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Exemple : Education, Europe, Santé

[Sondage] - L'avis des Français sur le pouvoir local et l'Europe face à la crise

BLOG - 7 Mai 2020

Par Institut Montaigne

Tous les mois, l'Institut Elabe interroge les Français pour Les Echos, l'Institut Montaigne et Radio Classique, ce mois-ci la question posée portait sur les Français et les mobilisations sociales.

Les échelons locaux jugés plutôt à la hauteur de la crise contrairement à l’État et à l’UE

Pour la majorité des Français, les communes (66 %), les départements (61 %) et régions (58 %), ont su se montrer à la hauteur de la crise du coronavirus. Un jugement toutefois à nuancer car seule une faible partie d’entre eux les jugent tout à fait à la hauteur (respectivement 18 %, 10 % et 9 %).

L’opinion selon laquelle les pouvoirs locaux ont su assumer leurs responsabilités face à la situation de crise sanitaire actuelle est majoritaire au sein de toutes les catégories de population, et de façon encore plus forte par les 65 ans et plus (respectivement 74 %, 69 % et 67 %), et les habitants des communes urbaines de moins de 20 000 habitants (74 %, 67 % et 62 %). Politiquement, les électeurs d’Emmanuel Macron (77 %, 67 %, 66 %) et de François Fillon (69 %, 71 %, 67 %) ont un jugement plus positif sur les échelons territoriaux.

Si les collectivités locales ont su convaincre, en revanche, l’État n’est perçu comme un acteur à la hauteur de la crise que par 31 % des Français. Les 18-24 ans ont un avis plus positif que leurs aînés puisque 41 % d’entre eux saluent la capacité de l’État à faire face à la crise sanitaire. Politiquement, seul l’électorat d’E. Macron considère que l’État a su se montrer la hauteur de l’évènement (56 %). Les autres électorats sont plus critiques, à l’image de celui de F. Fillon (34 % a été à la hauteur) et de B. Hamon (28 %). Les électeurs de J-L Mélenchon (20 %) et de M. Le Pen (20 %) sont ceux qui portent le regard le plus sévère envers l’État en ces temps de crise.

Les organisations internationales sont jugées sévèrement, puisque seulement 31 % des Français estiment que l’OMS a été à la hauteur de la crise, et à peine 20 % pour l’UE.

  • Pour ces deux acteurs internationaux se fait jour un clivage générationnel entre les 18-24 ans qui ont un regard plus bienveillant (l’OMS 44 %, l’UE 32 % à la hauteur) et les 65 ans et plus ont un regard plus critique (27 %, 12 %)
  • L’électorat d’E. Macron demeure moins critique, à l’égard de ces deux acteurs : 42 % considèrent que l’OMS a été à la hauteur, et 32 % pour l’UE.

 

Une majorité pour un renforcement du pouvoir local

Jugées à la hauteur de la crise sanitaire, 55 % des Français souhaitent le renforcement des pouvoirs des collectivités locales, 38 % pensent qu’elles doivent continuer à avoir autant de pouvoir qu’aujourd’hui. Seuls 7 % souhaitent une réduction de leur pouvoir. Les 65 ans et plus (64 %) sont les plus favorables à une augmentation des pouvoirs des collectivités locales, contrairement aux 18–24 ans, un peu moins convaincus de la nécessité de renforcer cet échelon (45 %).

Les Français sont partagés entre un renforcement des pouvoirs de la France (43 %) et leur maintien au niveau actuel (46 %). 11 % sont favorables à une baisse de ses pouvoirs. Le clivage politique est marqué d’une part entre les électeurs de F. Fillon (53 %) et de M. Le Pen (49 %), davantage convaincus de la nécessité d’un accroissement des pouvoirs de la France, et d’autre part les électeurs d’E. Macron (55 %), de B. Hamon (58 %), et de J-L Mélenchon (51 %) qui, eux, sont favorables au maintien de la situation actuelle.

Les Français sont divisés sur la question européenne : si 44 % des Français souhaitent que l’Union Européenne continue de disposer d’autant de pouvoir qu’aujourd’hui, 38 % souhaitent que ses pouvoirs décroissent, seuls 18 % sont favorables à leur renforcement.

Les catégories socio-économique, qui souhaitent une baisse des pouvoirs de l’UE sont les Français âgés de 50 à 64 ans (50 %), et ceux en situation financière tendue (43 %). Politiquement, cette opinion est particulièrement forte chez les électeurs de M. Le Pen (59 %).

Enfin, l’augmentation des pouvoirs de l’Union Européenne est davantage approuvée par les 18 à 24 ans (27 %) et les électeurs d’E. Macron (24 %).

 

La question européenne divise les Français : 1/3 souhaite plus d’autonomie, 1/3 une coopération limitée à quelques pays européens, 1/3 réclame le renforcement de l’UE

Pour 34 % des Français, la France doit privilégier la coopération avec un nombre limité de pays européens : cette opinion est particulièrement prégnante au sein des catégories sociales supérieures (39 %) ainsi qu’auprès des électeurs de F. Fillon (42 %).

Pour 33 % des Français, la France ne doit compter que sur elle-même : en termes d’âges, cette opinion est particulièrement présente chez les 50-64 ans (38 %). Socio-économiquement, les catégories populaires (46 %), les personnes en situation financière tendue (39 %), et disposant un niveau d’études inférieur au bac (41 %) sont les plus favorables à l’idée d’une "souveraineté" de la France face aux autres pays européens. L’électorat de M. Le Pen (50 %) est le plus largement convaincu par cette idée.

Enfin, 32 % des Français pensent que la France doit chercher à renforcer l’Union européenne. Une majorité relative des 65 ans et plus (38 %) est favorable à une Union européenne fortifiée. Socio-économiquement, les cadres (43 %), les Français disposant d’une situation financière aisée (35 %), et les plus diplômés (46 %) souhaitent que la France œuvre davantage à la consolidation de l’Union européenne. Politiquement, il s’agit d’une idée plus largement partagée par les électorats de B. Hamon (55 %) et d’E. Macron (49 %).

 

La majorité des Français souhaite que les contrôles aux frontières soient maintenus durablement après la crise

55 % des Français souhaitent que les restrictions aux frontières continuent durablement après la crise du coronavirus, 38 % qu’elles restent en place uniquement pendant la crise, 6 % qu’elles soient annulées immédiatement.

En termes d’âge, les plus de 50 ans sont les plus favorables au maintien durable des restrictions aux frontières (62 %). Il s’agit d’une opinion particulièrement partagée au sein des électorats de Marine Le Pen (69 %) et de F. Fillon (68 %).

À l’inverse, ceux qui souhaitent qu’elles restent en place uniquement pendant la crise du coronavirus sont les 18-24 ans (50 %). Socio-économiquement, ce sont les catégories sociales supérieures (46 %) ayant un niveau de diplôme supérieur au bac (43 %) qui pensent que ces restrictions n’ont lieu d’être qu’en temps de crise. Enfin, 63 % des électeurs de B. Hamon et 53 % de ceux d’E. Macron sont favorables à ce que ces restrictions restent uniquement des mesures visant à endiguer la crise sanitaire.

 

Une forte aspiration à "produire" en France

La grande majorité des Français juge utile et souhaite que la France se donne les moyens de produire tout ce dont elle a besoin sur son territoire en matière de santé (85 %), d’alimentation (80 %) et de technologie (62 %). Cette opinion optimiste en faveur du "local" est majoritaire au sein de toutes les catégories de population et de manière plus intense chez les électeurs de F. Fillon (91 % pour la santé), les cadres (88 % pour l’alimentation) et les 50-64 ans (68 % pour les technologies).

Une minorité de Français juge utile de produire localement mais estime qu’on y parviendra pas que ce soit pour le domaine de la santé (14 %), de l’alimentation (17 %) et dans une plus grande ampleur des technologies (33 %).

Enfin, une très faible proportion de Français considère que produire sur son territoire est inutile, que ce soit en matière de santé (1 %), d’alimentation (3 %) ou de technologies (5 %).

 

 

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