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26/11/2015

La lutte contre le réchauffement climatique coûtera très cher : comment la financer ?

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La lutte contre le réchauffement climatique coûtera très cher : comment la financer ?
 Marc-Antoine Authier
Auteur
Chargé d'études - Energie, Développement durable



Les banques sont-elles prêtes à se mobiliser dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Après Natixis, le Crédit Agricole et la Société Générale, BNP Paribas vient de prendre des engagements pour réduire son impact sur le climat. La banque a notamment annoncé la "multiplication par plus de deux des financements dans le domaine des énergies renouvelables" et le "renforcement du dispositif de gestion du risque carbone". Au-delà des enjeux d'image, c'est un nouveau signal qui est envoyé par le secteur financier pour contribuer à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C.

La question du financement est en effet déterminante pour agir efficacement contre le réchauffement climatique. Dans notre étude Climat et entreprises : de la mobilisation à l’action – Sept propositions pour préparer l’après-COP21, nous en analysons les différents ressorts. Nous y expliquons en particulier comment la prise en compte du "risque carbone" (c’est-à-dire le risque financier pesant sur les actifs fortement émetteurs de gaz à effet de serre) a permis d’accélérer la mobilisation du secteur financier – avec tous les effets d’entraînement sur le reste de l’économie que l’on peut en espérer. Dès lors que la logique économique correspond à la logique écologique, l’adaptation de nos modes de financement gagne en efficacité.

Alors que la question du financement constituera un enjeu majeur des négociations onusiennes, la multiplication des initiatives privées démontre la capacité des entreprises à favoriser l’émergence de solutions énergétiques sobres en carbone. Afin d’optimiser le rôle du financement public au service de la lutte contre le réchauffement climatique, nous proposons de favoriser les dispositifs de financement incitatifs et innovants chaque fois que cela permet d’éviter un recours aux subventions publiques. En effet, au vu de l’impératif climatique auquel est confrontée notre économie, le resserrement des dépenses publiques ne doit pas pénaliser la diffusion des technologies nécessaires à la transition énergétique. En outre, l’adoption d’un indicateur de retour sur investissement "climat" serait un levier particulièrement utile pour garantir l’efficience de ces investissements. Pour atteindre les objectifs ambitieux fixés, les pouvoirs publics se doivent d’encourager au mieux cette mobilisation naissante et d’en faire le levier d’action le plus puissant possible en faveur du climat.

Découvrez toutes nos propositions pour encourager l’adaptation de notre économie aux enjeux climatiques

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