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Exemple : Education, Europe, Santé

Pour l'alternance à l'Université

ARTICLES - 1 Octobre 2010

Le cursus des étudiants français n'est pas suffisamment ouvert aux réalités du marché et du monde du travail.

Les statistiques publiées lundi 13 septembre par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche confirment les analyses du dernier Rapport de l'Institut Montaigne 15 propositions pour l'emploi des jeunes et des seniors (septembre 2010).

En effet, à peine 11 % des étudiants en licence ont suivi un stage en 2008-2009 et 86 % de ceux-ci durent moins de trois mois. En master, ils sont plus fréquents qu'en licence : 39 % des étudiants en M1 et 58 % en M2. En dernière année de master, ultime étape avant l'insertion professionnelle, à peine un étudiant sur deux fait un stage...

C'est seulement en IUT et en licence professionnelle, qu’un stage est obligatoire pour obtenir le diplôme.

Ces périodes professionnalisantes sont bien plus fréquentes dans les formations d'ingénieurs : elles concernaient 62 % des étudiants en 2008-2009, 76 % en deuxième année et 88 % en troisième année. Autre caractéristique des stages dans les formations d'ingénieurs, l'importance des expériences à l'étranger, pour 36 % des stagiaires en deuxième année. A l'inverse, seuls 7 % des stagiaires en L3 sont partis à l'étranger.

Au total, à peine trois étudiants sur dix inscrits en licences professionnelles, licences généralistes, masters, formations d'ingénieurs et IUT ont suivi un stage en 2008-2009. Il s’agit de périodes généralement courtes (près des deux tiers des stages durent moins d'un trimestre) et 42 % sont gratifiés.

Rappelons que l’Institut Montaigne a proposé de généraliser l'enseignement par alternance dans l'enseignement secondaire comme dans l'enseignement supérieur.

L’alternance est l'un des moyens les plus efficaces pour favoriser l’insertion professionnelle des étudiants, comme en témoigne le Rapport "De l’université à l’emploi" publié en 2006 : certaines formations d’ingénieurs, de BTS, de DUT et de master professionnel (par exemple les ex-DESS) lui doivent leur succès. Pourtant, d’après ce même travail, seulement 62.000 étudiants suivaient un tel cursus à cette époque.

L'Institut Montaigne propose d’afficher l’objectif ambitieux d’un accroissement de 100 000 unités le nombre d’étudiants en alternance à l’Université. Cet objectif peut être décliné de façon opératoire :

  • organiser par alternance la dernière année (L3) de toutes les licences professionnelles ;
  • offrir systématiquement aux étudiants dans chaque université la possibilité d’effectuer la 2e année de master par alternance ;
  • mobiliser les entreprises dans le prolongement de l’opération Phénix pour développer l'alternance au sein des licences générales (L3) dans les secteurs lettres, sciences humaines, droit et sciences économiques ;
  • inciter, au niveau gouvernemental, l’ensemble des fonctions publiques (État, hospitalière, territoriale) à accueillir des étudiants-apprentis (ce que la législation permet). Nous préconisons que celles-ci absorbent la moitié de la croissance des effectifs des étudiants alternants (de l’ordre de 50 000), en rémunérant les apprentis et en participant aux charges de formation dans les mêmes conditions que les entreprises.

Il conviendrait d'établir un principe simple : les formations de licence (L3) et de master (M2) organisées par alternance le sont à l’initiative des universités, dans le cadre de leur autonomie. L’accréditation, par la région, de la formation au niveau de licence et master n’est pas toujours facile. La vocation d’insertion professionnelle des licences, et bien sûr des masters, dépasse largement le cadre régional (un master Finance organisé par apprentissage, par exemple, offre des débouchés à l'extérieur de la région et, à ce titre, ne constituera pas une priorité régionale). Les régions resteraient décisionnelles en matière d’apprentissage pour les DUT et les BTS (Bac+2) mais également pour les licences et les masters, en accord avec les universités, sous réserve qu’elles participent au financement de ces formations.

- 15 propositions pour l'emploi des jeunes et des seniors (Institut Montaigne, septembre 2010).

 

  • Commentaires
    Commentaires

    Soumis par Institut Montaigne le ven 21/12/2012 - 18:04

    Pour avoir enseigné près de 40 en lycée professionnel je sais que la chasse aux lieux de stage au niveau V BEp) et IV Bac pro) est un véritable parcours du combattant. Motifs invoqués le plus souvent la surcharge occasionnée par la présence des BTs, DUT, le surcroît de travail causée par la présence des stagiaires (sécurité, encadrement, identification des objectifs de formation etc.. Je souhaite bien du plaisir à mes ex collègues si les stages se multiplient comme le souhaitent les étudiants, les universitaires etc.. Crainte renforcée par ce que me disent les manageurs de mon entourage (et qui pourtant en leur temps furent bien heureux d'effectuer stage ouvrier, stage ingénieur) "le temps manque pour réaliser nos propres objectifs, alors le stagiaire ... " Même si l'arrivée du stagiaire est insérée dans l'agenda, même s'il est autonome il réclame attention et temps. Faudra-t-il qu'on indemnise les entreprises d'acccueil ?

    JA

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