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[SONDAGE] - Les français partagés quant à l'attitude des syndicats face au gouvernement

BLOG - 16 Janvier 2020

Par Institut Montaigne

Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio Classique, ce mois-ci la question posée portait sur les Français et les mobilisations sociales.

Pour près de 6 Français sur 10, les syndicats de salariés sont davantage un élément de blocage que de dialogue

59% des Français estiment que, de manière générale, les syndicats de salariés sont plutôt un élément de blocage de la société française. Cette perception négative est en hausse de 8 points depuis notre mesure du 22 octobre, lors du mouvement social à la SNCF suite à l’accident d’un TER. À l’inverse, 40 % (-8) qui les voient davantage comme un élément de dialogue.

La perception négative est majoritaire au sein de toutes les catégories de population, et est particulièrement forte chez les 65 ans et plus (71 % blocage). À l’exception des salariés du public (52 % dialogue, 48 % blocage) et des professions intermédiaires (51 % dialogue, 47 % blocage) qui se montrent plus partagés.

Majoritairement associés au dialogue fin octobre, les syndicats de salariés sont maintenant perçus comme un élément de blocage par une majorité des habitants de l’agglomération parisienne (60 %, +14), par les salariés du privé (54 %, +8), par les catégories populaires (53 %, +15) et par les 25-34 ans (52 %, +12)

Politiquement :

  • Les syndicats de salariés sont davantage perçus comme étant des éléments de blocage par les électeurs de François Fillon du 1er tour de la présidentielle 2017 (78 %, +3) et ceux d’Emmanuel Macron (74 %, +12)
  • Malgré une baisse par rapport au mouvement social de fin octobre, les syndicats restent avant tout un élément de dialogue pour la majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (58 %, -14) et de Benoît Hamon (57 %, -5)
  • Les électeurs de Marine Le Pen sont assez partagés : les syndicats sont un élément de blocage pour 54% d’entre eux (-6), et un élément du dialogue pour 46 % (+7).

Près d’1 Français sur 2 ne fait confiance à aucun syndicat pour améliorer la situation des salariés.

La CFDT (26 %) et la CGT (21 %) sont les deux syndicats les plus cités.

Invités à se prononcer sur les deux syndicats de salariés auxquels les Français font le plus confiance pour améliorer la situation des salariés, 46 % des Français répondent aucun. Cette défiance à l’égard des syndicats est particulièrement fort chez les abstentionnistes (59 %), chez les femmes (56 %), les employés (55 %) et les 35-49 ans (53 %).

26 % des Français citent la CFDT (dont 17 % en 1er), 21 % la CGT (dont 15 % en 1er) et 14 % FO (dont 6 % en 1 er).

Les autres syndicats sont cités par moins d’1 Français sur 10 : l’UNSA (9 % des citations), la CFTC (8 %), la CFE-CGC (6 %) et SUD (6 %).

  • La confiance en la CFDT pour améliorer la situation des salariés est plus forte chez les 65 ans et plus (43 % des citations), les électeurs d’Emmanuel Macron (41 %) et de François Fillon (40 %).
  • Tandis que la CGT est davantage citée par les catégories populaires (32 % des ouvriers et 25 % des employés), et par les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (33 %) et ceux de Marine Le Pen (31 %).
  • Le syndicat FO est également particulièrement cité par les électeurs de gauche (25 % B. Hamon et 24 % J-L. Mélenchon). À noter que chez les salariés du privé, la CFDT (23 %) et la CGT (24 %) sont au coude-à-coude, alors que la CGT devance la CFDT auprès des salariés du public (27 % contre 21 %).
Près d’1 Français sur 2 ne fait confiance à aucun syndicat pour améliorer la situation des salariés.

S’agissant de la réforme des retraites, les français renvoient dos à dos l’attitude du gouvernement et celle des syndicats

Dans le cadre de la réforme des retraites, 46 % des Français considèrent que le gouvernement ne prend pas assez en compte l’avis des syndicats de salariés, 34 % qu’il le prend en compte juste ce qu’il faut et 20 % pas assez.

Dans le même temps : 42 % des Français estiment que les syndicats de salariés s’opposent trop au gouvernement, 31 % juste ce qu’il faut et 25 % pas assez.

De manière générale, les personnes jugeant que le gouvernement n’écoute pas assez les syndicats pensent également que les syndicats ne s’opposent pas assez (50 %) ou juste ce qu’il faut (35 %).

À l’inverse, celles estimant que l’attitude du gouvernement est adaptée pensent que les syndicats s’opposent trop (52 %) ou juste ce qu’il faut (41 %).

Enfin, les Français estimant que les gouvernement écoute trop les syndicats pensent que les syndicats s’opposent trop (89 %).

Les populations les plus critiques envers les syndicats de salariés et plutôt favorables à l’attitude de l’exécutif sont les 65 ans et plus ainsi que les électeurs de F. Fillon et d’E. Macron.

Ils estiment majoritairement que les syndicats s’opposent trop au gouvernement (respectivement 58 %, 70 % et 65 %), et que le gouvernement prend en compte leur avis juste ce qu’il faut (44 %, 49 % et 43 %).

Les catégories les plus critiques envers le gouvernement et plus favorables que la moyenne aux syndicats de salariés sont avant tout les catégories populaires, les salariés du public, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, de Marine Le Pen et les abstentionnistes.

Ils estiment en majorité que le gouvernement ne prend pas assez en compte le point de vue des syndicats de salariés (entre 53 % et 58 %) et sont partagés sur l’attitude des syndicats (environ un tiers "ne s'opposent pas assez", un tiers "juste ce qu’il faut" et un tiers "trop").

À noter que la majorité des actifs regrette que le gouvernement ne prennent pas assez en compte l’avis des syndicats de salariés (52 %), mais ils sont partagés sur l’opposition des syndicats (37 % trop, 34 % juste ce qu’il faut, 28 % pas assez).

 

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