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Emmanuel Macron dans la Corne de l’Afrique : une entreprise de séduction

BLOG - 11 Mars 2019

Emmanuel Macron entame le 11 mars une tournée de quatre jours en Afrique de l’Est, lors de laquelle il se rendra à Djibouti, en Éthiopie et au Kenya, pour défendre la place de la France dans cette région marquée par la concurrence des grandes puissances, notamment la Chine. Au menu : défense, culture, coopération économique, ville durable, ou encore environnement. Ce déplacement dans trois pays africains non francophones, faisant suite aux visites du Président au Ghana en novembre 2017 puis au Nigeria en juillet 2018, s’inscrit dans une approche renouvelée du continent – que nous appelions de nos vœux, notamment à travers un discours de restart, dans notre rapport Prêts pour l’Afrique d’aujourd’hui ? de septembre 2017. Ce premier déplacement du Président Macron dans la corne de l’Afrique est également son premier grand déplacement à l’étranger depuis le début de la crise des Gilets jaunes. Il n’a pas été repoussé, contrairement à d’autres visites prévues, ce qui témoigne de l’importance qu’accorde le Président à l’Afrique, et notamment à cette zone.

Des enjeux multiples

De nombreux sujets seront abordés durant ces quatre jours. 

  • Les enjeux stratégiques à Djibouti, où la France dispose de sa plus grande base militaire d’Afrique, et qui accueille également la seule base américaine sur le continent ainsi que, depuis 2017, la première base militaire de la Chine à l’étranger. 
  • La thématique culturelle sera abordée en Ethiopie. Le Président français se rendra tout d’abord sur le site de Lalibela, célèbre pour ses 11 églises enterrées et creusées dans la roche datant du XIIIème siècle, classé au patrimoine de l’Unesco. Emmanuel Macron avait en effet promis au Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, lors de sa visite à Paris en octobre dernier, de participer à la conservation de ces monuments, mis en danger par l’afflux de touristes. 
  • À Addis-Abeba, où se situe le siège de l’Union africaine, les enjeux relatifs à la ville durable seront évoqués. Enjeux d’autant plus importants qu’ils seront au cœur du sommet Afrique-France qui se tiendra dans l’Hexagone en 2020. 
  • Enfin, Emmanuel Macron se rendra à Nairobi, où il animera aux côtés du Président kenyan Uhuru Kenyatta le "One Planet Summit", puis participera à l’ouverture de l’Assemblée de l’ONU pour l’environnement. 

La tournée du Président sera clôturée par un échange avec des étudiants à l’Université de Nairobi. Cet exercice, inauguré à Ouagadougou en novembre 2017, s’inscrit dans la volonté d'Emmanuel Macron d’établir un "partenariat renouvelé" avec les pays africains, axé sur la jeunesse. Un exercice de séduction d’étudiants qui n’ont pas tendance à choisir naturellement la France, d’autant plus ardu depuis l’annonce de l’augmentation des frais de scolarité pour les étudiants étrangers non européens.

Une entreprise de séduction, dans un contexte de concurrence internationale

Cette tournée dans trois pays d’Afrique de l’Est, qui fait suite aux déplacements du Président français au Ghana en novembre 2017 et au Nigeria en juillet 2018, témoigne d’une volonté de la France de se rapprocher des pays africains non francophones. Au-delà de l’ambition de s’affranchir d’un passé colonial, cette stratégie de proximité permet à l’Etat de s’aligner sur les pratiques des entreprises françaises, qui ont su apprécier le potentiel offert par le dynamisme économique de ces pays. En outre, les 200 millions d’habitants de la Communauté d’Afrique de l’Est, ainsi que les réformes d’ouverture engagées par le Premier ministre éthiopien, participent à l’attrait que représentent ces pays pour les entreprises françaises. L’Elysée reconnaît d’ailleurs que "pour l’ensemble des trois déplacements, il y a un enjeu de renforcement du partenariat économique". Emmanuel Macron sera ainsi accompagné d’une délégation d’entreprises, au sein de laquelle Danone, Engie, Orange et EDF notamment seront représentées aux plus hauts niveaux. Au Kenya, la France devrait signer des contrats de l’ordre de trois milliards d’euros. 
 
Cette entreprise de séduction intervient dans un contexte de concurrence accrue des grandes puissances dans ces marchés en pleine expansion. La France a perdu en influence ces dernières années, notamment au profit de la Chine qui contribue à environ un sixième du total des prêts accordés à l’Afrique. Cette dernière a par exemple financé la nouvelle ligne ferroviaire entre Addis-Abeba et Djibouti, inaugurée en octobre 2016, pour remplacer l’ancien chemin de fer franco-éthiopien datant de 1917. Emmanuel Macron, au cours de ce déplacement, entend proposer aux trois pays africains un partenariat différent de celui qu’ils peuvent avoir avec la Chine, "plus positif, peut-être un peu moins purement mercantile", et qui prend soin de ne pas accroître l’endettement de ces pays - critique souvent formulée à l’encontre de la Chine.

 

Copyright : MICHEL EULER / POOL / AFP

 

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