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Gilets jaunes : un mouvement inédit mais surestimé ?

BLOG - 10 Décembre 2018

Un mouvement inédit

Il est double, ou plus exactement, il s’agit d’un premier mouvement vite transformé. D’abord un ensemble spontané et coordonné de micro-révoltes locales 2.0 contre la hausse des taxes sur le gazole et l’essence devenues une macro-révolte médiatico-sondagière pour le pouvoir d’achat et contre le pouvoir politique

Pas seulement contre le président de la République… En effet, le discrédit manifesté par les "Gilets jaunes" contre les politiques – ou la politique – touche Macron, c’est la partie émergée de l’iceberg. Il affecte Le Pen ou Mélenchon, qui n’ont pas su se hisser au rang d’alternative crédible et ne sont plus les seuls exutoires de la colère des Français. Trois points pris au RN et trois autres à LFI… c’est la partie immergée de l’iceberg.

Selon un sondage réalisé par IPSOS les 5 et 6 décembre, une éventuelle liste "Gilets jaunes" pourrait être créditée de 12 % si les élections européennes avaient lieu maintenant. Elle ne menacerait pas la liste LREM (21 %), mais disputerait les 2e/3e places au Rassemblement national (14 %) et à Europe Ecologie (13 %), avec LFI loin derrière (9 %).

Le soutien relatif des Français

L’on répète à satiété que le mouvement est soutenu par "les trois quarts des Français", "80 % de l’opinion", etc. En regardant les différents sondages d’un peu plus près, il est possible de tracer toute une gradation dans l’adhésion au mouvement des Gilets jaunes : 

  • 66 % des Français disent éprouver de la sympathie pour le mouvement ou le soutenir (plus de 70 % parfois).
  • 40 % des personnes interrogées disent soutenir le mouvement (lorsque la question distingue, comme il se doit mais n’est en général pas fait, soutien et sympathie). 
  • 20 % des Français disent "nous sommes des Gilets jaunes"
  • 12 % voteraient pour une liste "Gilets jaunes" aux élections européennes. 

Une mobilisation descendante

Il s’agit d’une grande différence avec le mouvement social de 1995 ou la révolte sociétale de mai 1968 – dans les deux cas longtemps ascendants. 

La mobilisation a réuni 285 000 personnes pour la France entière lors du premier samedi, le 17 novembre, 160 000 le 24 novembre, 137 000 le 1er décembre et 126 000 le 8 décembre. Soit, au départ, moins de 0,5 % de la population adulte. Et une baisse, suivie d’une stabilisation malgré le vacarme médiatique et la multitude des soutiens, plus ou moins intéressés. 

Notons au passage que nous sommes très loin des manifestations massives lors des mouvements sociaux de ces dernières années, par exemple contre les réformes des retraites en 2003 (Fillon) et Woerth (2010).

Ces précisions n’ont pas pour objet de sous-estimer ce mouvement mais de rectifier la surestimation dont il est communément l’objet.

 

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