
"Je peux vous annoncer qu’on portera l’effectif de la police municipale à 400 agents. Sans compter les 50 agents supplémentaires pour la brigade anti-incivilité sur les dépôts d’ordures sauvages, les tags et les infractions routières qui va venir compléter cet effectif"
Source : Actu Lyon
L'Institut Montaigne chiffre le coût de cette proposition à 5,6 M€ par an. Le candidat indique quant à lui un coût de 4,5 M€ sur la même temporalité.
Préoccupation au cœur de la campagne des municipales, la sécurité occupe une part croissante du budget des collectivités. En particulier, les dépenses de polices municipales constituent la principale dépense de fonctionnement des communes en matière de sécurité. Or entre 2017 et 2024, les dépenses de fonctionnement des polices municipales ont augmenté en moyenne de +41 % contre +16 % de croissance pour les dépenses de fonctionnement des autres services publics.
Lyon compte 291 agents de police municipale armés en mai 2025, soit près de 1 policier pour 1 780 habitants. Dans le cadre de la campagne municipale de 2026, l’augmentation des effectifs de police municipale est une proposition présente dans la plupart des programmes des candidats à Lyon. À ce titre, Grégory Doucet promet de porter les effectifs de police municipale à 400 agents et de recruter 50 agents supplémentaires pour la brigade anti-incivilité.
Si sur le plan de la faisabilité, la mesure ne soulève pas d’obstacle juridique particulier, son coût annuel moyen sur le mandat 2026-2032 atteint 5,6 M€, dans l’hypothèse d’une montée en charge progressive des effectifs sur 6 ans. En outre, si l’objectif était atteint, le budget de fonctionnement de 159 policiers et agents de la brigade anti-incivilité supplémentaires représenterait 9,6 M€ par an à partir de 2032, correspondant à 24,7 % du budget sécurité de la Ville de Lyon en 2024.
Contactée, l’équipe de campagne du candidat précise que la brigade anti-incivilités disposerait de missions distinctes et ne serait pas nécessairement composée de policiers municipaux. L’équipe de campagne du candidat indique également que l’effectif actuel de policiers municipaux est de 311 agents. Sur cette base, porter les effectifs à 400 agents nécessiterait donc un recrutement de 89 agents supplémentaires sur 6 ans, ce qui réduirait le coût global chiffré. Faute de données plus récentes publiées par la mairie, nous avons toutefois conservé dans ce chiffrage un nombre initial de 291 agents, soit l’effectif observé en mai 2025.
Coût
estimé
Candidat
4,5 M€
Institut Montaigne
5,6 M€
Temporalité
Par an
Au niveau national, l’État a encouragé le renforcement du rôle des polices municipales, notamment à travers les travaux parlementaires sur la sécurité globale et sur l’élargissement progressif de leurs prérogatives. À ce titre, le Sénat a adopté le 10 février 2026 le projet de loi relatif à l'extension des prérogatives, des moyens, de l'organisation et du contrôle des polices municipales et des gardes champêtres. Ce texte, s’il est adopté par l’Assemblée nationale, pourrait permettre aux policiers municipaux, sur accord du maire, de constater une série de délits comme l’usage de stupéfiants, l’outrage sexiste et sexuel ou le port d’armes blanches, et de procéder à des contrôles d’identité.
Plus largement, cette proposition s’inscrit dans la montée en puissance des politiques de sécurité locale engagées depuis la fin des années 2010, avec l’augmentation des effectifs de police municipale (+ 40 % au niveau national entre 2013 et 2023) et la généralisation progressive de l’armement (58 % des agents disposaient d’une arme de poing en 2023, soit 10 points de plus en 10 ans). Pour autant, cette montée en puissance demeure principalement à la charge financière des collectivités locales : les dispositifs nationaux de soutien (dotations, subventions ciblées) restent limités et ne couvrent qu’une part marginale des coûts de fonctionnement et d’équipement.
En mai 2025, Lyon compte 291 agents de police municipale armés, soit près de 1 policier pour 1 780 habitants. Sur la mandature 2020-2026, le nombre de policiers municipaux a stagné comptant 335 agents en 2020. Le maire sortant s’est toutefois fixé l’objectif d’atteindre 365 agents d’ici la fin du mandat.
La mesure vise donc à renforcer la présence visible et continue de la police municipale sur l’espace public et à améliorer la réactivité face aux incivilités et aux atteintes à la tranquillité publique.
L’augmentation des effectifs de la police municipale ne soulève pas d’obstacle juridique majeur, ces leviers relevant des compétences communales, les principales contraintes étant d’ordre budgétaire, opérationnel et de coordination avec l’État.
Administrativement, les agents de la brigade anti-incivilité sont rattachés à la police municipale lyonnaise. Nous prenons donc l’hypothèse dans ce chiffrage que leur coût de fonctionnement peut être assimilé à celui des policiers municipaux.
Le chiffrage repose sur l’hypothèse d’un recrutement graduel permettant d’augmenter les effectifs de 159 agents pour atteindre 400 policiers municipaux et 50 agents de la brigade anti-incivilité à l’horizon 2032. Cette montée en charge est supposée linéaire sur la période, afin de tenir compte (1) des contraintes de recrutement et de formation, (2) des capacités d’encadrement et d’absorption budgétaire de la Ville et (3) des pratiques observées lors de la montée en charge initiale depuis 2021.
Dans une étude publiée en octobre 2025, l’Observatoire des Finances et de la Gestion publique Locale estime à 60 636€ les dépenses de fonctionnement annuelles par agent de police municipale dans les communes de plus de 100 000 habitants. Ce montant inclut déjà les frais de formation et l’achat d’équipements et des dépenses diverses. Nous considérons qu’il inclut également le coût incrémental d’équipement lié au recrutement des policiers municipaux.
Sur cette hypothèse, recruter 159 agents représente donc une dépense annuelle de fonctionnement supplémentaire de 60 636 * 159 = 69,6 M€.
Faute de précisions, l’évaluation a été réalisée en supposant que le recrutement de 159 agents résultait de la création d’un nombre identique d’emplois, sans redéploiement interne à la collectivité.
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Année |
Recrutement et fonctionnement |
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Année 1 |
1,6 M€ |
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Année 2 |
3,2 M€ |
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Année 3 |
4,8 M€ |
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Année 4 |
6,4 M€ |
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Année 5 |
8,0 M€ |
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Année 6 |
9,6 M€ |
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Coût moyen annuel (sur 6 ans) |
5,6 M€ |
Le recrutement de 159 policiers municipaux et agents de la brigade anti-incivilité sur le mandat représente donc un coût moyen annuel de 5,6 M€.