AccueilExpressions par MontaignePanthéonisation de Marc Bloch : les leçons de courage d’un clercLa plateforme de débats et d’actualités de l’Institut Montaigne qui donne aussi la parole à des contributeurs externes. Cohésion sociale23/06/2026ImprimerPARTAGERPanthéonisation de Marc Bloch : les leçons de courage d’un clercAuteur Louis-Xavier Thirode Préfet de l'Ain, ancien conseiller cultes et immigration Les Rois thaumaturges, L'étrange défaite, Apologie pour l'histoire... L'historien Marc Bloch, fondateur de l'école des Annales, qui a renouvelé l'historiographie par son approche transdisciplinaire, laisse des œuvres qui font toujours référence ; il incarne aussi le modèle d'un certain type d'intellectuel qui combattit et s'engagea au service de la vérité. Ce portrait, tiré d'une allocution prononcée lors de l'anniversaire du décès de Marc Bloch le 16 juin dernier, montre comment le résistant et martyr sut réparer la "trahison des clercs" - cette tendance à l'abstraction et à la défense des intérêts particuliers par laquelle les élites avaient préparé la capitulation - et peut encore nous guider. Dilexit veritatem : "il aima la vérité" Ces deux mots latins sont ceux que Marc Bloch avait choisis pour épitaphe. Ils disent tout, et ne disent rien si l’on ne les a pas, d’abord, gagnés. La panthéonisation de Marc Bloch nous fait revenir à l’essentiel : non pas à la statue du Commandeur, dont l’ombre dispense de lire l’œuvre, mais à l’homme, à l’historien et au clerc. C’est bien de cela qu’il s’agit : de la constance et du courage d’un clerc, mot ancien tiré du grec - le klêros, héritage, part tirée au sort -, c’est-à-dire de celui à qui n’échoit ni la terre, ni l’argent, ni le pouvoir, mais le savoir et sa transmission. Le clerc ne commerce pas. Il ne combat pas. Il ne gouverne pas. Il garde. Il tient. Et lorsqu’il abdique cette fonction, ce n’est pas lui seul qui tombe : c’est l’État qui tremble, c’est la cité qui vacille, c’est l’universel qui recule.En 1927, Julien Benda lance une accusation : La Trahison des clercs. Cet ouvrage est un réquisitoire impitoyable contre les "intellectuels", dont Benda estime qu’ils ont déserté, quittant le terrain de l’universel pour celui des passions particulières - le sang, le sol, la classe. Ils ont exalté l’attachement au pratique pour flétrir l’amour du spirituel et qu’"ils ont fait leur partie dans le chœur des haines de races, de factions politiques." Marx a donné aux passions sociales une force savante. Maurras a fabriqué une doctrine de contre-révolution rance et aigrie. D’autres ont suivi et, du haut de leurs chaires, ont changé la science en machine de combat.Comment rester fidèle à la vérité sans se murer dans l’abstraction ? Comment penser et, au besoin, agir ?Ce diagnostic est juste. Il est néanmoins incomplet car ce que Benda ne voit pas (ou ne veut pas voir) est qu’il existe une autre trahison, plus sournoise encore : celle du silence, de la neutralité confortable, de la science désincarnée qui se drape dans l’universel pour mieux esquiver le réel. La vraie question, Benda la pose sans le savoir : comment rester fidèle à la vérité sans se murer dans l’abstraction ? Comment penser et, au besoin, agir ? Benda ne propose pas de réponse mais celle-ci était en germe dans l’esprit d’un normalien surdoué, ancien combattant de 1914-1918, professeur d'histoire médiévale à l’Université de Strasbourg : Marc Bloch.Né à Lyon, en 1886, dans une famille juive d’origine alsacienne où la République tenait lieu de religion civile, Bloch a la droiture en héritage - son père est historien, son oncle est dreyfusard - mais accueillir l’héritage ne suffit jamais : il faut aussi le faire fleurir. Bloch le cultive dans les archives, dans le face-à-face avec les documents, ces "traces" si chères à Carlo Ginzburg (historien inventeur de la microhistoire, né en 1939 et mort le 17 juin 2026, fils du résistant Leone Ginzburg mort sous la torture fasciste et de la romancière Natalia Ginzburg, le plus blochien des historiens), traces fragiles, ténues et têtues que les hommes du passé ont laissées derrière eux - sans savoir qu’ils revivraient ou comparaîtraient un jour, plus tard, devant leurs frères humains.La réponse que Bloch apporte s’incarne d’abord dans son métier d’historien, par un refus. Refus de l’histoire-bataille, de l’histoire des grands hommes et des dates glorieuses. Bloch veut autre chose ; il veut creuser plus profond. Il explore l’histoire des structures, des mentalités, des hommes au pluriel. En 1929, avec Lucien Febvre, il fonde la célèbre école des Annales. La démarche est révolutionnaire : les deux hommes brisent les frontières disciplinaires et inventent ce que nous appelons "l’Histoire totale". Mais ne nous y trompons pas. Sous la révolution méthodologique se cache un acte politique.En 1929, refuser l’histoire nationale et militaire, préférer aux récits de batailles une enquête sur les Rois thaumaturges ou sur l’histoire rurale française signifie refuser les essences figées, les mythes fondateurs, les identités marmoréennes. Cela signifie affirmer que la France n’est pas une entité éternelle, mais une construction humaine, façonnée par des hommes dans des circonstances précises. Comparer, relativiser, décentrer le regard : la méthode de Bloch est un antidote à l’enfermement. Elle est une école de la nuance et de la patience. Elle est une école de l’honnêteté intellectuelle.Moins de dix ans plus tard, en 1939, en 1940, en 1941, cette honnêteté intellectuelle ne sera plus une simple vertu académique ni une hygiène de l’analyse. Elle deviendra déjà une forme de Résistance. En 1929, refuser l’histoire nationale et militaire, préférer aux récits de batailles une enquête sur les Rois thaumaturges ou sur l’histoire rurale française signifie refuser les essences figées, les mythes fondateurs, les identités marmoréennes.Ce point mérite qu’on s’y arrête. L’historien allemand Peter Schöttler, dans la toute nouvelle biographie de Bloch qui a été portée sur les fonts baptismaux le 28 mai dernier, a formulé dans sa conclusion une question déroutante : Marc Bloch a-t-il existé ? L’interrogation paraît étonnante mais est en réalité la plus fine qui soit. Bloch lui-même avait montré, dans Les Rois thaumaturges en 1924, comment se fabrique un personnage mythique, comment la croyance collective prête au roi de France le pouvoir de guérir les écrouelles d’un simple toucher. Or l’historien qui avait enquêté sur les rois guérisseurs a subi le sort qu’il décrivait : il est devenu, à son tour, une figure thaumaturgique de l’historiographie. Il suffirait de le citer pour que tout aille bien. Le mythe a remplacé le savant. Le procédé n’est pas propre à Bloch. Jacques Le Goff fera la même démonstration pour Saint Louis : entre le roi réel et le roi de légende, il y a un écart que le savant a le devoir de mesurer. Ernst Kantorowicz l’avait fait avant lui pour Frédéric II de Hohenstaufen, ce stupor mundi dont la postérité a fait tour à tour un saint, un Antéchrist, un Katechon et un prophète de l’État moderne. Toute grande figure, une fois disparue, devient l’enjeu d’une bataille pour son sens. Bloch n’y a pas échappé. Il existe désormais une pluralité de Bloch : le médiéviste, le fondateur des Annales, le martyr de la Résistance, l’icône républicaine. Et, parmi eux, un Bloch factice, lissé, mythifié, dont la statue dispense précisément de lire l’œuvre. Tout le monde s’en réclame ; tout le monde se l’approprie ; tout le monde le convoque. Il est devenu un blanc-seing.Rendre justice à Bloch, c’est refuser ce florilège anarchique et imprécis, c’est revenir au savant, à sa méthode, à son refus du jugement facile, c’est lui appliquer la rigueur qu’il appliquait lui-même aux rois guérisseurs. Et c’est comprendre que son engagement ne fut pas une rupture avec sa science, mais son prolongement le plus rigoureux.L’été 1940 est un drame. La France s’effondre en six semaines. La Wehrmacht défile sur les Champs-Élysées. Pétain demande l’armistice et instruit déjà le procès de la République. Les clercs, pour la plupart, capitulent, ou se taisent. Benda lui-même, qui avait diagnostiqué la trahison, contemple, interdit, le naufrage de tout ce qu’il avait défendu.Bloch, lui, écrit. Dans le feu de l’événement, il rédige L’Étrange défaite, à la fois mémoire d’un soldat, analyse d’un historien et réquisitoire d’un citoyen. Il a cette capacité rare de voir clair au moment même où tout s’obscurcit. Sa thèse est implacable : la défaite n’est pas un accident mais une faillite. Faillite militaire, certes. Celle de ces généraux enfermés dans les catégories de 1918, incapables de penser la guerre neuve, qui se tient dans un monde neuf. Mais surtout faillite morale des élites : ces bourgeois qui ont préféré Hitler à Blum, qui ont vu dans l’occupation une occasion de régler leurs comptes politiciens. Dans sa préface à la nouvelle édition de l’Étrange défaite, Johann Chapoutot le note avec son style inimitable : "la défaillance des chefs, si éclatante dans le récit de Bloch, comme elle le fut lorsque Pétain déposa les armes avant même d’avoir négocié, tintinnabulait dans les orphéons et les kiosques d’une ville d’eau du Second Empire".Bloch ne se laisse pas emporter par la passion. Il accuse avec méthode, avec esprit de système. Il applique à l’événement contemporain les instruments forgés pour ses travaux d’histoire médiévale : la recherche des causes profondes, le refus des boucs émissaires commodes. La France n’a pas perdu parce que l’ennemi était plus fort. Elle a perdu parce qu’une partie de ses élites avait déjà, intérieurement, capitulé. "Une génération de mauvais maîtres nous a élevés. Mais la France ne mourra pas de leur faute, si nous savons nous souvenir de ce qu’elle nous a appris, en dépit d’eux." La colère disciplinée, l’espoir raisonné, le refus du désespoir : tout le style blochien tient dans ces lignes. La science est ici au service du citoyen. C’est exactement l’inverse de la trahison que décrivait Benda. C’est la fidélité du clerc à sa mission la plus haute. L’histoire sert à comprendre. Comprendre les hommes dans leur complexité, dans leur altérité, dans leur humanité irréductible. L’historien n’est pas un antiquaire enfermé dans ses archives, indifférent au monde. Vient alors l’ultime chantier. En 1941, en 1942, dans la clandestinité, Bloch rédige L’Apologie pour l’histoire. Il ne l’achèvera pas. Le livre s’ouvre sur une scène intime et magnifique : un enfant demande à son père (ie à Bloch lui-même) "Papa, explique-moi à quoi sert l’histoire." La question, qui paraît naïve, est en réalité vertigineuse. La réponse de Bloch tient en un mot : l’histoire sert à comprendre. Comprendre les hommes dans leur complexité, dans leur altérité, dans leur humanité irréductible. L’historien n’est pas un antiquaire enfermé dans ses archives, indifférent au monde. Il est un homme parmi les hommes, engagé dans son temps. Sa science n’est pas une fuite hors du réel : c’est un instrument pour le saisir, pour le juger, pour l’améliorer. La séparation entre le savant et le citoyen, que certains érigent en vertu, est pour Bloch une lâcheté déguisée en neutralité.Alors Bloch entre dans la Résistance. Il le fait avec une discrétion qui est une forme de pudeur. Il prend le pseudonyme de Narbonne, nom de résonance méridionale, comme un retour aux sources latines de la civilisation qu’il défend. Membre de Franc-Tireur, il organise, il écrit, il recrute. À cinquante-sept ans, professeur au Collège de France, décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre 1914-1918, il reprend le combat.On a souvent vu dans cet engagement une rupture, comme si le savant avait cédé la place au combattant, comme si l’historien s’était soudain métamorphosé en héros. Cette lecture est fausse. Il n’y a aucune rupture : il y a la force d’une continuité. Bloch résiste parce qu’il est lui-même, parce qu’il a toujours refusé le mensonge, le confort intellectuel, la capitulation devant les forces qui défigurent l’humain. "J’ai contracté envers la France une dette que je dois payer", avait-il écrit. Son patriotisme n’est pas celui de Barrès, viscéral et tellurique. Il est une dette librement reconnue. Il est un patriotisme de la raison. Défendre la France, pour Bloch, se résume à défendre l’universel dans le particulier.Arrêté le 8 mars 1944 par la Gestapo à Lyon, soumis à des interrogatoires qui ressemblent à des séances de torture, Bloch ne parle pas. Il protège ses camarades. Il endure. Cet homme qui avait consacré sa vie aux livres prouve, dans la cellule de la Gestapo, que l’intelligence n’est pas une fuite hors du réel, mais une préparation à l’affronter.Le 16 juin 1944, dans un champ de Saint-Didier-de-Formans, dans l’Ain, Marc Bloch est assassiné avec vingt-neuf autres résistants. Les bourreaux sont des soldats allemands, secondés de miliciens français. Selon le témoignage d’un survivant, voyant les plus jeunes blêmir devant le peloton, Bloch dit simplement : "Vite, ça fait moins mal."Dans l’instant le plus nu, le plus brutal, le plus irréductible de l’existence, l’homme de lettres se préoccupe encore des autres. Il s’efface devant eux. Il les accompagne. Cette mort n’est pas un accident. Elle n’est pas une anomalie dans une vie de savant qui aurait dévié. Elle est l’accomplissement logique d’une existence entière. Il n’y a pas deux Bloch. Il n’y en a qu’un seul.Le diagnostic de Benda était juste, mais il achoppait sur une aporie : si les clercs ne doivent pas servir les passions particulières, que doivent-ils faire face aux forces qui détruisent l’universel ? Rester dans leur tour d’ivoire ? Contempler, du haut de leur neutralité souveraine, le triomphe de la barbarie ? Bloch a dépassé Benda, non en le contredisant, mais en résolvant l’aporie. La fidélité à la vérité universelle inclut l’engagement contre ce qui la détruit. L’historien qui a vraiment compris ce qu’est le nazisme (un projet d’anéantissement de l’humain, une ontologie de la destruction) ne peut pas rester neutre. La neutralité, ici, n’est pas une vertu. C’est une trahison. En s’engageant, Bloch ne trahit pas la science : il en tire les conséquences. Il prolonge, en homme du XXe siècle, le geste millénaire du clerc qui tient.L’historien qui a vraiment compris ce qu’est le nazisme (un projet d’anéantissement de l’humain, une ontologie de la destruction) ne peut pas rester neutre.Ce geste, il faut le replacer dans la longue durée, cette durée que Bloch aimait, et que Bergson nommait la persistance du passé dans le présent. Lorsque, dans la clandestinité, il copie, organise et transmet, il répète un geste que l’Occident connaît depuis quinze siècles. C’est le geste de Cassiodore se retirant à Vivarium, en 540, pour sauver les textes au moment où Rome tombe pour la troisième fois. C’est le geste des moines d’Iona et de Bangor copiant le grec quand le continent entier est en passe de l’oublier. C’est le geste d’Alcuin, mis par Charlemagne à la tête des écoles de l’Empire. Le médiéviste savait tout cela mieux que personne : il avait lu les chartes carolingiennes, il connaissait la caroline minuscule par laquelle nous lisons encore l’Antiquité. Quand il résiste, il ne fait pas autre chose que ces hommes des scriptoria. Il tient la part qui lui échoit (son klêros), sans savoir si la civilisation qu’il sert existera demain. Étienne Gilson l’avait dit du moine du haut Moyen Âge : il ne sait pas s’il sauvera la civilisation ; il la copie quand même. Voilà la définition exacte du courage clérical. Non pas l’assurance du vainqueur, mais la fidélité de celui qui agit malgré tout. Bloch écrit L’Étrange défaite sans savoir s’il sera lu ; il rédige l’Apologie sans pouvoir l’achever ; il résiste en ignorant s’il existe un quelconque espoir de victoire.Cette leçon nous concerne. Nous vivons un temps où les passions identitaires, les nationalismes recomposés, les obscurantismes réinventés disputent à nouveau le terrain à la Raison et à la Sérénité de la pensée. Un temps où les clercs sont à nouveau tentés, par complaisance, par peur, par calcul de carrière, par fatuité, par stupidité, de trahir leur mission. Un temps, aussi, où les États se doivent de soutenir le savoir, l’école, la recherche, la curiosité et la transmission. Il s’agit ici pourtant d’une évidence : un État qui se coupe de son savoir se coupe de sa propre mémoire. Un État sans mémoire ne sait plus se comprendre ; il ne sait donc plus ni se corriger, ni durer. Rappelons-nous l’étymologie : État vient de statere, tenir debout. La preuve est faite par la philologie : les exigences de l’État rejoignent celles du clerc. L’État et le clerc demeurent quand le reste passe. L’État, c’est la part de durée que se donne une nation. Le clerc, c’est celui qui garde la mémoire et les preuves quand tout vacille. L’un tient la cité, l’autre tient le savoir. Et lorsque l’Histoire se déchaîne, ils se sauvent l’un l’autre - ou ils tombent ensemble.Marc Bloch nous rappelle aussi, et c’est peut-être sa leçon la plus précieuse, que ce courage n’est pas séparable de la rigueur. Ce n’est pas le courage de l’agitateur ni du tribun, mais le courage de celui qui accepte la complexité du réel, qui refuse les simplifications consolantes, qui sait que comprendre est plus difficile que condamner. Bloch ne hurle pas. Il analyse et compare. Il nuance. Et c’est précisément parce qu’il avait vraiment compris ce qu’était le nazisme, ce qu’était la collaboration, ce qu’était la lâcheté des élites, qu’il a choisi de résister. Était-ce parce que les Allemands l’avaient classé comme Juif ? Peut-être. Était-ce parce qu’il était de ces grandes familles juives (filles de l'Émancipation décidée par la Révolution) qui ont construit la Troisième République et consolidé la patrie ? Certainement.Rendre hommage à Marc Bloch, c’est accomplir un geste de fidélité, à un homme, certes, mais aussi fidélité à une certaine idée de l’intellectuel : rigoureux et courageux, savant et engagé, universel et incarné. Un homme qui prouve, par sa vie autant que par ses livres, que la droiture intellectuelle et le courage moral ne sont pas deux vertus distinctes, mais une seule et même exigence.Marc Bloch est la réfutation vivante, et presque sacrificielle, de la trahison des clercs. Il est la preuve que l’on peut être, au plus haut niveau, un historien rigoureux et un homme juste. Que la science n’exclut pas l’engagement. Que l’intelligence n’excuse pas la lâcheté. Que comprendre oblige.Dilexit veritatem : "il aima la vérité". L’épitaphe que Bloch s’était choisie doit nous être un guide, qui nous invite à être un peu plus exigeants envers nous-mêmes, envers notre propre courage intellectuel, envers le temps long, envers les masses de granit qui nous stabilisent, alors l’homme fusillé dans ce champ de l’Ain, le 16 juin 1944, n’aura pas entièrement été tué.Copyright image : Stéphanie Lecocq / POOL / AFPImprimerPARTAGER