Le président de la Corée du Sud Moon Jae-in a décrit la pandémie comme une "course de relais" dans laquelle aucun sud-coréen ne devrait être laissé-pour-compte. D'autres ont utilisé des métaphores naturelles de tempêtes et de vagues. Cela semble simple mais ces métaphores encouragent tout le monde à contribuer à l’effort et elles semblent même avoir aidé le succès électoral de certains : la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a récemment été réélue avec une victoire écrasante ; les élections sud-coréennes en avril ont enregistré un taux de participation très élevé, donnant la victoire au Président sortant Moon.
Il est essentiel de souligner que suivre ces principes est chose aisée. Nous les avons tirés d'une analyse approfondie de neuf démocraties à travers le monde, dont beaucoup les ont mis en œuvre. Il est essentiel que d'autres pays les adoptent, à la fois pour atténuer cette vague de Covid-19, mais aussi pour mieux se préparer à une prochaine pandémie.
Quelles sont les stratégies de communication de crise les plus pertinentes que vous avez repérées au cours de vos recherches ?
Au-delà de nos grands principes, trois stratégies vraiment importantes se démarquent. Premièrement, la rapidité est essentielle. Une autre étude a révélé que plus les autorités ont publié rapidement des consignes sur le Covid-19, moins le public a eu recours à des remèdes préconisés par des sites de désinformation. Il est important de diffuser des informations fiables sur le plus grand nombre de vecteurs possibles, plutôt que d'attendre et de devoir combattre les rumeurs en ligne.
Deuxièmement, les meilleurs communicateurs en matière de santé publique ont construit une relation avec leurs publics. Ils ont cherché à montrer de l'empathie en s’appropriant les difficultés des gens, ont fait preuve de compassion envers les personnes décédées, et ont exprimé leurs propres émotions. Ils n’ont pas cherché de bouc émissaire ou n'ont pas stigmatisé certains groupes de personnes, comme les jeunes. Cela leur a permis de motiver le public à se faire dépister et à participer au traçage des cas contacts.
Troisièmement, ils ont admis leurs erreurs. La Première ministre norvégienne Erna Solberg, par exemple, a admis à la fin de l'été que le confinement était peut-être plus strict que nécessaire. Cela lui a permis de gagner la confiance de la population, car les Norvégiens savaient que Mme Solberg serait capable de reconnaître ses erreurs.
Alors qu'une deuxième vague submerge une grande partie de l'Europe, il serait utile d'envisager un remise à niveau, en revenant à l'essentiel que nous décrivons dans notre rapport et dans les réponses à ces questions. Il ne sera pas facile de rétablir la confiance, mais en attendant des traitements plus efficaces ou un vaccin, la communication est l'une des rares INP qu’il nous reste.
Copyright : William WEST / AFP
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