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Centres d’accélération : dans les starting blocks de l’industrie du futur

BLOG - 26 Septembre 2018

Le 20 septembre dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté le plan de transformation de l’industrie par le numérique. Parmi les initiatives révélées à cette occasion, Edouard Philippe a annoncé le maillage du territoire via la création de "centres d’accélération". C’est justement la proposition que formule l’Institut Montaigne dans son dernier rapport Industrie du futur, prêts, partez ! (septembre 2018) afin de favoriser le déploiement de l’industrie du futur au sein de l’industrie française. Que représentent concrètement ces centres d’accélération ? Quel mode d’emploi pour leur développement ? Décryptage.

L’industrie du futur : une réponse au déclin industriel français

L’Institut Montaigne fait le constat d’une industrie française dont la situation est préoccupante, tant par les pertes d’emplois qu’elle a subi ces 25 dernières années (1,4 million d’emplois supprimés), que par la baisse de son poids dans le PIB (baisse de 20 % en 15 ans). Pour répondre à ce défi, l’industrie du futur semble la mieux à même de rendre l’industrie française plus attractive et compétitive. Caractérisée par une utilisation massive des données et une connectivité fortement augmentée, l’industrie du futur se veut un levier de modernisation industrielle. Son déploiement devrait permettre à l’industrie française de bénéficier d’une nouvelle dynamique en termes de compétitivité, d’attractivité ou encore d’amélioration des conditions de travail.

Une chose est certaine, les pays qui ne prendront pas à temps le virage de l’industrie du futur - adaptant par exemple leur formation et leur appareil productif - seront les grands perdants de cette révolution. La France possède les atouts pour accélérer le déploiement de l’industrie du futur et tirer les bénéfices de cette compétition internationale. Mais les efforts - conséquents - des pouvoirs publics sont jusqu’ici trop fragmentés pour être efficaces. Il est indispensable de rationaliser les dispositifs de financement, d’accompagnement et de formation afin de garantir une plus grande clarté de l’offre et in fine une plus grande efficacité des moyens alloués.

Il s’agit désormais de coordonner, de rationaliser et d’accélérer l’ensemble de ces initiatives dans le cadre de la transformation de l’industrie française. 

Les centres d’accélération comme outil de déploiement de l’industrie du futur en France

Créé sous l’impulsion d’un grand groupe industriel afin de répondre aux enjeux de développement des PME et ETI de son secteur d’activité, un centre d’accélération de l’industrie du futur rapproche l’ensemble de l’écosystème innovant (grands groupes, starts-ups, centres de recherche, universités) en un lieu physique unique. 

Ces centres d'accélération répondent ainsi aux enjeux :

  • D’innovation : ils permettront aux PME et aux ETI d’avoir accès à des cas d’usage métier au cœur de leurs chaînes de valeur ainsi qu’à des solutions prêtes à l’emploi, adaptées à leur secteur. Un accès facilité aux "usines vitrines" des industriels du secteur permettra de tester les solutions les plus pertinentes aux problématiques les concernant ;
  • De formation : ils permettront de former environ 100 000 dirigeants, managers et chefs de projet de PME et ETI en trois ans, afin qu’ils puissent appréhender et tester concrètement l’impact de la transformation numérique de bout en bout ;
  • D’accompagnement : notamment financier mais aussi d’aide au déploiement et à l’intégration pour les PME et ETI.

Ces lieux auront pour but de donner à l’industrie française les moyens de revenir dans la course et de favoriser l’émergence de nouveaux champions industriels de l’innovation, en aidant les start-ups technologiques françaises à se développer et en encourageant les collaborations entre acteurs d’un même écosystème.

Centres d’accélération : dans les starting blocks de l’industrie du futur

Centres d’accélération de l’industrie du futur : mode d’emploi

Afin de répondre aux enjeux locaux, tout en présentant des solutions pour les différentes filières déjà implantées sur le territoire national, il s’agirait dès lors d’organiser un maillage du territoire métropolitain à l’aide d’une vingtaine de centres d’accélération, afin d’accompagner une majorité des 1 800 ETI industrielles et une partie des 50 000 PME de l’industrie et de la construction. 

Une première étape consisterait en la création d’un premier centre pour chacun des neufs secteurs d’activité suivants : automobile, aéronautique, construction, ferroviaire, navale, agroalimentaire, industrie chimique, industrie pharmaceutique et énergie.

Il ne s’agit pas de faire table rase des dispositifs déjà existants mais bien d’accentuer leur modernisation et leur rationalisation. Par ailleurs, la mise en place de ces centres ne nécessite pas forcément un bouleversement de l’outil industriel. Dans les faits, une large part des développements technologiques liés à l’industrie du futur peut s’effectuer au sein des usines actuelles, en intégrant les nouvelles technologies aux équipements et aux systèmes d’information existants.

La création de centres d’accélération devra ainsi s’appuyer sur certains modèles existants (lRT, CEA Tech, CETIM), qu’il s’agira de fédérer et d’intégrer dans une stratégie d’ensemble faisant le lien avec les filières. Ces dispositifs ont chacun des atouts considérables mais ne réunissent pas les trois axes clés identifiés dans le rapport - innovation, accompagnement et formation - répondant efficacement aux besoins des PME et ETI françaises. 

Structure existante Implantation Missions Limites
CETIM 3 sites principaux Apporter aux entreprises des moyens et des compétences pour accroître leur compétitivité  
Pôles de compétitivité 71 Renforcer l’innovation et dynamiser la compétitivité de l'industrie française  Un nombre trop important, un manque de moyens, qui aboutissent à une faible implication des entreprises
IRT 8 Renforcer la compétitivité par la recherche industrielle dans des filières technologiques stratégiques Une formation et une recherche qui doivent être renforcées
CEA Tech 6 Favoriser, au niveau régional, les échanges technologiques entre chercheurs et industriels  Des volets formation et accompagnement qui doivent être complétés

Les industriels, mais aussi Bpifrance, l’Alliance pour l’Industrie du Futur, les régions, pour ne citer qu’elles, seront largement mobilisés dans le cadre de la structuration, du développement stratégique et du positionnement institutionnel de ces centres.

 

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