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[Vu d’ailleurs] Retraites : un débat vieux comme le monde ?

ARTICLES - 21 Février 2017

Le système de retraites français fait l'objet de propositions de chacun des candidats à l'élection présidentielle. Si aucun d'entre eux ne remet en cause le modèle ?par répartition', tous prennent position sur les caractéristiques de celui-ci (âge légal de départ, durée de cotisation, revalorisation des pensions, etc.). Tour d'horizon des programmes.

Que proposent les candidats ?

La plupart des candidats souhaitent agir sur l’âge légal de départ à la retraite - c’est-à-dire l’âge à partir duquel l’assuré peut bénéficier d’une retraite à taux plein : tandis que François Fillon souhaite le porter de 62 à 65 ans, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen prônent quant à eux un retour de la retraite à 60 ans. Ce recul de l’âge légal s’accompagnerait d’une réduction des annuités nécessaires (40 ans, soit 160 trimestres, contre 172 à terme suite à la réforme de 2014).

Emmanuel Macron propose de moduler l’âge de départ à la retraite (60, 65 ou 67 ans) en fonction du type d’emploi et des situations personnelles. Enfin, Benoît Hamon, candidat du Parti Socialiste, ne propose pas de modification de l'âge légal.

D’autres paramètres font aussi l’objet de propositions de la part des candidats. François Fillon souhaite calculer la retraite de la fonction publique sur les 25 meilleures années (comme pour le privé), au lieu des 6 derniers mois, et d’intégrer les primes dans le calcul. Benoît Hamon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon proposent une revalorisation des pensions à des degrés divers. François Fillon et Emmanuel Macron souhaitent en finir avec les régimes spéciaux - Emmanuel Macron proposant la création d’un régime universel, issu de la fusion du régime général de la Sécurité sociale et des régimes de la fonction publique.

Que font nos voisins ?

A part l’Allemagne - régime par point - la Suède et l’Italie - comptes notionnels -, nos voisins européens disposent eux aussi d’un système par répartition, avec des règles souvent différentes du modèle français.

Âge légal de départ

Avec un âge légal de départ en retraite de 62 ans, la France se distingue comme l’un des pays ayant les âges d’ouverture des droits à taux plein les plus bas. A titre de comparaison, le débat sur l’âge de la retraite est régulièrement présent à l’étranger, mais la question qui se pose est plutôt de savoir si celui-ci doit être relevé ou non.

Récemment, la banque centrale espagnole a d’ailleurs préconisé un report de l’âge légal de départ à taux plein au-delà des 67 ans déjà en vigueur dans le pays, justifiant sa proposition par la hausse continue de l’espérance de vie, l’entrée plus tardive dans le monde du travail ou encore les moindres exigences physiques de la majorité des emplois.

Au sein de l’OCDE, au 1er janvier 2016, seuls la Suède (61 ans) et le Canada (60 ans) présentent un âge légal de départ en retraite inférieur à celui de la France (61 ans). Le Japon a lui aussi un âge de départ de 60 ans, mais qu’il a repoussé à 65 ans par une réforme récente.

Ensuite, cet âge est de 62 ans aux États-Unis, 65 ans en Belgique et au Royaume-Uni (68 ans à terme pour ce dernier), un peu plus de 65 ans en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas (67 ans à terme dans ces trois pays), 66 ans et 3 mois en Italie (en hausse d’environ un an tous les dix ans, en fonction de l’espérance de vie).

Durée de cotisation

La durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein a elle aussi fait l’objet de nombreux ajustements à l’étranger, visant la plupart du temps à l’allonger. Depuis la réforme de 2014, la durée minimale de cotisation est fixée en France à 43 ans (ou 172 trimestres). Elle se situe désormais dans la moyenne des pays européens : parmi ceux ayant fixé une durée minimum d’assurance plus courte, le Royaume-Uni (30 ans), l’Espagne (35,5 ans) et le Portugal (40 ans) ; elle est en revanche supérieure pour les Autrichiens, les Allemands et les Belges notamment, qui doivent cotiser 45 ans s’ils souhaitent bénéficier d’une retraite à taux plein.

Calcul du montant de la pension

En France, la pension est calculée sur la base du salaire moyen des 25 meilleures années pour le secteur privé, et sur les six derniers mois de salaire pour le secteur public. L’Espagne se fonde sur la même période, tandis que la Belgique prend compte des 45 meilleures années - la totalité de la carrière - pour calculer les pensions. Les régimes allemand, italien et suédois fonctionnent différemment : la pension dépend du nombre de points acquis au cours de la carrière, qui sont ensuite traduits en pension selon le salaire net de l’assuré (en Allemagne comme en Suède) ou selon la valeur du point d’indice (en Italie).

  • Système par répartition : les cotisations, versées par les actifs, sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités. Exemple : France
  • Système en comptes notionnels : un tel régime permet de cumuler un “capital virtuel”, équivalent à l’ensemble des cotisations de l’assuré. Lors du départ en retraite, un coefficient est appliqué pour convertir le capital en pension, en reprenant l’espérance de vie de la génération de l’assuré. Exemple : Suède
  • Système par points : les cotisations sont traduites en “points”, accumulés sur le compte de l’assuré. Ces points deviennent des droits à la retraite une fois modulées par la valeur du ”point d’acquisition”. Ce point est revalorisé chaque année en fonction du contexte économique (évolution du PIB, du salaire moyen). Exemple : Italie.

Pour aller plus loin :

Présidentielle 2017 : le grand décryptage

Vu d’ailleurs - Nucléaire : entre sortie, transition et consolidation

Vu d’ailleurs - Défense : un réinvestissement à l’échelle mondiale ?

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