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La 5G, qu’est-ce que c’est ?

Explications par Achour Messas

INTERVIEW - 25 Février 2020

La 5G n’arrête pas de faire parler d’elle. On l’aura compris, les enjeux qu’elle représente sont immenses, tant en termes de sécurité d'information que de compétitivité de la France à l’international. Mais finalement, qu’est-ce que la 5G ? Achour Messas, membre du comité exécutif de Mazars et porte parole de la note de l’Institut Montaigne, L’Europe et la 5G : passons la cinquième !, nous livre son analyse.

La 5G est la cinquième génération des standards en matière de télécommunications mobiles. La 2G a permis l’essor du portable, la 3G celui des smartphones et des réseaux sociaux, et enfin la 4G a apporté des débits plus importants et a mis le format vidéo dans nos terminaux.
 
Globalement, jusqu’ici les réseaux fixes de télécommunications apportaient la puissance et la fiabilité, alors que les réseaux mobiles, c’est-à-dire sans fil, accompagnaient la liberté de mouvement. Face à cela, la 5G est une technologie de rupture, car elle va conjuguer toutes ces caractéristiques et offrir un champ complètement nouveau pour nos industries. Pour donner une image, la 5G c’est la puissance de la fibre optique mais sans fil. La 5G sera le vecteur de l’avènement de l’Internet des objets. Cela induira une véritable révolution industrielle.

Pour donner une image, la 5G c’est la puissance de la fibre optique mais sans fil.

La 5G a été pensée comme la colonne vertébrale de la numérisation de nos industries, et cela va impacter de nombreuses verticales : les industries des transports, du bâtiment, de l’automobile, de la médecine et l’usine connectée sont parmi les nombreux exemples. Néanmoins les déploiements vont se faire de façon progressive et, à court terme, la 5G va s'inscrire dans le prolongement de la 4G, avant de tenir l'ensemble de ses promesses dans 2 ou 3 ans.

Qu’est-ce qui va permettre cette révolution industrielle ?

La performance

Ce sont tout d’abord des performances techniques exceptionnelles. Nous entrons dans le monde du temps réel avec une latence de l’ordre d’1ms et un débit 10 à 20 fois supérieur à celui de la 4G. À cela s’ajoute la capacité de connecter de façon massive et simultanée un nombre d’appareils jamais atteint (jusqu’à plusieurs millions par km2).

Un réseau avec de nouvelles caractéristiques : virtualisation et network slicing

Le deuxième pilier de nouveautés tient aux caractéristiques du réseau : il va être virtualisé et pourra être alloué par tranche à certains usages : c’est le fameux network slicing. Cette fonction essentielle permet de décentraliser les capacités de calcul au plus près des usages. Elle rend aussi possible, à partir d’une même infrastructure, une allocation des performances en termes de bande passante et de latence en fonction des cas d’usage : on peut citer des besoins de latence faible et de fiabilité, par exemple pour les voitures autonomes ou le secteur de la santé, des besoins de bande passante importante pour des applications de réalité virtuelle ou augmentée, mais aussi des besoins de connexion massive pour l’Internet des objets et autres capteurs.

Ainsi, la 5G permet de configurer sur une même infrastructure de multiples services réseaux. Cela permettra, par exemple, de réserver des parties du réseau aux usages prioritaires tels que la santé ou les voitures autonomes, avec une haute qualité de service (latence et fiabilité), sans qu’elle ne soit obstruée par des services moins critiques, tels que le visionnage de vidéos ou l’utilisation d’applications de réalité virtuelle ou augmentée, pourtant très consommateurs de bande passante.

Une consommation d’énergie réduite, mais une plus grande quantité d'objets connectés

Le troisième pilier de nouveautés concerne l’énergie. La 5G consomme moins d’énergie que les réseaux 4G et permettra de réduire l’impact énergétique pour une consommation de données identique. En revanche, la question ici soulevée est celle des usages autour de la 5G, puisqu’elle rendra possible la connection de plus d’objets et de terminaux. Sur ce point, une réflexion collective sur l’usage responsable des capacités de calcul et de traitement des données est nécessaire.

Les enjeux de sécurité

Enfin on ne peut parler de la 5G sans aborder les enjeux de sécurité. Comme on peut le voir dans l’actualité, la 5G, plus que toute autre technologie, pose des enjeux de sécurité et de souveraineté. Pourquoi ? Tout d’abord parce que la 5G va connecter des milliards d’objets entre eux. Des secteurs entiers d’activité seront interconnectés. Il y aura ainsi une massification importante des données qui transiteront dans les réseaux.

Comme on peut le voir dans l’actualité, la 5G, plus que toute autre technologie, pose des enjeux de sécurité et de souveraineté.

Liées à cela, il y a globalement deux natures de craintes qui émergent.

  • La première porte sur la possibilité ou non pour un équipementier d’insérer dans le code informatique une back door, et donc de procéder à lespionnage des données transitant par ses infrastructures.
  • La deuxième porte sur un scénario plus extrême, qui est le shut down, ou la capacité de l’équipementier à couper le réseau à distance.

Afin de faire face à ces enjeux, des dispositions ont été mises en œuvre, avec par exemple le renforcement du rôle de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) dans l’homologation des équipements 5G en France. L’Union européenne (UE), par la voix de Thierry Breton, vient également de communiquer ses recommandations aux États membres et aux parties prenantes. Dans les grandes lignes, aucun équipementier n’est interdit, mais l’UE appelle les États membres à exclure les équipementiers à haut risque des parties critiques et sensibles des réseaux 5G, et à diversifier les fournisseurs pour réduire le risque.

Pour plus d’informations sur la 5G et les enjeux qu’elle pose, vous pouvez consulter les notes de l’Institut Montaigne, L’Europe et la 5G : passons la cinquième ! Partie 1 et L’Europe et la 5G : le cas Huawei - Partie 2

 

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