitaire. Néanmoins, les outils ont été mis en place conformément aux engagements. Il appartient désormais aux entreprises, notamment au TPE-PME, de s’en saisir pour ancrer le succès de cette réforme.

Fiscalité

François Ecalle, président de l’association Fipeco, fait la synthèse des mesures fiscales mises en œuvre depuis 2017. Parmi celles-ci, on trouve la baisse de l’impôt sur les sociétés, la transformation du CICE en allègement de cotisations patronales, le remplacement de l’ISF, pour n’en citer que quelques-unes. Quoique pertinentes, ces mesures ont un coût budgétaire élevé. Force est de constater que les économies budgétaires, qui devaient accompagner la réduction des prélèvements obligatoires, ne sont pas advenues. En 2020, la France occupait la première place européenne s’agissant du niveau de ses dépenses publiques (61,8 points de PIB) - une tendance qui ne devrait pas s’inverser à court terme.

Téléchargements

Envoyer cette page par email

L'adresse email du destinataire n'est pas valide
Institut Montaigne
59, rue la Boétie 75008 Paris

© Institut Montaigne 2017