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Universités françaises : comment faire face à la concurrence mondiale ?

Analyses - 23 Janvier 2008

L’enseignement supérieur et la recherche, et bien, c’est tout simplement la clé de la croissance dans l'économie de la connaissance et de l’innovation. Il faut donc en faire une priorité absolue. Cela passe par l’émergence de leaders français dans la compétition universitaire mondiale. Pour y parvenir, il faut certes des moyens, beaucoup de moyens mêmes. Mais aussi des idées, de très bonnes idées même, pour que ce surplus d’argent, une fois dégagé, soit dépensé en pleine efficacité.

L’Université française, il est vrai, a perdu son prestige d’antan. Cependant, ici comme ailleurs, il n’y a pas de fatalité ni de d’irréversibilité. La pente descendante que suit notre enseignement supérieur depuis quelques années peut être renversée, et devenir ascendante. Comment ? En appliquant ces quelques recettes :


  • Ne pas vouloir faire table rase et tenir compte de l’existant. Procéder à des rapprochements forcés décidés de l'extérieur, entre universités et/ou grandes écoles, cela ne fonctionnera pas. Il faut prendre en compte les histoires et cultures propres à chaque établissement avant de procéder.
  • Laisser aux acteurs les plus directement concernés le soin de s’organiser. Même s'ils doivent y être incités par la mobilisation de puissants moyens financiers concentrés sur quelques pôles, il appartient aux établissements concernés de réfléchir aux évolutions souhaitables et nécessaires pour eux dans les années à venir.
  • S’inspirer, en les adaptant, des bonnes recettes utilisées ailleurs. Les grandes universités américaines (MIT, Harvard...), qui raflent les premières places des classements, ne doivent pas êtres les seules concernées. D’autres exemples doivent être décortiqués et passés à la loupe : on peut ici songer aux écoles polytechniques suisses de Zurich et Lausanne, elles aussi très brillantes sur la scène internationale - et dont la proximité géographique indique bien que c'est la volonté stratégique qui est en cause, et pas on ne sait quel problème culturel.
  • Dégager, enfin, les éléments invariables qui expliquent chacun de ces succès. Il s’agit en fait d’un petit nombre de critères d'excellence – sept en l’occurrence - que l’on retrouve aussi bien à Harvard qu’à Lausanne, et dans les autres universités – quelle que soit leur localisation - qui sont les plus en pointe : une masse critique d’étudiants (au moins 5 000) et de chercheurs (au moins 1 000) ; une unité géographique ; la recherche de l’excellence via la sélection des meilleurs chercheurs et des meilleurs étudiants ; une pluridisciplinarité alliant sciences, humanités, technologies et management ; une continuité entre enseignement supérieur et recherche ; des liens étroits avec l’industrie ; une gouvernance efficiente.

C'est aux universités, aux grandes écoles et aux centres de recherche de s'adapter et de s'allier pour renouer avec l'influence qu'ils méritent. Mais le gouvernement a, lui, la double responsabilité de le leur permettre et de les y inciter. Le rayonnement de nos universités, c’est donc aussi une question de volonté politique.

 

  • Commentaires
    Commentaires
    sam 26/01/2008 - 16:43 Par marquez

    La question n'est pas d'avoir les meilleures universités. La question est, simplement, d'avoir de vraies universités. Et il n'y a pas de recettes. Aucune vraie université au monde s'est fait à partir d'une planification étatiste. Ce qui fait une université c'est tout simplement l'amour de la connaissance, la recherche de la vérité, cela veut dire beaucoup d'humilité. La seule idée de :"avoir les meilleures universités du monde", est contraire à l'esprit universitaire authentique. Pourquoi veut-ont être les meilleurs? Les plus grands? Les plus puissants? Est-ce par désir de domination? Alors, vous n'avez pas besoin d'universités. Seulement de l'imposture et un profond mépris de tout ce qu'il y de noble chez l'être humain.


    mar 29/01/2008 - 08:20 Par TOUJOURSPLUS

    Fusion écoles - universités: l'institut montaigne est pour
      L'institut Montaigne c'est à la fois un think-thank et  un groupe de pression efficace. Une chose est sure, ils militent avec constance sur les mêmes sujets et inspirent les réformes des gouvernements de droite. Mais, il semble que plus...


    jeu 31/01/2008 - 02:33 Par Walton Simons

    Allons encore plus loin. Organisons contre les vieux idéologues marxistes des universités une vraie révolution. Il faut adosser les universités aux entreprises, créer des partenariats, des interdépendances. Pour les universités, des moyens, du prestige, des stages...pour les entreprises, des salariés bien formés, de la proximité avec des cerveaux pour la R&D, un réservoir de main d'oeuvre d'élite, de la notoriété pour les entreprises locales via l'université. Du gagnant gagnant...mais encore faudra-t-il que les bons vieux marxistes lachent leur drapeau rouge contre les entreprises...pour eux, on est dans le "no pasaran".


    mer 13/02/2008 - 16:52 Par Pedro

    Lettre ouverte aux élèves ingénieurs et aux étudiants des universités,

    Il y a une vingtaine d'années, j'ai lu dans un périodique, et émanant de l'illustre polytechnicien le Professeur Albert JACQUART (1945), un témoignage selon lequel certains de ses camarades, formés à servir l'Etat si bien et sans condition, avaient servi le gouvernement dans les années 1940 avec un zèle parfait et innocent peut-être (c'est possible, voir la suite).

    J'ai cru comprendre à l'époque que la rigueur scientifique encadrée par une forte discipline formelle et peut-être psychologique, était responsable de l'annihilation du sens critique; mais comment, et avec quelle part de responsabilité des individus ?

    Je ne tente pas de réveiller ici de mauvais souvenirs, j'essaie au contraire d'être constructif par un effort insensé dans le cas contraire, et de voir comment on pourrait améliorer la maîtrise de nos comportements.

    Aujourd'hui, à la lecture du Professeur Elkhonon GOLGBERG "Les prodiges du cerveau ou comment l'esprit se bonifie avec l'âge", je pense avoir commencé à comprendre en fait que le processus psychologique qui gouverne de tels comportements, serait déterministe ? (Sous toutes réserves de ma propre interprétation peut être audacieuse et même erronée ?)

    Donc, si j'ai bien compris E GOLGBERG, quand l'on abreuve l'hémisphère droit du cerveau de formes nouvelles (concepts, schémas, théories, discours, etc.) dont il serait en charge de leur décodage, les individus brillants, et les autres, verraient ces formes en quelque sorte "transférées" et stockées dans l'hémisphère gauche de leur cerveau pour y devenir, dans leurs principes structuro fonctionnels, des peut-être incoercibles attracteurs, destinés à resservir au besoin.

    Ainsi, devant des situations (formes) que l'hémisphère gauche du cerveau reconnaîtrait comme ayant une structure non totalement inconnue, l'individu réagirait d'une manière conventionnelle. L'analyseur dynamique de situations nouvelles que constituerait l'hémisphère droit du cerveau s'en tiendrait à l'effort minimum (la nature est économe), et s'en remettrait à son voisin l'hémisphère gauche, se contentant de l'assister pour la mise en œuvre des réponses "déjà connues".

    Bon, j'arrête là. Mon propos n'est pas de faire du scientisme, je ne suis ni philosophe ni scientifique. Je ne suis qu'un obscur et modeste citoyen qui tente d'assumer sa citoyenneté. Et pour cela je vous propose deux questions:
    - Les sciences ne sont-elles pas, lorsqu'elles ne sont préoccupées que d'elles même, le refuge confortable de la conscience, et par là la négation de la citoyenneté ?
    - Le site www.assembleerepublique.fr n'est-il pas de nature à équilibrer, par l'exercice qu'il propose, sciences et citoyenneté, et à participer ainsi à la justification des sciences au service des citoyens ?

    Vos avis critiques identifiés sont tous les bien venus.

    Ah oui, et pour conclure, pourquoi je m'adresse à vous ? Parce que je pense que ce sont les ingénieurs qui seront, avec les universitaires, les tout premiers à initier et conduire la révolution pacifique nécessaire à la résolution des problèmes de notre temps, quand, ayant cessé d'être des "boulons ou OS des temps actuels", ils prendront le temps et auront la lucidité et le courage d'exercer leur citoyenneté.

    Mes coordonnées et ma motivation sont précisées sur le site, et plus particulièrement sur le Forum public:
    www.assembleerepublique.fr/AR_forum_pub/viewtopic.php?id=13

    Pedro


    mer 09/04/2008 - 14:16 Par Nicolas Gachon

    Les critères essentiels pour une meilleure compétitivité des dispositifs d'enseignement supérieurs sont :

    1/ l'excellence scientifique (une réflexion devrait d'ailleurs être conduite pour définir l'excellence);

    2/ une articulation plus dynamique entre recherche et formation : il en va du fondement même de l'université;

    3/ une prise en compte des besoins sociétaux dans les orientations stratégiques.

    De ces critères doivent ensuite découler les dispositifs d'évaluation.


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