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Industrie automobile : ne ratons pas le virage électrique !

ARTICLES - 30 Novembre 2016

La COP22 a pris fin vendredi 18 novembre à Marrakech, dans une atmosphère moins enthousiaste que celle dans laquelle s'était achevée la COP21 à Paris, en décembre 2015. Et pour cause : les engagements pris par chaque État afin de contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C ne sont pas encore suffisamment ambitieux.

Il faut désormais, plus qu'avant encore, actionner les leviers les plus efficaces pour mener ce combat. Au premier rang d'entre eux, les transports, principale source de pollution en France, avec entre 28 et 35 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES) selon les estimations.

Pour y remédier, le véhicule électrique apparaît comme un potentiel moteur de la réduction des émissions de GES. Comment profiter de ces véhicules ?nouvelle génération' pour faire de l'industrie automobile française un leader et non pas un suiveur des évolutions technologiques ?

La France, une terre d’accueil de l’électrique ?

Au 1er semestre 2016, la France s’est classée en tête des immatriculations européennes de véhicules électriques, avec 15 000 nouvelles voitures mises en circulation. Le taux de pénétration est d’ailleurs élevé en comparaison de nos voisins européens : 1,14 % des véhicules roulant en France sont électriques, contre 0,28 % en Allemagne ou 0,88 % en Espagne. Seule la Norvège dépasse la France, très largement, avec 13,06 % de sa flotte automobile déjà convertie.

La tendance au développement des moteurs électriques s’appuie notamment sur leur fabrication plus simple et moins coûteuse que celle des véhicules thermiques. Alix Partners, cabinet de conseil, estime que leur part pourrait atteindre 20 % du parc mondial en 2030 (66 % en additionnant électriques, hybrides rechargeables et hybrides), contre moins de 1 % actuellement. Quid des impacts d’une telle révolution ?

Des enjeux environnementaux, mais pas seulement

Anticiper ce virage vers l’hybride et l’électrique est un impératif pour notre pays à bien des égards.

Dans un objectif de réduction des GES, le véhicule électrique apparaît comme une solution évidente : le transport représente plus de 120 milliards de tonnes d’équivalent CO2 par an en 2011, soit la première source de pollution de l’air. S’il convient d’avoir une vision “du puits à la roue” de la production d’électricité (c’est à dire prenant en compte les émissions de CO2 des centrales de production d’énergie électrique), il est évident que le véhicule électrique permet de diminuer drastiquement la pollution dans le secteur des transports, pourvu que l’électricité qu’il utilise soit peu carbonée. Or, la France affiche la deuxième meilleure performance de l’Union européenne en matière d’intensité carbone de son économie, avec 170 gCO2/$ de PIB.

Par ailleurs, le véhicule électrique représente un enjeu financier de premier ordre pour deux raisons :

1. Parce qu’il est bien moins coûteux à produire : le moteur électrique ne représente que 11 % du coût d’une voiture en 2015, contre 37 % pour les véhicules thermiques. La technologie nécessaire pour un moteur électrique est aussi plus réduite : un sixième des pièces d’un moteur à explosion sont nécessaires, ce qui rend sa production plus rentable.

2. Parce qu’il pourrait être la clé de relance de l’industrie automobile française : représentant aujourd’hui 160 milliards d’euros de valeur ajoutée chaque année, l’industrie automobile française reste la première industrie du pays et représente une part importante du tertiaire (6,2 % en 2014). Cependant, cette part est en baisse depuis 2000 selon une étude récente de l’Insee, et les perspectives d’évolution ne sont guère réjouissantes : un repositionnement stratégique vers plus d'électrique, promis à un bel avenir, pourrait permettre d’enrayer cette dynamique négative.

Des défis à surmonter

Pour que le véhicule électrique soit un atout, il ne faut pas seulement se contenter d’en produire, mais il faut aussi s’intéresser aux bouleversements qu’il entraîne dans la chaîne de valeur automobile. La récente décision de Volkswagen de supprimer 30 000 emplois outre-Rhin en est un exemple criant. L’industrie automobile allemande, la plus réputée en la matière, est aujourd’hui en difficulté car elle importe ses batteries électriques. Ces batteries concentrent la majorité de la valeur ajoutée du véhicule électrique : les emplois associés disparaissent progressivement outre-Rhin, au bénéfice de la Corée du Sud et du Japon.

Dès lors, l’industrie française doit prendre ces changements en compte et encourager l’installation d’usines de batteries sur son territoire, sous peine de subir de plein fouet le virage électrique, à l’image de certains constructeurs allemands. Et ainsi s’assurer une place dans l’industrie automobile de demain.

 

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