Le Covid-19 est un révélateur et un accélérateur de l’histoire dans presque tous les domaines. L’épidémie de Coronavirus, et l’une de ses conséquences directes, le confinement, ont renforcé une tendance déjà existante depuis plusieurs années : ne pouvant plus aller dans "les salles obscures", les amoureux d’images, frustrés, se sont consolés en dévorant plus que jamais des séries télévisées.
Les séries ne sont-elles pas devenues un instrument de compréhension unique des émotions (tout particulièrement des peurs) du monde ? "Dis-moi ce que tu regardes, je te dirai qui tu es".
À l’heure de la pandémie, l’Institut Montaigne a choisi de vous guider, de manière très modeste, parfaitement arbitraire aussi, à travers l’univers de quelques séries. Le choix effectué répond à trois critères. Une exigence de qualité, d’abord. Mais aussi une thématique qui s’inscrive dans les préoccupations géopolitiques, politiques, économiques et sociales de l’Institut Montaigne. Enfin, nous en sommes persuadés : "Less is More". Les séries sont chronophages, le choix proposé ici est délibérément restreint.
"Ce que nous vivons aujourd’hui ressemble à de la science-fiction, sauf que c’est du réel" déclarait récemment Robert de Niro à la BBC, à propos de l’épidémie de Covid-19. Les séries télévisées se situent elles aussi souvent entre fiction et réalité.
À vous d’en juger.
Dominique Moisi
Attention, cet article peut dévoiler des éléments clés de l'intrigue.
Il existe a priori peu de points communs entre une série américano-britannique type "biopic" à très gros budget retraçant la vie de la reine Elizabeth II et une série danoise décrivant avec des moyens plus modestes la carrière politique d’une femme libre, énergique et sûre d’elle, arrivant à la fonction de Premier ministre dans une monarchie constitutionnelle scandinave… Et pourtant, The Crown et Borgen sont deux séries plus que complémentaires. Elles décrivent toutes deux sous un jour favorable des héroïnes positives : deux femmes qui font honneur aux fonctions qu’elles exercent, deux femmes qui sont capables à elles seules de donner une légitimité nouvelle à une vie politique si (justement) décriée par ailleurs. Les femmes sont-elles l’avenir de la politique ?
Borgen a posé la question avant qu’un trio de femmes n’exerce une influence déterminante sur l’Europe : Ursula von der Leyen, Christine Lagarde et Angela Merkel. Les deux séries, Borgen plus encore que The Crown, se situent dans la lignée de la série américaine West Wing (en français : À la Maison-Blanche). On est peut-être plus du coté de Corneille, le pouvoir démocratique tel qu’il devrait être, et non pas du côté de Racine : le pouvoir tel qu’il est.
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