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Municipales 2020 : la culture, le sport et le tourisme dans les grandes villes

BLOG - 6 Février 2020

Par Institut Montaigne

Dans le cadre de notre opération de chiffrage des élections municipales et communautaires de mars 2020, nous offrons, pour chacune des onze plus grandes villes de France, une photographie de sa situation pour sept thématiques identifiées, à travers une série d’indicateurs. Ces indicateurs, rapportés à la population, permettent dans certains cas des comparaisons entre les villes. En proposant un panorama de la situation de ces villes dans le champ de la culture, du sport et du tourisme, nous avons notamment souhaité montrer le degré de mobilisation des équipes municipales dans la promotion de l’accès à la culture et du bien-être de leurs administrés. Quels sont les montants consacrés par ces communes aux politiques culturelle et sportive ? Comment ces efforts sont-ils déployés dans un environnement budgétaire contraint ?

Que peut et que doit faire le maire dans ces trois domaines ?

La culture, le sport et le tourisme relèvent de compétences partagées entre les trois niveaux de collectivités que sont la commune, le département et la région : chacun de ces pans de l’action publique locale, et cela est d’autant plus marqué pour le tourisme, est exercé par ces différents échelons.

La culture n’est pas une compétence obligatoire : le "1 % artistique" mis à part (obligation pour les collectivités de dédier, à l’occasion de l’extension ou de la construction d’édifices publics, une somme à la création d’œuvres d’art), le champ de l’action culturelle reste à la discrétion des élus territoriaux. Les communes peuvent créer des bibliothèques de prêt, organiser et financer des musées municipaux ou leurs services archéologiques, mettre en valeur leurs archives, intervenir librement dans le domaine du spectacle vivant ou encore soutenir financièrement "l’exploitation cinématographique en salle et la production cinématographique et audiovisuelle", selon le site collectivites-locales.gouv.fr.

De la même façon, les communes ne sont contraintes par aucune obligation légale quant à leur politique sportive ; à l’exception, dans le cadre de la construction d’une école élémentaire, de la nécessité de prévoir les équipements permettant l’éducation physique et sportive des élèves. Or, l’échelon municipal et l’échelon intercommunal s’avèrent être les champions du financement public du sport. Selon le rapport Le financement des politiques sportives en France : bilan et perspectives (septembre 2018), les communes portent 90 à 95 % des dépenses sportives des collectivités territoriales. Avec les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), elles sont propriétaires de 78 % des équipements sportifs français. Les communes sont ainsi naturellement les garantes de l’investissement et du fonctionnement des équipements sportifs mis à la disposition du plus grand nombre.

Enfin, la compétence tourisme est également une compétence partagée. L’État, les régions, les départements et les communes sont invités à l’exercer en coopérant. Depuis la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (loi MAPTAM) et la loi du 7 août 2015, portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe), la compétence de "promotion du tourisme, dont la création d’offices du tourisme" est une compétence de plein droit et obligatoire pour les EPCI. Néanmoins, dans certains cas, le maintien d’offices de tourisme communaux est prévu par la loi NOTre et par la loi du 29 décembre 2016 de modernisation, de développement et de protection des territoires de montagne (loi Montagne).

En matière de politique culturelle, chacun fait ce qui lui plaît ?

Le budget alloué à la politique culturelle par habitant présente une grande amplitude parmi les onze villes étudiées dans le cadre de cette opération. Ainsi, Bordeaux consacre 273,9 € par habitant à la culture, un montant qui la hisse à la première place de notre palmarès, alors que Montpellier n’y consacre que 42,5 €. Bordeaux est suivie de près par Lyon et par Nice, qui toutes deux y allouent 235 € par habitant. Avec 234 € par habitant, Lille se distingue également par son volontarisme en matière culturelle. Les onze villes étudiées dédient en moyenne, annuellement, 181,9 € par habitant à la culture. Notre analyse offre également un regard sur l’évolution de ce budget et nous apprend qu’en la matière, il n’y a pas de règle.

Les onze villes étudiées dédient en moyenne, annuellement, 181,9 € par habitant à la culture.

Ainsi, sur la dernière mandature, si ce budget a baissé à Toulouse (- 32,8 %, une baisse néanmoins en partie expliquée par le transfert du Théâtre et de l’Orchestre du Capitole dans le périmètre de Toulouse Métropole), à Montpellier (- 30 %) et à Marseille (-5 % depuis 2015), il est en hausse à Strasbourg (+ 18 % entre 2017 et 2018), à Lyon (+ 8,8 % ) ou encore à Rennes (+ 6,1 %).

En matière d’offre d’équipements culturels, là encore, les situations varient. Si les onze villes offrent en moyenne 12,2 équipements culturels pour 100 000 habitants, ce ratio atteint 22 équipements culturels à Paris, ville la mieux dotée en la matière, et 9 équipements culturels à Toulouse et à Nantes, qui sont ainsi les deux villes les plus faiblement dotées en nombre d’équipements culturels rapporté à la population. Lyon est la deuxième après Paris, avec 14,5 équipements culturels pour 100 000 habitants, suivie par Lille (13,3).

En matière de politique sportive, des villes essoufflées ?

Bordeaux, Lyon et Nice ex æquo et Lille sont, dans l’ordre, les villes présentant le plus fort budget alloué à la politique sportive rapporté à la population, avec respectivement 273,9, 235 et 234 € par habitant. Ce champ de l’action publique municipale semble avoir connu une certaine contraction, au regard de l’évolution du budget sur la dernière mandature. Ainsi, si le budget consacré à la politique sportive a crû entre 2014 et 2018 à Marseille (+ 11,2 %) et à Toulouse (+ 7,4 %), il a revanche fortement diminué à Nantes (- 60 %), à Lyon (- 37 %), à Strasbourg (- 24 % entre 2017 et 2018), à Rennes (- 18,8 %, une baisse néanmoins en partie à mettre sur le compte de la fin de certains investissements lourds que la ville avait entrepris, notamment pour son stade) ou encore à Montpellier, ville où le budget a diminué de 6,6 % entre 2014 et 2018 (et de 13,5 % depuis 2009, soit sur les deux derniers mandats).

Cette baisse générale est à mettre en parallèle avec la contraction de la dépense publique en matière sportive à l’échelle nationale : dans une publication datée de 2017, l’Observatoire de l’économie du sport donnait à voir une baisse de la dépense de l’État en faveur du sport, s’élevant à 1,5 % par an en moyenne entre 2011 et 2016 et une baisse globale de 10,6 % entre 2014 (année plafond) et 2016 (année plancher).

Les communes ne sont contraintes par aucune obligation légale quant à leur politique sportive.

En matière d’offre d’équipements sportifs, Toulouse arrive cette fois en tête, avec 158 équipements pour 100 000 habitants, suivie par Strasbourg (145) et par Nantes (137,7). En moyenne, ce ratio s’établit à 109,9 équipements sportifs pour 100 000 habitants parmi les onze villes étudiées. Lille, Montpellier et Rennes présentent une offre conforme ou supérieure à cette moyenne, tandis que Bordeaux, Marseille, Nice, Paris et Lyon présentent une offre inférieure à cette moyenne, Lyon étant à la dernière place de ce palmarès.

Quelle place pour la culture, le sport et le tourisme dans la campagne électorale ?

Les trois thématiques étudiées font déjà l’objet de propositions de la part de candidats à la mairie de l’une des onze plus grandes villes de France.Ainsi, par exemple, Thomas Cazenave (LREM) entend "porter une nouvelle ambition culturelle" pour Bordeaux, en mobilisant habitants et artistes dans la programmation événementielle. Le Bordelais Pierre Hurmic (EELV) indique vouloir "développer une offre culturelle et sportive diversifiée sur l’ensemble du territoire". La Rennaise Carole Gandon (LREM) souhaite offrir une "licence de sport gratuite pour chaque enfant" lorsque Johanna Rolland, maire sortante de Nantes, promet des "parcours et pratiques sportives en accès libre". Le Lyonnais Etienne Blanc (LR) prévoit d’encourager l’activité physique par l’organisation de rencontres sportives entre Lyonnais. Cédric Villani souhaite "étendre les horaires d’ouverture des bibliothèques" gérées par la ville de Paris. Dans la capitale, le tourisme et la question des nuisances qu’il peut induire pour les habitants imprègnent déjà les déclarations des principaux candidats, qui se positionnent sur la régulation et l’interdiction des cars de tourisme et, bien sûr, sur les plateformes de location d’appartement, un sujet qui fait écho à la question du logement et à celle de ses prix.

L’Institut Montaigne offrira, d’ici la fin du mois de février, un panorama complet des programmes des principales listes candidates.

D’autres candidats s’appuient sur des projets culturels phares servant l’attractivité de leur ville, comme Jean-Luc Moudenc, maire sortant (LR) de Toulouse, qui défend la poursuite du projet de transformation du site de l’ancien hôpital de La Grave en une Cité des arts plastiques, Violette Spillebout (LREM), avec son projet de Metropolitan Lille Museum, ou encore Julie Laernoes (liste écologiste Nantes ensemble) qui souhaite "offrir une nouvelle vie" au stade de La Beaujoire.

Les programmes des candidats aux municipales sont encore en construction, et ce ne sont ici que leurs premiers échos, avec une liste non exhaustive des candidats et des villes. L’Institut Montaigne offrira, d’ici la fin du mois de février, un panorama complet des programmes des principales listes candidates, pour chacune des onze plus grandes villes de France, ainsi qu’un chiffrage de certaines propositions au regard de ces sept thématiques.

 

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Copyright : LOIC VENANCE / AFP

 

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