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22/04/2008

Sauvetage bancaire en Grande Bretagne

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 Mathilde Tellier
Auteur
Chargée de communication

La Banque d'Angleterre a annoncé un plan de soutien aux établissements financiers du pays qui se chiffre à 63 milliards d'euros. Jusqu'à présent les banques anglaises semblaient partout épargnées par la crise des prêts immobiliers à risque (à part Northern Rock), les choses semblent changer. La Banque d'Angleterre va donc jouer son rôle en reprenant aux banques certaines créances dépréciées afin de désencombrer leur bilan. Objectif : leur permettre de prêter aux consommateurs britanniques qui souffrent, tout comme chez nous, des effets du ralentissement économique et de l'augmentation des prix (pétrole, denrées alimentaires') mais aussi, plus durement que chez nous, de la chute de l'immobilier résidentiel...

Les banques anglaises : employeur majeur Des difficultés bancaires sont pourtant un problème économique. Mais, au surplus, les banques sont, Outre-manche, un employeur absolument majeur. Car les Britanniques ont fait le choix de renoncer à une partie de leur industrie pour se spécialiser sur les services financiers à haute valeur ajoutée. Cela explique depuis 15 ans le rayonnement de la City qui attire à la fois d’énormes flux de capitaux et les meilleurs cerveaux. Mais évidemment quand la conjoncture financière se retourne, la City souffre particulièrement avec des centaines de milliers d’emplois en jeu…

Un impact nécessairement mondial En France, le système bancaire est très important et très dynamique, mais il n’occupe pas une place aussi centrale qu’au Royaume-Uni. Et les Français sont moins exposés que les Britanniques à un éventuel retournement du marché immobilier (là bas on souffle qu’un tiers des agences immobilières pourraient fermer). Cela dit, dans un système mondialisé, toute secousse peut provoquer des répliques n’importe où sur la planète. En simplifiant, disons que depuis 10 ans, les Américains consomment, les Chinois produisent – la Chine est devenue l’usine du Monde – et les Allemands (champions des machines outils) équipent les Chinois : ils sont l’usine de l’usine du monde. Logiquement, quand la consommation américaine freine, ce n’est bon ni pour l’usine, ni pour l’usine de l’usine et les Allemands risquent donc de payer aussi leur écot à la récession US… Une spécialisation peut donc être très payante un temps, puis très problématique un peu plus tard.

Inspiration : le CV anonyme Si les Britanniques entrent incontestablement dans une phase économique difficile, il demeure qu'ils ont mieux réussi que nous sur une dimension du social qui est l’intégration des minorités visibles. Si vous allez à Canary Wharf le matin, vous voyez bien plus de représentants de ces minorités qu’à La Défense à la même heure… Question de culture, sûrement, mais question de pratique et de méthode aussi, car les Britanniques utilisent bien plus que nous le CV anonyme qui permet de recruter sur une base beaucoup plus neutre et, donc, d’éviter une très grande partie des discriminations. Notre proposition du jour, c’est tout simplement de développer en France aussi le CV anonyme !

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