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[Démocraties résilientes] Argentine – une société en crise

BLOG - 24 Juillet 2019

L’image courante de l’Argentine, sur notre continent, est celle d’un pays de grande culture, mais en proie à des crises financières périodiques, ayant connu dans les années 1980-1990 l’une des pires dictatures militaires de l’Amérique du Sud et qui est, de surcroît, la patrie de cet étrange phénomène politique, le péronisme (ou "justicialisme"), toujours d’actualité 50 ans après sa création.

L’Argentine traverse de nouveau une période de difficultés économiques et politiques. La démocratie argentine ne paraît pas pour autant en péril. Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), nous explique les facteurs de résilience profonds – et à certains égards paradoxaux – qui caractérisent cette démocratie.

Michel Duclos, conseiller spécial géopolitique, rédacteur en chef de cette série de l'été

 

Les Argentins vont élire leur Président, la moitié de leurs députés et renouveler un tiers du Sénat le 27 octobre 2019. Quel est le lapin qui va sortir du chapeau ? Un "populiste", c’est à dire, pour ceux qui usent de ce vocabulaire, le "péroniste" Alfredo Fernández, qui se présente sous l’étiquette "Frente de todos" ? Ou un lapin "raisonnable" : le candidat sortant, représentant du parti PRO (Proposition Républicaine), Mauricio Macri, tête de liste du mouvement "Juntos por el Cambio" ? Pourquoi ne parle-t-on pas, dans cette campagne, des autres candidats, de droite et de gauche, ou d’ailleurs ? Ils sont pourtant au nombre respectable de sept : Roberto Lavagna (Consensus Fédéral), José Luis Espert (Frente Unite), Nicolás del Caño (Frente de Izquierda y de los Trabajadores), Manuela Castañeira (Nuevo Más), Juan José Gómez Centurión (Frente Nos), José Antonio Romero Feris (Parti Autonomiste National), Alejandro Biondini (Front Patriote). Pourquoi cette polarisation ?

Winston Churchill ne pensait probablement pas à l’Argentine lors de sa déclaration du 11 novembre 1947, devant la Chambre des Communes, devenue universellement célèbre, "la démocratie est le plus mauvais des régimes, les autres exceptés". Pourtant, celle-ci s’applique parfaitement à cet Etat d’Amérique latine. Sa démocratie, en effet, s’accorde aux pas du tango, un temps en avant, puis le suivant en arrière. Et ainsi de suite, en boucle, au fil des années. Pourtant, en dépit de ruptures militaristes, la démocratie a fini par imposer sa légitimité, en prenant, il est vrai, les couleurs "hégémoniques" du péronisme - selon la formule inventée par Alain Rouquié. 

Moins qu’un risque, le péronisme, version locale du "populisme", - pour reprendre une définition peu satisfaisante, relevant bien davantage de la polémique que de la science politique (Alain Rouquié, 2016) -, ne serait-il donc pas l’assurance vie paradoxale d’une démocratie argentine imparfaite, en crise structurelle ?

Le constat de la différence argentine

L’Argentine, en 2019, est dirigée par le Président Mauricio Macri, élu en 2015 sans contestation démocratique, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de ses voisins sud-américains, à commencer par son partenaire du Mercosur, le Brésil. Equateur, Paraguay, Pérou, Venezuela, à des titres divers, ont connu eux aussi et traversent encore des moments de doute moraux et institutionnels.

L’Argentine, en revanche, vit au rythme d’alternances acceptées par les différentes forces en compétition électorale. À la présidence du radical Raúl Alfonsin, élu en 1983, a succédé celle du justicialiste Carlos Saúl Menem, puis du radical Fernando de la Rúa, et, après le bref intérim des péronistes Adolfo Rodriguez Saá et Eduardo Duhalde, les justicialistes Nestor et Cristina Kirchner ont été élus présidents, puis enfin le libéral Mauricio Macri est au pouvoir depuis 2015. En dépit d’échanges verbaux souvent aigres et parfois virulents entre les candidats en présence, le scrutin s’est toujours déroulé sans problème majeur. Et l’accession au pouvoir du vainqueur n’a jamais été remise en question pour fraude. 

Comment comprendre cette différence argentine, alors que le pays, tout au long de ces années, a connu des moments difficiles, des crises économiques et sociales majeures ? 

Raúl Alfonsín avait été déstabilisé par une crise monétaire dévastatrice, comme ses successeurs Carlos Saúl Menem et Fernando de la Rúa. Les uns et les autres avaient perdu, en cours de mandat, le contrôle de l’économie argentine. L’hyperinflation, l’endettement extérieur, la fuite des capitaux nationaux comme internationaux, avaient plongé le pays dans la récession, le chômage, et fait basculer des milliers de personnes dans la pauvreté. Ces accidents, sans être aussi brutaux, ont marqué la mandature de Cristina Kirchner et affectent celle de Mauricio Macri. Ces crises si elles sont qualifiées à chaud de conjoncturelles, apparaissent bien davantage comme structurelles, analysées dans leur globalité. De 1950 à 2018, selon la Banque mondiale, le pays a été victime de 15 périodes de récession et 23 de ces 69 années ont été des années de croissance négative.

De 1950 à 2018, selon la Banque mondiale, le pays a été victime de 15 périodes de récession et 23 de ces 69 années ont été des années de croissance négative.

Bien sûr, il y a eu de violents accès revendicatifs : des émeutes, des protestations fiévreuses, une répression policière soldée par la mort de dizaines de manifestants, des occupations de lieux de travail, des blocages de routes par les "piqueteros", le saccage d’agences bancaires, la fuite du Président de la Rúa en hélicoptère en 2001, par exemple. Mais au final, compte tenu de la gravité de la situation économique, financière et sociale, les règlements de compte politiques, les aigreurs sociales, les revendications les plus diverses, ont trouvé leur solution dans les urnes.

Il y a là un paradoxe. Il mérite, à défaut d’explication satisfaisante, l’identification de pistes susceptibles de permettre une compréhension.

L'Argentine en anomalie démocratique ?

Nunca más ! Plus jamais ça - c’est à dire une dictature militaire telle que celle qu’a connue l’Argentine de 1976 à 1983. Les libertés avaient été suspendues, les opposants écartés, et pour certains, torturés et éliminés de la pire manière. Le chiffre des disparus se trouverait dans une fourchette située entre 8 961 et 30 000. La dictature argentine a été, dans les années 1970-1980, la plus implacable d’Amérique latine. "Nunca más" est l’intitulé du rapport rédigé, au retour de la démocratie, par la Commission nationale sur la disparition des personnes (CONADEP), sous l’autorité du grand écrivain Ernesto Sabato. Ce rapport, qui en son temps a été l’une des meilleures ventes en librairie, reflète le sentiment collectif d’une population sortie traumatisée de ces années de dictature. Suspendus en 1986, les poursuites et jugements ont repris à partir de 2005. Chose révélatrice de cet état d’esprit : en 2018, un ex-guérillero et un officier chargé de la répression pendant la dictature ont signé un livre à deux mains. Il est intitulé Ennemis et sous-titré, Deux protagonistes réfléchissent aujourd’hui sur la violence des années 70.

Les autorités démocratiques, tous partis confondus, ont tiré des conclusions radicales du rapport de la CONADEP. Les responsables des gouvernements militaires ont été condamnés le 9 décembre 1985 au terme d’une sorte de procès de Nuremberg mais sans contrainte extérieure, le "Juicio a las Juntas". La mise en place d’une culture de la mémoire a suivi. Les centres de détention et de torture, comme la Escuela de Mecánica de la Armada à Buenos Aires, sont aujourd’hui des musées. L’école a été mobilisée pour transmettre les valeurs de tolérance et de démocratie. Une série de DVD relative à la dictature et à la répression est diffusée dans les écoles argentines en 2011. C’est grâce à la mobilisation des élèves d’un collège de la province de Santa Fe, l’école Pablo Pizzurno de Melincué, qu’ont pu être retrouvés et identifiés en 2010 les corps du disparu français, Yves Domergue et de sa compagne mexicaine, Cristina Ciaiceta Maruli (voir Eric Domergue, Huesos desnudos, Buenos Aires, Colihue, 2012). L’armée, il est vrai dévalorisée par sa défaite de la guerre des Malouines contre l’Angleterre, un ennemi extérieur, a été ostracisée. Ses chefs ont été condamnés. Son budget a été écrémé. Les militaires, arbitres de la politique argentine de 1930 à 1983, ont été déconnectés de leur rôle politique. Ils peinent à préserver une fonction régalienne dans leur domaine de compétence. La perte du sous-marin San Juan et de son équipage le 15 novembre 2017 a révélé la portée de cette mise à l’index social, budgétaire des forces armées par un peuple et ses représentants.

Cette réalité est sans doute porteuse de beaucoup d’interrogations. Elle a eu, concernant la question posée ici, pour conséquence d’éliminer le recours aux militaires en politique, et a ainsi renforcé la légitimité du bulletin de vote pour trouver des solutions de compromis aux crises traversées par le pays.
 


Un autre facteur mérite un examen particulier : la perpétuation d’une culture de classe moyenne. Elle constitue également un élément permettant de comprendre la résilience démocratique de l’Argentine. En dépit de crises économiques répétées ayant érodé le tissu social, et donc le périmètre effectif des catégories intermédiaires, l’Argentine est resté un pays de classes moyennes. La réalité est celle de la mémoire d’un passé glorieux qui imprègne toujours les mentalités collectives. Des millions d’immigrants, dans leur grande majorité européens, ont massivement accru la population de l’Argentine de la fin du XIXème siècle aux années 1930. Pauvres, ils venaient chercher un mieux vivre, en bataillant plus individuellement que collectivement, armés de leur culture d’immigrés. Cette culture d’immigrants, individualiste et bigarrée, se retrouve dans les romans de Roberto Godofredo Christophersen Arlt, en particulier dans El juguete rabioso (Le jouet enragé, 1994). Ils ont trouvé en Argentine, à ce moment là, ce qu’ils cherchaient : l’Argentine des débuts du XXème siècle était, par tête d’habitant, l’un des pays les mieux dotés au monde. Le revenu de l’Argentin moyen était alors supérieur à celui du Français. Téléphones, voitures, ont été chose courante bien avant beaucoup de pays européens. Cette situation qui a pu être qualifiée d’anomalie argentine - notamment par Julio Godio et Hugo Mancuso dans leur ouvrage de 2006 - a pris fin avec la grande crise des années 1930. L’Argentine a cessé d’être le grenier à blé du monde industrialisé. Concurrencée, elle a perdu des parts de marché, et en tendance longue, le prix de ses exportations agricoles a baissé.

Cet héritage a perpétué une culture d’égalité compétitive dans un cadre ordonné, conservateur et rentier. Les disputes entre forces politiques reflètent cet état de l’opinion. Elles n’ont jamais, sinon marginalement, contesté le système pour exiger la mise en place d’un ordre nouveau, fasciste ou révolutionnaire. L’Argentine a connu des phases de radicalité : les groupes d’extrême gauche apparus dans les années 1970 ont fait beaucoup de bruit, et causé des dégâts parfois spectaculaires. Ils n’ont néanmoins eu qu’une audience limitée. Au cœur de la plus grave des dernières crises, celle de 2001-2002, au plus fort du mécontentement, plutôt qu’à l’émergence de partis violents, de groupes armés contestant le capitalisme, le libéralisme et l’économie de marché, on a assisté à un bricolage social imaginatif, visant à préserver ce qui pouvait l’être dans un cadre institutionnel maintenu. Les mouvements contestataires ne se donnaient pas comme objectif "d’affecter la production et de mettre en discussion le droit de propriété de l’entrepreneur" (Lévêque, 2002).

Les moments de crise ont donné naissance à un hybride, intégrant en oxymore contestation et perpétuation de la démocratie. De là a surgi le justicialisme, parfois appelé péronisme, en référence à son fondateur, Juan Domingo Perón [...] Paradoxalement, le péronisme a mis en œuvre, certes en contre-feux, une politique sociale active, dans le contexte d’une économie libérale. 

Le troc, par exemple, s’est substitué pendant quelques mois aux échanges monétaires rendus impossibles par le gel des comptes bancaires et la fragmentation du marché monétaire national. Chaque province a alors émis des bons à valeur territoriale nécessairement limitée.

Anomalie démocratique ? Les moments de crise ont donné naissance à un hybride, intégrant en oxymore contestation et perpétuation de la démocratie. De là a surgi le justicialisme, parfois appelé péronisme, en référence à son fondateur, Juan Domingo Perón. Or le péronisme, qui se définissait initialement, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, comme anti-communiste, et s’inspirait de valeurs interclassistes puisées dans le fascisme, le franquisme et le vichysme, a toujours respecté les enjeux électoraux. "Fascisme va de pair avec dictature, alors que le populisme est toujours associé aux élections", explique l’historien argentin Federico Finchelstein (2018), qui ajoute : "Le populisme est une expérience historique de démocratisation". Paradoxalement, le péronisme a mis en œuvre, certes en contre-feux, une politique sociale active, dans le contexte d’une économie libérale. 

En clair, la société argentine n’a jamais adhéré aux discours de radicalité rupturiste. Elle a en revanche trouvé une voie médiane, lui permettant de répondre aux défis de la récession et du déclassement, en votant pour un parti ambigu, attaquant verbalement les élites, afin d’arracher quelques concessions sociales dans un système perpétué en l’état. Le justicialisme est fils des crises à répétition que vit l’Argentine. En période calme ou relativement calme, la Casa Rosada - le palais présidentiel argentin -, est occupée par des chefs d’Etat plus rationnels qu’émotionnels, Raúl Alfonsin, Fernando de la Rúa, Mauricio Macri. Alors que les vents de crise portent au pouvoir des "caudillos" surfant sur les émotions du moment, comme Carlos Saúl Menem, Nestor et Cristina Kirchner. Cette émotion, pour autant, n’a pas de dénominateur commun politique en dehors des "père" et "mère" du justicialisme, Juan Domingo et Evita Perón, référents incontournables et vénérés. Le péronisme, en effet, a été tout à la fois social, anti-intellectuel, laïque, clérical, interclassiste avec Perón ; néo-libéral avec Carlos Saúl Menem ; dirigiste et nationaliste avec Nestor et Cristina Kirchner.

Ces combinaisons sont d’un abord déconcertant pour un observateur extérieur (Kourliandsky, 2016). Elles ont cela dit "bricolé" un stabilisateur démocratique imparfait, certains diront populiste, dans un pays soumis de façon constante à de fortes houles économiques aux conséquences sociales brutales. C’est ce contexte qu’il convient de privilégier pour analyser le scénario des prochaines élections présidentielles.

L'échéance du 27 octobre 2019, un rendez-vous en anomalie démocratique ?

Le décor de la prochaine consultation électorale, le 27 octobre 2019, s’inscrit dans le cadre le plus habituel, celui d’une forte dégradation de la situation économique, assortie du mécontentement croissant d’une bonne partie de la population. Les paris de politique économique faits depuis 2015 par le Président élu, Mauricio Macri, n’ont pas donné les résultats escomptés. La réintégration de l’Argentine dans le concert occidental avait un coût, celui de solder les dettes non payées par ses prédécesseurs, Nestor et Cristina Kirchner. En retour, l’Argentine attendait des facilités de la part du FMI, et l’arrivée d’investisseurs étrangers. Les investisseurs ne sont pas venus. Le FMI, en revanche, a accordé un crédit de 57,1 milliards de dollars. Mais, en l’absence de reprise et d’attractivité extérieure, il a replacé le pays dans le cercle vicieux de l’endettement. L’Argentine doit payer 52 milliards de dollars au FMI entre 2021 et 2023. La dette représentait 45 % du PIB en 2015, et 97% fin 2018. La monnaie a chuté, les taux d’intérêt ont doublé. Au final, la croissance n’a pas été au rendez-vous. Elle a été négative en 2018 : -2,5 %. L’inflation en 2018 a été de 47,5 %. Le marché du travail s’est dégradé. Le revenu par habitant a baissé de -2,7 % en 2018. 30,8 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2018, soit 5 points de plus qu’en 2017.

Le climat social est tendu, comme cela était prévisible. Sans que pour autant, ici encore, on note une volonté de renverser la table de la part des acteurs politiques et syndicaux. Au contraire, on assiste à une démarche convergente rapprochant l’offre électorale des uns et des autres. La carte émotionnelle du justicialisme, traditionnellement la mieux placée en Argentine dans les moments de crise, est revendiquée par les candidats principaux, qui ont volontairement choisi de brouiller l’offre électorale en lançant des OPA croisées sur le justicialisme. Le sortant, le libéral Mauricio Macri, a choisi comme numéro deux Miguel Angel Pichetto, président du groupe péroniste du Sénat. Cristina Kirchner, justicialiste, a choisi de figurer comme vice-présidente d’un péroniste critique, Alberto Fernández. Roberto Lavagna, soutenu par plusieurs formations de centre gauche, a été ministre de Nestor Kirchner. Son associé sur le ticket électoral, Juan Manuel Urtubey, est gouverneur péroniste de la province de Salta. 

Opération électoraliste destinée à sauver les meubles, disent certains. Sans doute. Mais ces choix reflètent également, consciemment ou non, celui, en greffant justicialisme à réalisme, de répondre au mécontentement social, sans faire dérailler le train démocratique argentin. En effet, comme l’explique Marc Saint-Upéry (2018), "Le péronisme a légué à l’Argentine un patrimoine institutionnel et culturel ambigu (..) qui est parvenu à accommoder (..) une forme de démocratie sociale avec des règles de démocratie procédurale".

 

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Bibliographie

Federico Finchelstein, Del fascismo al populismo en la historia, Buenos Aires, Taurus, 2018
Jean-Jacques Kourliandsky, Perón llave sin doble "r" para entender la Argentina", en Santiago Farrell, Peronismo como explicar lo inexplicable, Buenos Aires, Ariel, 2016
Frédéric Lévêque, Le laboratoire argentin, Paris, indymedia, avril 2002
Alain Rouquié, Le siècle de Perón, Essai sur les démocraties hégémoniques, Paris, Seuil, 2016
Marc Saint-Upéry, Péronisme et chavisme : affinités et divergences, in Bertrand Badie
Dominique Vidal, Le retour des populismes, Paris, La Découverte, 2018

 

Copyright : EITAN ABRAMOVICH / AFP

 

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