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Israéliens et Palestiniens : cette fois-ci c’est autre chose

ARTICLES - 18 Juin 2021

Le conflit israélo-palestinien - toujours sans solution envisageable - reste le plus long dans l’Histoire des relations internationales contemporaines depuis le règlement du statut de l’Irlande du Nord. En près de 75 ans, il a forgé la conscience politique de plusieurs générations d’Israéliens, de Palestiniens, d’Arabes, et endossé les habits des différents courants idéologiques qui ont traversé la région. Ses racines, faut-il le rappeler, ont leur origine dans un combat pour le partage d’une terre.
 
Les efforts de la communauté internationale visaient pendant 50 ans à convaincre les parties de se reconnaître mutuellement. Les Palestiniens représentés par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont pleinement reconnu Israël en 1988. Cinq ans plus tard à Oslo, le gouvernement travailliste d’Israël a reconnu l’OLP et accepté un plan qui établissait la souveraineté palestinienne sur Gaza, et un découpage de la Cisjordanie d’une effarante complexité que seuls quelques rares experts parvenaient à comprendre. Il fallait, disaient les garants de l’accord, que les parties construisent la confiance entre elles pour que le partage effectif de la terre puisse se faire. C’est alors que l’on assiste à un processus rigoureusement inverse : l’expansion rapide et régulière au fil des années des colonies sur le territoire censé faire partie de l’état palestinien, quelle que soit la couleur politique des gouvernements israéliens. Puis arrive l’assassinat de Yitzhak Rabin (4 novembre 1995), une violente intifada palestinienne (2000-2005), et un net durcissement des opinions publiques de part et d’autre, les Israéliens élisant des gouvernements de plus en plus à droite incluant des partisans de l’expansion des colonies, et les Palestiniens donnant la majorité au Hamas lors des élection législatives de 2006. Celui-ci prend aussitôt le contrôle de la malheureuse bande de Gaza, tandis que l’Autorité palestinienne qui se maintient peu ou prou en Cisjordanie voit sa crédibilité s’éroder inexorablement. On peut donc dire que les accords d’Oslo étaient moribonds depuis l’assassinat de Rabin par un colon israélien il y a vingt-cinq ans, et que le Hamas les a achevés dix ans plus tard sous le regard d’une population palestinienne frustrée de ne pas pouvoir élire ses représentants depuis plus de douze ans. 
 
Deux événements ont accéléré la récente flambée de violence : annulation des élections par le vieux chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, et le mouvement de protestation palestinien qui s’est déclenché à Jérusalem début mai, à la suite d’une provocation par des colons sur l’esplanade des mosquées, le tout sur fond de crise politique sans précédent en Israël. Les premières violences mettaient le gouvernement Netanyahu dans l’embarras et rappelaient aux grands pays que ce conflit nécessitait à nouveau leur attention. Mais le mouvement Hamas décide de ravir la vedette aux manifestants de Jérusalem en lançant quelques jours plus tard des roquettes sur les villes israéliennes, provoquant des déclarations des gouvernements occidentaux en soutien à Israël et à son droit légitime de se défendre. Feu vert, donc, pour l’armée israélienne qui lance une campagne de bombardements aériens contre Gaza. 

À l’écoute des jeunes Palestiniens

Le mouvement de protestation à Jérusalem fait remonter à la surface un processus en gestation chez les Palestiniens depuis le blocage d’Oslo. Il est résolument et consciemment pacifique car il s’est construit à partir des leçons tirées de l’expérience des trente dernières années. La première intifada, qui à débuté en 1987-1988 et dont les acteurs étaient des lanceurs de pierres, avait conduit à un engagement international sérieux et abouti aux accords d’Oslo de 1993. Quelles que soient les critiques exprimées à l’époque, ces accords avaient soulevé un immense espoir. La seconde intifada en 2000, en revanche, avait tourné à la violence. Israël y avait répondu par le bouclage de la Cisjordanie, la fermeture des accès à Jérusalem et avait augmenté le maillage entre les colonies. À l’extérieur, ce sont les kamikazes ceinturés d’explosifs qui restent dans les esprits. Les Palestiniens, et surtout les jeunes, ont compris depuis lors que la lutte armée dans un tel rapport de forces était absurde. Les menaces du Hamas à propos des milliers de missiles qu’il tiendrait enfouis sous terre sont dérisoires et rappellent les rodomontades de Saddam Hussein défiant l’Amérique jusqu’à sa disparition. Le Hamas le sait tout autant. Son but n’est pas d’effrayer Israël, mais de gagner en popularité et de récupérer la direction politique du mouvement palestinien, que le Fatah n’est plus capable d’assurer. 

Ces dernières années, les rassemblements et mouvements de contestation sont tous menés par de jeunes leaders, hommes et femmes actifs sur les médias sociaux et efficaces dans la mobilisation de la société civile.

Ces dernières années, les rassemblements et mouvements de contestation sont tous menés par de jeunes leaders, hommes et femmes actifs sur les médias sociaux et efficaces dans la mobilisation de la société civile. Ils considèrent que les institutions politiques palestiniennes des deux bords (Fatah et Hamas) n’ont plus rien à proposer et que le mouvement national chargé de les représenter au plan international est hors-jeu. Selon eux, la question palestinienne dessine une constellation nouvelle : quatre ensembles de populations se trouvant sous la coupe d’Israël mais vivant chacun sous un régime différent. Certes Gaza, qui est gouverné aujourd’hui par le Hamas, n’est plus sous le contrôle d’Israël, mais l’enclave est sous blocus depuis plus de onze ans et son sort demeure donc lié aux relations avec l’État hébreu.

Leur vision part du constat que ces quatre communautés sont privées de leurs droits à des degrés divers : les habitants de Gaza sont totalement bouclés ; les Cisjordaniens vivent dans des îlots encerclés de colonies ; quant à ceux habitant Jérusalem-Est, ils sont engagés dans un combat harassant et quotidien pour conserver leur carte de résidence, se cramponner à leur domicile ou obtenir la réparation d’infrastructures croulantes ; enfin, ceux qui ont la nationalité israélienne continuent de se sentir des citoyens de seconde zone. Redéfinie ainsi, la question palestinienne ne tourne plus autour d’une solution à deux États ou à un seul : au-delà des problèmes de souveraineté et de statut administratif, il existe un seul peuple, disent-ils, réparti entre le Jourdain et la Méditerranée, qui veut la fin d’un système colonial et de toute pratique discriminatoire.

Dès lors, leur discours est celui de la lutte pour la justice et l’égalité des droits individuels et collectifs dépassant la fragmentation géographique. Certains pensent que cela se fera dans le cadre d’un seul État, d’autres de deux États. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’un seul et même combat sur tout le territoire, même si ces quatre communautés ne se connaissent que très peu car elles se rencontrent rarement. La vision est inspirée des mouvements de lutte pour la justice raciale et sociale dans le monde, en premier lieu aux États-Unis, où leur discours trouve un écho grandissant.  

Ces nouvelles figures du mouvement palestinien ne sont cependant pas encore en mesure de se structurer en une force politique. L’alternative aux deux formations existantes continue de faire défaut. Le modèle reste à trouver, mais comme aucun des acteurs n’a intérêt à le voir prendre forme, il est peu probable qu’il trouve de l’aide. 

La fin de la solution à deux États est-elle irréversible ? Elle devient en tout cas obsolète, "caduque" selon le célèbre mot d’Arafat à propos de la Charte de l’OLP. Plus aucun think tank en Israël ou ailleurs n’y travaille. En revanche, depuis l’annonce du plan Trump - qui prévoyait l’annexion par Israël de la Vallée du Jourdain et des colonies en Cisjordanie -, des équipes israéliennes et américaines avaient beaucoup progressé dans le repérage de zones en Cisjordanie qu’Israël pourrait annexer, renforçant ainsi la marche engagée vers un seul État. 

Retournement inattendu en Israël

Il se passe en Israël des choses inédites. La flambée de colère dans plusieurs villes où se concentre la population arabe est un fait très rare dans l’histoire du pays. Le gouvernement a dû y décréter l’état d’urgence. Cela ne s’était jamais vu depuis la levée en 1966 du régime spécial appliqué aux Palestiniens qui n’étaient pas partis lors de la proclamation de l’État d’Israël. Cette fois-ci on a dû de surcroît déployer les forces de sécurité intérieure du Shin Beth en renfort de la police, débordée. Ces Palestiniens-là ne cherchent pas à remettre en cause leur statut de citoyens de l’État hébreu étant donné le sort peu enviable des habitants des territoires occupés ; ils ne font que demander la pleine égalité avec leurs concitoyens juifs. 

Pendant ce temps, deux années d’impasse dans la vie politique israélienne viennent de se dénouer par la formation d’un gouvernement qui représente une révolution silencieuse. Pour la première fois, un petit parti arabe - islamiste qui plus est, dirigé par Mansour Abbas - s’est trouvé en position d’arbitre du jeu politique et a négocié son soutien à la nouvelle coalition gouvernementale que dirige (par rotation) le chef d’un parti juif religieux. Il obtient en échange la promesse de quelques bénéfices pour les citoyens arabes. Jamais auparavant les partis sionistes n’avaient osé sauter le pas en s’appuyant sur les partis arabes, de peur de compromettre le caractère juif de l’État. L’alliance des autres partis arabes, dite "liste unifiée", dénoncent Mansour Abbas, l’homme qui a brisé l’unité de leur front et ironisent sur "l’arabe de service" qui aurait conclu un marché de dupes : obtenir la reconnaissance de droits qui étaient de toute façon dus aux citoyens arabes. Mais Mansour Abbas est un Palestinien du Néguev, où vit le "lumpenprolétariat" d’Israël. Il sait parfaitement que des droits - même reconnus dans les textes - doivent être renégociés lorsque le rapport de force est défavorable. Mansour Abbas, chef d’un petit parti sans assise populaire significative et sans grande crédibilité, a donc décidé de faire cavalier seul. L’Autorité palestinienne le traite de collaborateur. 

Abbas a obtenu l’engagement de la coalition gouvernementale à reconnaître un certain nombre de villages arabes du Néguev. La plupart ne l’étaient pas jusque-là et ne bénéficiaient d’aucun service public. C’est avec la mort de deux Palestiniens citoyens d’Israël, victimes des roquettes tirées par le Hamas depuis Gaza, que l’on a découvert que les habitants de ces villages se battaient depuis des années pour obtenir des autorités la construction d’abris, hélas sans succès. Abbas a également obtenu que la loi discriminatoire Kaminitz qui autorise la démolition des habitations arabes construites sans permis soit abrogée, et que le budget quinquennal alloué au développement des régions habitées par les Palestiniens soit doublé pour atteindre un peu plus de 10 milliards de dollars.

Pendant ce temps, deux années d’impasse dans la vie politique israélienne viennent de se dénouer par la formation d’un gouvernement qui représente une révolution silencieuse.

Certes, il a obtenu très peu au regard des demandes de ses concitoyens arabes qui pensaient qu’un front uni pouvait obtenir plus. Il n’a bien sûr pas réussi à faire abolir la loi proclamant Israël comme État des Juifs votée par la Knesset en 2018, qui relègue les Palestiniens au rang de citoyens de seconde zone. Rien non plus au bénéfice des Palestiniens de Jérusalem, ni des deux millions de ceux qui vivent à Gaza.

Ce gouvernement parviendra-t-il à gouverner ? Probablement pas, mais l’essentiel n’est pas là. Une digue vient de céder et les Palestiniens s’engagent pour la première fois dans la voie d’une réelle intégration dans le jeu politique israélien. C’est un mauvais départ pour une évolution souhaitable. Dans son discours d’investiture, Naftali Bennett a eu des mots chaleureux à l’intention des citoyens palestiniens du pays. "Nous ouvrirons une nouvelle page dans la relation entre l’État d’Israël et ses citoyens arabes… Nous comprenons les aspirations et les besoins de la société arabe, nous traiterons les problèmes liés à la criminalité et la violence, la crise du logement, les failles dans le système éducatif et le manque d’infrastructures.
 
Les bénéficiaires sont autant les partis arabes que juifs, car au sein de la coalition patiemment échafaudée par le libéral Yaïr Lapid, les partis de gauche qui avaient perdu toute influence dans le jeu politique sous Netanyahu retrouvent leur place. Or, ce sont ceux-là même qui partagent les valeurs des démocraties occidentales et qui sont favorables à la création d’un État palestinien. Netanyahu et les extrémistes de droite qui ont fait partie des coalitions successives avec lui n’ont fait que durcir leur position au fil des années. Ne rencontrant pas de résistance, ils continuaient de pousser leur projet. C’est cela qui a accéléré la prise de conscience chez les partis du centre et de la gauche qu’il est urgent de s’unir avec les Palestiniens du pays pour barrer la voie au nationalisme autoritaire de Netanyahu et conserver ce qui peut encore l’être du sionisme libéral originel en se montrant plus pragmatiques. Ils ne pouvaient plus se contenter d’avoir quelques médias et organisations des droits de l’Homme de leur côté pour exister utilement. Surtout, ils savent désormais qu’il leur faut mener leur bataille politique en Israël même sans compter sur la communauté internationale pour qu’elle impose des limites à la droite - surtout après la présidence de Trump aux États-Unis. 
 
La coalition gouvernementale, aberrante par bien des aspects, est en fait la plus représentative de la population israélienne depuis deux décennies puisqu’elle regroupe des représentants des juifs religieux, du centre, de la gauche laïque et des Palestiniens. Elle traduit une aspiration de l’opinion publique à l’apaisement après des années de forte polarisation de la société. Selon un sondage récent du Israel Democracy Institute, 48 % d’Israéliens sont favorables à un gouvernement qui s’appuierait sur les partis arabes pour gouverner. Même au sein de la droite, on trouve 35 % d’opinions favorables à une telle alliance. L’évolution est tout simplement renversante.
 
Naftali Bennett et Mansour Abbas ont en commun leur réputation d’opportunistes. Chacun a du mal à convaincre son électorat du bien-fondé de sa décision de s’allier avec l’autre. Abbas a promis d’offrir aux citoyens palestiniens des avantages tangibles. Il faudra que ces promesses soient honorées par le gouvernement Bennett faute de quoi Mansour Abbas disparaîtra de la scène aussi vite qu’il est arrivé. 
 
Il est trop tôt pour dire qu’un espoir renaît, mais les extrémistes en Israël ainsi que l’aile dure du mouvement palestinien Hamas flairent peut-être un danger pour leurs desseins. À l’époque d’Oslo, la fureur des colons juifs contre les accords avait frappé et tué l’espoir. Les élections palestiniennes qui suivirent de quelques mois l’assassinat de Rabin avaient alors donné la majorité au Hamas. Une société répondait à l’autre par les mêmes signaux. À présent, le Shin Beth avertit les autorités que le climat de tension en Israël ressemble à celui qui régnait avant l’assassinat de Rabin…

Les Occidentaux sont fatigués

Aucun Premier ministre israélien n’aura eu autant d’influence que Benyamin Netanyahu sur le débat international quant à ce dossier. Pendant douze ans, alors que le monde arabe était secoué par les révoltes populaires et les conflits, Netanyahu a dominé les relations étrangères de son pays ; il était aussi lié à Poutine qu’à Trump et savait s’y prendre avec le Congrès américain avec autant d’astuce que le plus expérimenté des présidents américains. Netanyahu jouait sur du velours. À mesure que le courant islamiste prenait de l’ampleur dans la région, l’image d’un Israël stable et fiable se renforçait. Autrefois balançant entre nationalisme et socialisme - pour reprendre l’expression de Zeev Sternhell - c’est le visage nationaliste dur d’Israël qui aura dominé toute cette période. 

Quant aux Palestiniens, rien n’a été plus nuisible à leur cause que son expression religieuse incarnée par les mouvements Hamas et Jihad islamique, soutenus par Téhéran. Le discours national, foncièrement laïc mais porté par une Autorité palestinienne sans aucune autorité, était devenu inaudible. 

La France et l’Europe s’inquiètent d’une certaine jeunesse musulmane qui mélange parfois soutien à la Palestine, revendication identitaire et antisémitisme.

La France et l’Europe s’inquiètent d’une certaine jeunesse musulmane qui mélange parfois soutien à la Palestine, revendication identitaire et antisémitisme. Ceci a peut-être favorisé l’adoption en France de la loi assimilant l’anti-sionisme à l’antisémitisme, qui a fait polémique au sein de la classe politique, certains députés craignant qu’elle ne soit instrumentalisée pour délégitimer la critique de l’occupation des territoires palestiniens. Ils en veulent pour preuve récente que leur gouvernement a été le seul parmi les pays démocratiques à interdire une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza lors des derniers bombardements israéliens de l’enclave en riposte aux roquettes tirées par le Hamas sur Israël.

L’Amérique, toutes administrations confondues, continue d’exprimer un soutien sans faille à Israël. Mais derrière cette constance affichée s’est produite une lente évolution de l’opinion publique et des médias libéraux ainsi que de la communauté juive - elle aussi traversée par le clivage entre libéraux et conservateurs populistes. On notait déjà ce changement dans la couverture médiatique lors de la dernière grande offensive contre Gaza en 2008, également déclenchée par des roquettes du Hamas. Il traduisait un malaise devant la politique de la droite israélienne du tout sécuritaire à l’égard des territoires palestiniens. Cette évolution a fait son chemin et se reflète aujourd’hui dans un débat ouvert au sein de la classe politique et au Congrès comme le note si bien Maya Kandel dans un article récent. Pour la première fois, une majorité de représentants démocrates au Congrès (53 %) appelle à appliquer à Israël les exigences affichées par leur parti de respect des droits de l’Homme et du droit international dans le traitement des Palestiniens, et se dit favorable au principe de soumettre l’aide militaire à la conduite d’Israël. L’administration Biden est consciente de cette évolution mais s’engager dans une médiation nécessiterait de se détourner de problèmes stratégiques plus importants.  
 
Les pays occidentaux se sont agités pendant dix jours pour convaincre les deux parties d’accepter un cessez-le-feu, mais une fois celui-ci conclu, on ne voit chez eux plus aucun appétit pour relancer le processus politique. Ils réaffirment paresseusement leur soutien à la solution des deux États et feignent d’ignorer l’aggravation constante du conflit qui le rend totalement dépassé. Le débat n’est plus limité à la survivance ou non d’Oslo. Il se produit quelque chose de jamais vu apparemment prometteur pour la coexistence des Juifs et des Arabes sur ce territoire. Il y a près de 30 ans, la négociation d’Oslo avait été voulue par deux leaders charismatiques, Rabin et Arafat. Cette fois, ce sont les sociétés qui s’expriment sans que des figures politiques les y poussent. Ceci n’est pas le résultat de la dernière crise mais l’aboutissement d’un long processus de maturation. Une jeune génération palestinienne attachée à la résistance pacifique veut se faire entendre. Elle sait que le Hamas l’empêchera de mettre à profit les sympathies grandissantes pour la détresse des Palestiniens au sein de l’opinion et du Congrès américains. Les Israéliens, quant à eux, ont franchi un mur psychologique et sont prêts à échanger avec leurs concitoyens arabes. 

Peut-être est-ce le moment pour l’Europe et surtout pour la France de s’intéresser à nouveau au conflit, de reconnaître et de soutenir les acteurs palestiniens et israéliens qui cherchent une paix entre démocrates. Ce conflit a besoin d’être détaché des débats sur l’islamisme, l’antisémitisme et autres pathologies qui viennent s’y incruster. On sait désormais qu’il est illusoire de croire qu’en l’ignorant il finira pas disparaître. 
 


 

Copyright : HAZEM BADER / AFP

 

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