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Portrait de Rodrigo Duterte - Président des Philippines

BLOG - 21 Décembre 2018

Les Philippines sont un pays éloigné dont la culture politique est mal connue en France. Avec Rodrigo Duterte, l'"homme fort" de Manille, nous avons pourtant un cas typique de dirigeant parvenu à la tête de son pays par les urnes, mais dont l’exercice du pouvoir, d’une brutalité inouïe, rompt avec les traditions démocratiques. François-Xavier Bonnet, chercheur associé à l’Institut de recherche sur l’Asie du Sud-Est contemporaine (Irasec), nous donne la possibilité de mieux comprendre d’où vient Rodrigo Duterte et ce qu’il représente.

Michel Duclos, conseiller spécial géopolitique, rédacteur en chef de cette série


Rodrigo Duterte, élu le 9 mai 2016 avec 39 % des voix (le scrutin est à un tour) est sans doute le Président le plus controversé de l’histoire des Philippines. Tour à tour surnommé par les médias occidentaux le "Trump des Philippines", "Dirty Harry", "The Punisher" ou même, dans le journal Libération le "serial killer", Rodrigo Duterte avait fondé toute sa campagne électorale sur un programme peu orthodoxe d’éradication des activités criminelles notamment liées à la drogue, et un retour de la sécurité dans un délai de trois à six mois. Il proposait, par ailleurs, d’éliminer la corruption des fonctionnaires, de simplifier et d’accélérer les démarches administratives, d’autoriser le divorce et le mariage pour tous, d’améliorer la circulation dans le grand Manille, la réduction des inégalités en milieu rural (réforme agraire), la rapidité d’Internet, etc. Ce catalogue de mesures hétéroclites permettait au candidat Duterte de "ratisser large" et d’intéresser toutes les classes de la société. Son charisme de tribun, allié à une forte dose d’humour et de machisme, et une très forte présence sur les réseaux sociaux, lui ont permis de faire d’excellents scores dans toutes les classes sociales.

Un maire à poigne dans une ville violente

Rodrigo Duterte, né en 1945 et fils d’un ancien gouverneur de la province de Davao (sur l’île méridionale de Mindanao) a fait toute sa carrière politique dans la ville de Davao City. En 1986, il est élu maire adjoint puis maire de cette ville et il le restera pendant 22 ans. À la fin des années 1980, Davao City était appelée "le petit Nicaragua" car les guérillas communistes et musulmanes y envoyaient des escadrons de la mort chargés d’assassiner les militaires, politiciens, hommes d’affaires et autres "ennemis du peuple". Les syndicats du crime profitaient de ce chaos.

La réputation de Rodrigo Duterte provenait du fait qu’il fut capable, en utilisant la carotte et le bâton, de transformer Davao City en une ville à l’économie florissante et où la sécurité des personnes et des biens était assurée, sur une île ravagée par différentes guérillas. La première stratégie, la carotte, visait à signer des accords de paix secrets entre la mairie de Davao et les différents groupes rebelles dans lesquels était stipulé, par exemple, que la ville de Davao était une zone neutre qui pouvait être traversée par les rebelles tant que ces derniers laissaient leurs armes à l’entrée du territoire.

L’indiscipliné qui voulait discipliner son peuple passait, contre toute attente, de la position de "potentat local" à celle de père de la Nation.

Le côté sombre de son pragmatisme, le bâton, visait le milieu criminel et les délinquants de la drogue. Les organisations de défense des droits de l’Homme, tant locales qu’internationales, ainsi que des enquêtes parlementaires ont bien mis en valeur la présence d’escadrons de la mort, formés d’anciens militaires, policiers et d’anciens rebelles, assassinant des délinquants et criminels dont les noms figuraient sur des listes lues à la radio, par le maire de Davao, quelques jours auparavant. Jusqu’à ce jour, aucune enquête n’a pu prouver définitivement que Duterte dirigeait ces escadrons de la mort. Entre 1998 et 2014, pas moins de 1 424 personnes ont été assassinées par ces escadrons, dont 132 enfants.

L’homme fort de Davao, indiscipliné assumé durant sa jeunesse (il fut renvoyé par deux fois du lycée et une fois d’une université privée), conseiller spécial sur les questions de sécurité auprès de la présidente Gloria Arroyo (2001-2010), se fera élire sur les slogans : "j’ai pu développer Davao, je vais développer la nation toute entière". Ou bien : "s’il le faut, j’imposerai la loi martiale pour instaurer la discipline, la loi martiale sous le président Marcos fut une bonne chose pour le pays". Ainsi, l’indiscipliné qui voulait discipliner son peuple passait, contre toute attente, de la position de "potentat local" à celle de père de la Nation. L’utilisation des pronoms possessifs dans les discours est une marque de fabrique du Président : ma police, mes soldats, ma ville, etc. sont autant d’indices que Rodrigo Duterte n’a pas encore enfilé ses habits de Président mais reste d’abord et avant tout le maire de Davao. D’ailleurs, il rentre le plus souvent possible à Davao et passe le moins de temps possible au palais présidentiel (Malacanang) à Manille, car, dit-il, il n’arrive à dormir que dans son lit à Davao.

"La guerre contre la drogue", une arme politique ?

"Je vous promets du sang, la baie de Manille sera couverte de cadavres et les poissons seront bien gras" disait le candidat Duterte lors de sa campagne. Et de fait, le programme phare du Président, "la guerre contre la drogue", fut immédiatement mis en application. A ce jour, depuis le 1er juillet 2016, 108 059 opérations anti-drogue ont été menées (dont près de 40 % depuis la fin 2017), aboutissant à l’arrestation de 155 193 personnes et à la mort de 4 854 personnes, tuées lors de ces opérations de police. Mais, les organisations de défense des droits de l’Homme évaluent que plus de 12 000 personnes ont été exécutées sommairement par des escadrons de la mort. Ainsi, la "guerre contre la drogue" du Président Duterte a dépassé, en moins de deux ans, le nombre d’exécutions sommaires commises durant les quatorze années de la dictature du Président Marcos.

Mais, au-delà des statistiques, l’utilisation politique de la "guerre contre la drogue", afin d’éliminer les opposants au pouvoir, tant nationaux que locaux, semble se confirmer. La première victime fut la sénatrice Leila De Lima, l’ancienne cheffe de la Commission des droits de l’Homme puis Ministre de la Justice sous l’administration Aquino (2010-2016). L’ennemie numéro 1 de Rodrigo Duterte fut accusée de contrôler le trafic de drogue de l’archipel et fut incarcérée en février 2017. De même, le maire de la ville d’Iloilo, Jed Mabinog, en exil au Japon, est accusé de protéger le trafic de drogue dans les Visayas. Or, M. Mabinog est un cousin de l’ancien président du Sénat et leader du parti Libéral, Franklin Drilon. Pour nombre d’observateurs, il ne fait aucun doute qu’en s’attaquant à Mabinog, le pouvoir tente d’intimider le sénateur Drilon, grand critique du Président. La Vice-présidente, Leni Robredo, n’est pas non plus épargnée. En effet, depuis août 2018, son beau-frère, Butch Robredo, est accusé, par le président Duterte, d’être à la tête d’une mafia contrôlant le trafic de drogue dans la province de Bicol et plus particulièrement dans la ville de Naga.

D’autres personnalités, opposées à la "guerre contre la drogue", mais non accusées de protéger les mafias, ont été les cibles du Président Duterte en 2018. La première fut Maria Lourdes Sereno, cheffe de la Cour suprême. Mme Sereno est une cible de choix pour le Président Duterte depuis l’accession de celui-ci au pouvoir en juin 2016. Ce dernier, non seulement l’insulte mais va même, dans certains discours, jusqu’à la traiter "d’ennemie personnelle".

Au-delà de la personnalité de Mme Sereno, l’enjeu est pour le Président Duterte de contrôler la Cour suprême afin de l’affaiblir et de limiter les oppositions à la réforme constitutionnelle qui pourrait se dérouler après les élections de mi-mandat en mai 2019. Par ailleurs, son contrôle vise aussi à se protéger de toutes poursuites judiciaires à la fin de son mandat. Pour cela, et dans un premier temps, en mars 2018, il déclare officiellement que les Philippines quittent la Cour pénale internationale (départ effectif en mars 2019). Dans un second temps, il nommera de 2019 à 2022 plusieurs magistrats, en remplacement de ceux partants à la retraite. En 2022, la Cour suprême sera ainsi composée presque exclusivement de magistrats liés à Rodrigo Duterte (13 magistrats sur 15).

La "guerre contre la drogue" du Président Duterte a dépassé, en moins de deux ans, le nombre d’exécutions sommaires commises durant les quatorze années de la dictature du Président Marcos.

Autre personnalité ciblée par l’administration, le sénateur Antonio Trillanes IV. Ce dernier fut, avec la sénatrice De Lima et la magistrate Sereno, l’un des tout premiers à s’opposer frontalement à la "guerre contre la drogue" du Président Duterte, et à demander l’intervention de la Cour pénale internationale (CPI). Cet ancien officier de la marine, leader de deux tentatives de coup d’Etat (2003 à Oakwood et 2007 à l’hôtel Peninsula à Makati) contre l’administration de la Présidente Gloria Arroyo (2001-2010), fut élu sénateur en 2007 alors qu’il était encore en prison. En 2011, l’administration Aquino octroyait une amnistie générale aux 277 mutins dont le sénateur Trillanes. Lors de l’un de ses discours à Davao, le Président Duterte reconnaissait, avant de se rétracter plus tard, que sa seule cible était son ennemi personnel, le sénateur Trillanes, et non les autres anciens mutins dont certains sont ses amis et au gouvernement.

Lorsque les officiels d’agences gouvernementales ne peuvent être destitués, le Parlement, majoritairement pro-Duterte, utilise des moyens de pression comme l’intimidation et l’humiliation, à travers le vote du budget. Ainsi, le Président de la Commission des droits de l’Homme, Jose Luis Martin "Chito" Gascon est en première ligne dans la critique de la "guerre contre la drogue". Il est en cela la personnalité la plus exposée aux foudres du Président Duterte. Ne pouvant faire partir légalement M. Gascon, les députés de la majorité votaient un budget ridicule pour la Commission : 1 000 pesos, soit 20 euros pour l’année 2018 ! La pression de la rue, de l’église catholique, des organisations de gauche et l’intervention du Sénat (la sœur de l’ancien Président du Sénat Koko Pimentel est la directrice adjointe de la Commission des droits de l'Homme) ont forcé les députés à proposer un budget plus raisonnable, bien qu’inférieur aux besoins réels.

La liberté de la presse en danger ?

Si des personnalités de la vie politique font l’objet d’attaques et de harcèlement de la part de l’administration, les médias sont également devenus la cible récurrente des diatribes du Président. Ainsi, l’une des deux grandes chaînes de télévision privées, ABS-CBN, propriété de l’une des plus puissantes familles des Philippines, les Lopez, est accusée par le Président d’avoir montré son biais en refusant de diffuser ses clips de campagne lors des élections de 2016. En représailles, M. Duterte promet de ne pas renouveler la franchise autorisant la chaîne à diffuser ses programmes. Cette franchise doit expirer en mars 2020 et nécessite une loi votée au Parlement. A l’inverse, l’autre grande chaîne privée, GMA-7, a obtenu aisément le renouvellement de sa franchise pour une période de 25 ans.

En première ligne contre "la guerre contre la drogue", le journal Philippine Daily Inquirer devient la cible favorite du Président Duterte.

La presse écrite n’est pas épargnée. Le Philippine Daily Inquirer (PDI), appartenant à la famille Prieto-Romualdez, s’est heurté, depuis sa création au lendemain de la révolution de 1986 contre Marcos, aux menaces, intimidations, etc. de toutes les administrations qui se sont succédées en 32 ans. En première ligne contre "la guerre contre la drogue", le journal devient la cible favorite du Président Duterte. Au cours de l’année 2017, le PDI fait l’objet d’un étrange boycott publicitaire, dépréciant sa valeur et accélérant son rachat par l’homme d’affaire et ami très proche du Président Duterte, Ramon S. Ang. Ce dernier, 11ème fortune des Philippines, fut l’un des principaux financiers de la campagne électorale de Rodrigo Duterte.

En janvier 2018, c’est au tour d’un autre média très critique d’être la cible de l’administration Duterte, Rappler. Les fondatrices de ce magazine en ligne (Maria Ressa et Glenda Gloria), spécialisé dans le journalisme d’investigation, sont accusées par la Security and Exchange Commission (SEC) de contourner la loi contre les prête-noms (anti-dummy law). En effet, selon la SEC, les vrais propriétaires de Rappler seraient américains par l’intermédiaire de montages financiers complexes. Or, la constitution des Philippines ne permet pas à des investisseurs étrangers d’être propriétaires à plus de 40 % de leur propre investissement (les partenaires philippins doivent obtenir au moins 60 % des parts). Le procès de Rappler commence en octobre 2018, et les deux fondatrices risquent entre 5 et 15 ans de prison.

La montée en puissance des militaires

A la question des journalistes sur les raisons de la "militarisation" du gouvernement, le Président Duterte répond ostensiblement : "Les militaires, par définition, obéissent au chef. Ils ne posent pas de questions, ils exécutent, sont disciplinés et efficaces. A la différence des civils qui critiquent, bavardent et font prendre du retard à un projet". De fait, les militaires et policiers sont les enfants gâtés de la présidence Duterte.

En effet, depuis 2018, les personnels en uniforme (comprenant aussi les douaniers et gardes-côtes) ont vu leur salaire doubler, comme promis par le candidat Duterte. De plus, près de 65 colonels et généraux de l’armée et de la police, à la retraite, ont été nommés à différents postes du gouvernement. Ces postes vont de directeur à ministre (Secrétaire). Ainsi, des postes de ministre normalement réservés à des civils, comme les Affaires sociales, l’Environnement et les ressources naturelles, l’Intérieur etc. sont occupés par des généraux.

De fait, les militaires et policiers sont les enfants gâtés de la présidence Duterte.

Cette montée en puissance de l’armée s’est accompagnée de la démission de la plupart des ministres communistes du gouvernement. Ces derniers, gages de la volonté du gouvernement Duterte de faire la paix avec la plus ancienne guérilla maoïste du monde, occupaient d’importants maroquins tels la réforme agraire ou celui du travail. Cependant, la lune de miel entre le parti communiste philippin (PCP) dirigé par José Maria Sison (professeur de sciences politiques de Rodrigo Duterte dans les années 1960) et le gouvernement, ne fut que de courte durée. Dès novembre 2017, le Président Duterte déclarait officiellement le PCP et son bras armé la Nouvelle Armée du peuple (NAP) comme organisations terroristes et se montrait menaçant envers son ancien professeur (en exil en Hollande).

Une politique étrangère pragmatique ?

Au-delà des insultes, nombreuses dans les discours du Président, à l’encontre des États-Unis en général et du président Obama en particulier (mais une admiration pour Donald Trump), de l’Union européenne et des organisations de défense des droits de l’Homme, trois phénomènes semblent se dégager : une mise à distance des États-Unis, accompagnée par un réchauffement spectaculaire des relations avec la Chine (mais aussi avec la Russie) et une volonté certaine de renforcer les coopérations de défense et de sécurité avec certains pays de l’ASEAN.

Ce changement de cap de la politique étrangère des Philippines semble, dans un premier temps, lié à l’humeur du Président Duterte, réagissant aux critiques américaines, européennes et des Nations Unies concernant les milliers de morts et violations des droits de l’Homme liées à sa guerre contre la drogue. Cependant, un second niveau d’analyse permet de déceler une idéologie sous-jacente beaucoup plus profonde. Le Président Rodrigo Duterte se considère comme un disciple du diplomate et universitaire nationaliste Renato Constantino (1919-1999).

Constantino a eu un long passé de résistant anticolonial. Avant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il était étudiant en droit à l’université des Philippines et rédacteur en chef du journal étudiant Philippine Collegian, il dénonçait les atrocités commises par les Américains lors de la guerre entre les Philippines et les États-Unis. Il fut arrêté pour cet affront par les autorités américaines puis relâché après avoir démontré qu’il avait utilisé des sources ouvertes publiées aux États-Unis. Durant la seconde guerre mondiale, il devient l’un des chefs d’un réseau d’espionnage contre les forces japonaises. Puis, au lendemain de l’indépendance, Constantino gravit très rapidement les échelons du ministère des Affaires étrangères.

Le Président Duterte semble appliquer, avec pragmatisme, les conceptions de Renato Constantino, diplomate et universitaire nationaliste.

Ce jeune diplomate devient alors l’avocat d’une politique étrangère indépendante des Philippines. Cette indépendance devait se traduire par une mise à distance des États-Unis et au développement des relations avec la Chine continentale et l’Union soviétique. Cependant, dans le contexte de la fin des années 1940 début des années 1950, il fut accusé d’être pro-communiste et il dut démissionner du ministère. Professeur de sciences politiques à l’université des Philippines, Constantino déconstruit, dans ses nombreux ouvrages, la colonisation, réécrivant l’histoire de la colonisation américaine aux Philippines du point de vue nationaliste. Sa critique s’étendra plus tard aux thèmes de la mondialisation.

Le Président Duterte semble appliquer, avec pragmatisme, les conceptions de Renato Constantino. Contrairement aux craintes de début de mandat, il ne devrait pas y avoir de rupture diplomatique avec les États-Unis mais un rééquilibrage des relations avec la Chine et peut-être avec la Russie, comme le préconisait Constantino. Dans ce contexte, les menaces du président, de stopper les exercices militaires entre les États-Unis et les Philippines, d’évacuer les forces américaines stationnées à Mindanao, de remettre en cause le nouvel accord de défense intitulé Enhanced Defense Cooperation Agreement (EDCA), signé en avril 2014, et jugé constitutionnel par la Cour suprême des Philippines en janvier 2016, peuvent être interprétées comme des moyens de pression pouvant lui offrir de plus grandes marges de manœuvre dans le cadre de négociations futures.

L’arrivée de Donald Trump au pouvoir, qui refuse de s’exprimer sur les violations des droits de l’Homme aux Philippines (voire même regrette qu’il ne puisse en faire autant aux Etats-Unis) et la nomination d’un ambassadeur américain d’origine Sud-Coréenne, ont permis d’adoucir de manière spectaculaire les relations entre les deux pays. Les Etats-Unis restent le grand partenaire historique mais la Chine et le Japon offrent des financements plus généreux pour les grands projets d’infrastructure prévus par l’administration Duterte.

 

Illustration par David MARTIN, pour l'Institut Montaigne.

 

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