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Exemple : Education, Europe, Santé

Les entreprises françaises ont le béguin pour l’Afrique

BLOG - 6 Mai 2014

L'Afrique est à la mode. Jamais elle n'aura suscité un tel engouement. On peut même parler de frénésie auprès des entreprises françaises, qui semblent redécouvrir ce continent encore négligé il y a peu. Perçue hier comme un pandémonium, l'Afrique fait aujourd'hui figure d'Eldorado.

C’est le cas, en particulier, pour les grands groupes. De la grande distribution à la santé, en passant par l’assurance ou les cosmétiques, aucun secteur n’échappe à cette fièvre africaine. Dans une interview donnée récemment aux ''Échos'', à la question : "quel sera le marché de demain pour l’assurance ?", Henri de Castries, le PDG d’AXA, répond que l’"attention (de son groupe) va se porter de plus en plus sur l’Afrique". Sanofi, qui réalise déjà plus d’un milliard d’euros de ventes en Afrique, renforce de son côté ses positions en vue de conquérir un marché qui devrait atteindre 45 milliards de dollars dès 2020. Carrefour, lui, a annoncé en 2013 une alliance avec CFAO, afin de se développer en Afrique où "la croissance et l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages ouvrent de nouveaux horizons". Quant à L’Oréal, les ambitions affichées sont claires : devenir "le premier groupe de beauté en Afrique subsaharienne", selon Geoff Skingsley, son directeur Afrique-Moyen-Orient.

Le secteur financier n’est pas en reste. Après avoir vu leurs parts de marché fortement rognées ces dernières années, certaines banques françaises, à l’instar de la Société générale, affichent à nouveau leur intérêt pour l’Afrique. Les capitaux investisseurs français, eux aussi, jettent leur dévolu sur le continent. C’est le cas en particulier de Wendel qui consacrera à l’Afrique un tiers des trois milliards d’euros d’investissement en fonds propres qu’il compte réaliser d’ici à 2016, ou encore de PAI dont le premier fonds dédié au continent africain devrait voir le jour l’année prochaine.

Ce qui vaut pour les entreprises du CAC 40, vaut également pour les autres, de taille plus modeste, qui voient en l’Afrique un puissant relais de croissance. C’est le cas notamment du groupe ATR, contrôlé à parité par le Groupe Airbus et l’italien Finmeccanica, pour lequel l’Afrique représente déjà "le marché le plus important avec près de 40 % de (ses) ventes annuelles". Ou encore de Mr. Bricolage qui a conclu, il y a quelques jours, un accord avec la société ivoirienne Yeshi Groupe en vue de développer sous sa propre marque un réseau de magasins en Afrique francophone. On pourrait ainsi multiplier les exemples à l’envie !

Cette frénésie d’Afrique frappe tous les secteurs, sans exception ou presque. Même celui de la presse n’échappe pas à la règle. Le Point vient, avec succès, de lancer sur le web son édition spécialisée "Le Point Afrique". Le Monde devrait lui emboîter le pas prochainement. Dans le secteur de l’audiovisuel, Canal+ a revu à la hausse ses ambitions africaines. Il faut dire que, selon les prévisions, le monde comptera 800 millions de francophones en 2050, dont 80 % d’Africains. Les médias français, tous types confondus, ont donc tout intérêt à fonder leur stratégie de croissance sur une offre destinée aux lecteurs et téléspectateurs africains.

Ce réveil français vis-à-vis de l’Afrique est salutaire, car la croissance économique africaine est bel et bien un phénomène durable, une donnée structurelle. Et, même s’il faut se garder des excès inhérents à tout effet de mode – car, de fait, ç'en est un –, ou encore tomber dans l’afro-euphorie après avoir longtemps versé dans l’afro-pessimisme, on ne peut que se réjouir de ce regain d’intérêt des entreprises françaises pour le continent africain. Ça n’est pas en tout cas l’Institut Montaigne, qui plaide de longue date pour une stratégie de croissance partagée entre l’Afrique et la France (et dont les propositions formulées à cette fin sont plus que jamais d’actualité), qui s’en plaindra !

Aller plus loin :
Afrique-France : mettre en pratique le co-développement - Rapport, décembre 2013
Afrique - France : Réinventer le co-développement - Rapport, juin 2010

 

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