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Forum économique mondial : 7 points essentiels à savoir sur la France

BLOG - 14 février 2018

La Transformation Map française a été co-rédigée par le Forum économique mondial et l’Institut Montaigne.

La France a traditionnellement joué un rôle important sur la scène internationale grâce à son influence politique, économique et culturelle. La question est désormais de savoir si elle pourra ou non assurer une telle position à l'avenir. Le pays fait en effet face à de nombreux défis, que ce soit la montée du populisme en Europe ou la lutte contre le changement climatique. Pour que l’Hexagone puisse affirmer sa position de leader tant au niveau européen qu'international, le gouvernement français doit tirer parti de la croissance économique et surmonter un nombre important de défis internes. L'Institut Montaigne a examiné ces questions cruciales à l’occasion de la rencontre annuelle du Forum économique mondial

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Compétitivité économique

La France est classée 22ème sur 137 économies dans le Global Competitiveness Index 2017-2018 du Forum économique mondial en raison d’infrastructures de bonne qualité, d’un marché important et globalement intégré, d’un climat des affaires et de l’innovation relativement dynamique. Ce classement d’ensemble cache toutefois des réalités éparses, avec de faibles notes du pays pour son environnement macroéconomique (63ème) et une efficacité du marché du travail (56ème) particulièrement préoccupante.

La France est moins compétitive que ses voisins européens tels que l’Allemagne ou l’Italie, ce qui s’explique principalement par un coût élevé de sa main-d'œuvre et un niveau relativement élevé de son imposition qui, conjugués ensemble, dissuadent les entreprises étrangères de s'installer en France.

Pourtant, l'Hexagone dispose de nombreux atouts. Citons par exemple les infrastructures de transport ferroviaire, routier et aérien, de bonne qualité ou une présence de plus en plus importante sur la scène internationale dans le domaine des nouvelles technologies. 

Formation initiale et marché de l’emploi

La France est confrontée à un chômage structurel élevé depuis plus de trois décennies, s’expliquant en partie par une éducation initiale qui peine à préparer efficacement les élèves aux mutations du marché du travail. En témoigne son classement dans le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE : elle est passée de la 14e place en 2000 à la 26e en 2015.

Par ailleurs, la France est le pays de l'OCDE où le statut socio-économique des étudiants a le plus d'impact sur leurs résultats scolaires. S'attaquer aux faiblesses du système éducatif français et introduire des politiques visant à minimiser les effets potentiellement négatifs de l'environnement social des élèves est essentiel pour la cohésion sociale du pays.

Le marché du travail français est critiqué pour sa rigidité, en témoigne la 56ème place du pays dans le Global Competitiveness Index 2017-2018 pour l’efficacité de son marché du travail. Les protections auxquelles les travailleurs ont droit sont attachées à leur statut, plutôt qu'aux individus eux-mêmes, ce qui rigidifie le système et augmente les inégalités entre les insiders - qui bénéficient des protections d'un contrat à durée indéterminée - et les outsiders.

Le gouvernement français a mis en œuvre d’importantes réformes visant à réformer et simplifier le Code du travail en donnant plus de flexibilité aux entreprises. Dans une économie guidée par l'innovation, un autre défi important pour la France est d'aider les travailleurs à s'adapter aux mutations du marché du travail en leur offrant davantage de garanties afin d’anticiper les ruptures.

Cohésion sociale

Selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques du Ministère des Affaires sociales et de la Santé, seuls 25 % des Français considèrent la cohésion sociale du pays comme forte, alors que la grande majorité des enfants immigrés dans le pays ayant obtenu la nationalité française démontre un fort sentiment d’identité nationale. Pourtant, près de la moitié des immigrés de nationalité française et le quart des enfants des immigrés ont l'impression de ne pas être considérés comme français.

En raison des niveaux croissants d’inégalités de richesse et de revenus en France, la mondialisation est de plus en plus perçue comme ne bénéficiant qu'à une minorité, ce qui soulève des inquiétudes quant à une équitable distribution de la richesse produite. Les inégalités économiques croissantes et les possibilités limitées de mobilité sociale ascendante intensifient les tensions communautaires et minent la cohésion sociale du pays.

Lutte contre le changement climatique

La France s'est engagée à encourager la coopération internationale afin d'atteindre l'objectif largement partagé de limiter le réchauffement climatique à moins de 2°C. Le pays est devenu un leader dans la promotion de politiques favorables au climat,  la conférence de Paris sur le changement climatique tenue en 2015 - COP21 - ayant permis aux pays d'adopter le premier accord climatique universel et juridiquement contraignant, considéré comme un succès diplomatique français significatif.

L'économie française n'est pas particulièrement émettrice de carbone et les émissions totales de dioxyde de carbone liées à l'énergie comme les émissions par habitant en France sont relativement faibles par rapport aux autres pays du G20. Cependant, pour atteindre ses objectifs établis dans le cadre de l'accord de Paris et à l’horizon de 2020, la France doit s'engager à mettre en œuvre une réelle politique climatique. Celle-ci viserait à réduire significativement la consommation de combustibles fossiles, ainsi que la consommation d'énergie par habitant.

La France est le pays où la part du nucléaire est la plus importante au monde : 75 % de l'électricité produite dans le pays provient des capacités nucléaires. L'amélioration de l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables seront cruciaux pour réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité.

Préoccupé par l'augmentation des émissions carbonées et la nécessité de sécuriser son alimentation électrique, le gouvernement a prolongé son délai pour réduire la part de l'énergie nucléaire dans le mix électrique à 50 % entre 2030 et 2035.

Sécurité intérieure et étrangère

L'élection du président Emmanuel Macron a renforcé l'influence mondiale de la France, propulsant le pays au sommet de l'indice Soft Power 30 pour 2017. La France joue un rôle de premier plan dans la promotion de la coopération internationale, la défense des valeurs démocratiques à l'étranger et la revendication d’une Europe plus forte et plus unie avec une force de défense et un budget communs.

Domestiquement, les questions de sécurité sont parmi les principales préoccupations des citoyens français. Depuis 2015, la France a été victime sur son sol d'une série d'attentats terroristes. En conséquence, la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme sont au cœur des politiques nationales et étrangères.

Celle-ci doit avoir les moyens de sa régénération, être en mesure d’assumer le coût du dispositif de sécurité ainsi que d’anticiper les investissements nécessaires (le président Macron visant l'objectif de l’Otan d’un effort de défense égal à 2 % du PIB d'ici 2025). 

Réformes européennes

L'alliance franco-allemande a été le moteur historique du projet européen, initiant les réformes nécessaires pour relever les défis auxquels sont confrontées les institutions européennes et la zone euro. Dans un discours prononcé en septembre 2017 à la Sorbonne, le Président Macron a présenté les projets d'une Union européenne renouvelée qui englobe la mondialisation et favorise l'innovation, promeut les intérêts et valeurs européennes et protège les citoyens européens contre les nouvelles menaces de sécurité.

La relance de l’Europe passera par  :

  • un renforcement de la zone euro qui permette d’assurer la cohérence des politiques macroéconomiques et la convergence des économies ;
  • une réponse au décrochage économique de l’Union européenne qui impose  la consolidation du marché unique notamment dans le domaine du numérique  ;
  • la garantie d’assurer la protection des citoyens européens en donnant corps à une politique étrangère ambitieuse .

Crise de la représentation

Comme beaucoup d'autres pays européens, la France a connu une poussée du populisme. Lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, le candidat de gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et son parti La France Insoumise ont obtenu 20 % des suffrages, tandis que la candidate d'extrême droite Marine Le Pen et son parti le Front National en remportaient 21 %, reflétant un désintérêt croissant des électeurs français vis-à-vis de partis traditionnels profondément ébranlés. 

La France souffre d'un déclin général de confiance envers ses institutions. Selon la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol), 89 % des Français ne font pas confiance aux partis politiques (contre 82 % en Europe) et 71 % ne font pas confiance au gouvernement (contre 65 % en Europe).

Selon une étude menée par Ipsos, 29 % des 18-24 ans et 28 % des 25-35 ans en France n’ont pas voté à l'élection présidentielle de 2017. Cependant, le parti La République en Marche est fortement représenté par des députés issus de la société civile à l'Assemblée nationale, ce qui pourrait recréer du lien entre les citoyens et leurs représentants. 

 

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