Au cours de ses recherches sur les réponses locales à la crise pandémique en Europe, Nicolas Bauquet, Directeur délégué à la recherche et à la transformation publique, a eu l'occasion de discuter avec Sir Peter Soulsby, maire de Leicester, et Florian Bercault, maire de Laval. Les deux villes ont dû faire face à des restrictions particulières pendant l'été, et ce que leurs maires lui ont rapporté était étonnamment similaire. Nicolas Bauquet leur a proposé cet entretien croisé pour étudier et comparer la façon dont les deux villes ont réagi à la crise et l'évolution du processus décisionnel.
À l'Institut Montaigne, nous pensons que l'échange et la collaboration transnationaux sont essentiels pour relever le défi de la pandémie en Europe, et que la voix des acteurs locaux doit être entendue pour construire un cadre collectif de gestion de la crise.
Dans quelles circonstances votre ville a-t-elle été touchée par des restrictions particulières cet été, et comment la situation a-t-elle évolué ?
Peter Soulsby : L’intégralité du territoire britannique a été confinée à partir du 23 mars et ce jusque fin juin. Vers la fin du confinement, qui a pu se terminer quand le gouvernement britannique est parvenu à mettre en place un système de test, les premiers chiffres disponibles ont montré que l’augmentation du nombre de cas à Leicester était préoccupante. Peu après, le ministre de la Santé, Matt Hancock, annonçait à la presse et au Parlement britannique que notre territoire connaissait un rebond du coronavirus.
Cette annonce a pris de court la municipalité de Leicester car il n’y avait eu aucun dialogue préalable avec les autorités nationales compétentes. Cela a pris presque 11 jours pour que les autorités locales comprennent ce que signifiait ce rebond, et encore, l’organisme national compétent en matière de santé publique ne nous a fourni que des chiffres vagues et un rapport très bref.
Cette décision a été source de grandes frustrations pour les autorités de Leicester, à qui on n’a pas fourni de données et qui n’ont à aucun moment été incluses dans le processus décisionnaire. De manière encore plus problématique, les autorités à l’échelon national n’ont pas pris en compte l’expertise et la connaissance fine du territoire que possède la municipalité de Leicester. En règle générale, l’absence de consultation à l’échelon local est un obstacle à l’efficacité des politiques publiques, mais ceci est particulièrement vrai à Leicester, qui abrite l’une des populations les plus diverses du Royaume-Uni. Ce sont les autorités locales qui ont la connaissance la plus fine des diverses communautés et de leurs interactions.
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