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[Sondage] - Les Français et les réponses économiques à la crise

BLOG - 4 Juin 2020

Par Institut Montaigne

Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio Classique, ce mois-ci les Français et la situation économique après le COVID-19.

Une majorité de Français s’attend à une crise économique majeure, avec des conséquences très fortes sur le chômage et les faillites d’entreprise

Suite à la crise sanitaire du coronavirus, 56 % des Français pensent qu’il va y avoir une crise économique majeure qui va avoir un impact très important sur le chômage et les faillites d’entreprise. 39 % s’attendent plutôt à une période difficile d’un point de vue économique pendant quelques mois mais qui va rapidement s’améliorer. Seuls 5 % des Français, plus optimistes, sont convaincus que la situation économique du pays ne se dégradera pas dans les mois qui viennent.

La majorité des Français au sein de toutes les catégories de population s’attend à une crise économique majeure, c’est notamment le cas des femmes (61 %, contre 51 % des hommes), des Français vivant dans la région parisienne (63 %, contre 55 % dans le reste du pays) et des électeurs de François Fillon (72 %, contre 48 %-59 % pour les autres électorats).

Légèrement moins pessimistes, les Français âgés de 18 à 24 ans s’attendent plutôt à une période difficile (50 %, contre 36 %-39 % pour les autres tranches d’âge), de même pour les électeurs d’Emmanuel Macron (51 %) et de Benoît Hamon (50 %, contre 26 %-41 % pour les autres électorats).

À noter que l’inquiétude pour la situation économique du pays dans les prochains mois touche toutes les catégories socio-professionnelles à un niveau quasi-similaire : 58 % des cadres s’attendent à une crise économique majeure, 58 % des employés, 55 % des ouvriers et 50 % des professions intermédiaires.

 

Pour la majorité des Français, le redémarrage de l'économie doit aller de pair avec la protection de l'environnement

58 % des Français pensent que le gouvernement devrait tenter de concilier les deux objectifs, le redémarrage de l’économie et la protection de l’environnement. 26 % des Français considèrent que le redémarrage de l’économie et de l’emploi doivent être privilégiés, même si cela se fait parfois au détriment de la protection de l’environnement. À l’inverse, 16 % sont favorables à ce que le gouvernement mette en place une politique accélérant la protection de l’environnement, même si cela se fait parfois au détriment du redémarrage de l’économie et de l’emploi.

La volonté de concilier ces deux objectifs est privilégiée par la majorité absolue ou relative des Français au sein de toutes les catégories de population et électorats.

Politiquement, une part importante des électeurs de Benoît Hamon (50 % concilier les deux – 32 % environnement – 18 % économie) et de Jean-Luc Mélenchon (62 % - 20 % - 18 %) souhaitent que l’environnement ait une place importante dans la France de demain, conjointement à la reprise économique voire de façon prioritaire.

Près des deux tiers des électeurs d’Emmanuel Macron (63 %) et de Marine Le Pen (64 %) souhaitent concilier les deux objectifs, et près d’1 électeur sur 4 (26 % E. Macron, et 23 % M. Le Pen) privilégie le redémarrage économique au détriment de la protection de l’environnement.

Les électeurs de François Fillon sont partagés entre la conciliation des deux objectifs (47 %) et une primauté du redémarrage économique sur la protection de l’environnement (46 %).

 

Face à une situation économique qu’ils prévoient dégradée, et en dépit des annonces de plusieurs ministres, les Français s’attendent à une hausse des impôts

Pour 77 % des Français les annonces des ministres affirmant qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts ne sont pas crédibles, dont 45 % plutôt pas et 32 % pas du tout crédibles. À l’inverse, 23 % les jugent crédibles dont 19 % plutôt et 4 % tout à fait.

Ces annonces ne sont pas crédibles pour la majorité des Français au sein de toutes les catégories de population et des électorats, y compris par les électeurs d’Emmanuel Macron (68 %).

Le manque de crédibilité de ces annonces est particulièrement élevé chez les Français vivant en milieu rural (85 % pas crédibles), ceux en situation financière tendue (83 %), chez les 50 ans et plus (82 %), et politiquement, chez les électeurs de Marine Le Pen (87 %).

Les Français âgés de moins de 35 ans (33 % crédibles, contre 67 % pas crédibles) et les électeurs d’Emmanuel Macron (32 %, contre 68 %) ont une opinion accordent un peu plus de crédibilité de ces annonces.

 

Pour financer la relance économique, les français privilégient la taxation des GAFAM et une hausse d’impôts pour les foyers les plus aisés

De manière générale, les mesures de taxation des plus riches sont jugées les plus efficaces par les Français pour financer la relance économique :

  • 85 % des Français pensent que taxer les géants du numériques (Google, Apple, Amazon, Microsoft) constitue une mesure efficace pour financer la relance économique, dont 53 % très efficace.
  • 70 % considèrent que le rétablissement de l’Impôt sur la Fortune (ISF) est une mesure efficace, dont 40 % très efficace.
  • 70 % pensent efficace la création d’une nouvelle tranche d’imposition pour les ménages aisés, dont 29 % très efficace.
  • 68 % jugent efficace la mise en place d’"une contribution exceptionnelle" auprès des plus aisés consistant à prélever un impôt exceptionnel et limité dans le temps pour répondre à la crise, dont 29 % très efficace.

La poursuite de la suppression de la taxe d’habitation pour tous est une mesure également positivement jugée dans l’opinion (68 %, dont 32 % très efficace)

L’efficacité de ces 5 mesures est un point de vue majoritaire au sein de toutes les catégories de population et des électorats. Toutefois des différences existent sur l’intensité de cet efficacité (modalité de réponse "très efficace") :

  • Politiquement, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon les jugent plus efficaces que les électeurs d’Emmanuel Macron et de François Fillon. C’est notamment le cas pour le rétablissement de l’ISF (57 %, contre 31 % et 25 %).
  • Et de façon moins marqué d’un point de vue professionnel, entre les ouvriers (53 % très efficace rétablissement ISF) et les cadres (28 %).

En revanche, seuls 27 % des Français estiment qu’augmenter l’impôt sur le revenu de tous les ménages y compris, exceptionnellement, faire payer l’impôt sur le revenu aux ménages les moins aisés qui n’en payent pas aujourd’hui serait une mesure efficace pour financer la relance économique, contre 73 % pas efficace, dont 42 % pas du tout efficace.

Une efficacité mise en doute par la majorité des Français au sein de l’ensemble des catégories de population et des électorats. Les électeurs de François Fillon (45 % efficace, contre 55 % pas efficace) et les cadres (38 % efficace, contre 62 % pas efficace) ont un point de vue un peu plus positif sur cette mesure. De même pour les Français qui payent l’impôt sur le revenu (33 % efficace, contre 67 % pas efficace) par rapport aux Français qui ne le payent pas (19 %, contre 80 %).

 

 

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