Aller au contenu principal
Exemple : Education, Europe, Santé

Investir dans l’espace : quels enjeux pour la France et pour l’Europe ?

BLOG - 18 Mai 2016



Invité de Générations d'idées, l'émission de l'Institut Montaigne et de Tilder sur Public Sénat, diffusée dimanche 15 mai 2016, Stéphane Israël, président-directeur général d'Arianespace, a insisté sur l'importance de l'industrie spatiale pour notre pays, notamment pour l'économie. Le spatial offre-t-il de vrais débouchés de croissance économique pour nos sociétés terriennes ? Est-ce un projet fédérateur pour les citoyens français et européens ? Comment créer de nouvelles relations entre le public et le privé dans le secteur spatial ? Réponses en vidéo ou dans notre synthèse.

Alors que les États-Unis consacrent 40 milliards et la Chine 6 milliards de dollars à la politique spatiale, la France y dédie quant à elle 2,713 milliards d’euros, soit 0,1 % de son PIB, selon les chiffres de l’OCDE (2013). Malgré son faible poids dans le PIB, ce montant fait de la France le premier budget européen et le cinquième budget mondial, après les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.

L’espace, un levier inédit pour l’économie ?

En 2014, le marché mondial de la seule industrie aérospatiale était estimé à 477,1 milliards de dollars américains selon les données d’Eurospace. A quelles retombées faut-il s’attendre pour l’économie ? Le spatial offre-t-il de vrais débouchés de croissance et d’innovation pour nos sociétés ?

Pour Stéphane Israël, l’industrie spatiale contribue bien à la croissance économique mondiale. L’entreprise Arianespace, qu’il préside, génère des emplois malgré sa petite taille (350 salariés) dans les lieux où les opérations ont lieu, notamment en Guyane où  le groupe compte 1 700 salariés. Pour la France et l’Europe, Stéphane Israël met en avant des chiffres parlants : l’industrie spatiale représenterait entre 15 000 et 16 000 emplois en France et 350 000 opportunités d’emplois qualifiés en Europe.

Selon les estimations du CNES, avec 20 euros de retombées économiques pour chaque euro investi, l’industrie spatiale serait tout à fait bénéfique à l'industrie et à l’économie en général. Puisque l’espace rapporte, on voit la part du privé s’accroître avec davantage d’investisseurs privés intéressés, dont la figure la plus emblématique est incarnée par Elon Musk, entrepreneur milliardaire dont le rêve est de pouvoir atterrir sur Mars.

Un investissement utile à tous les citoyens

Si l’espace peut fasciner et incarner le rêve d’une génération, la conquête spatiale est aussi utile à l’amélioration de la vie sur Terre. Les satellites permettent de diffuser les images de nos télévisions, de mettre à jour nos GPS, d’effectuer des prévisions météo… autant d’exemples qui font partie du quotidien de milliards de terriens.

L’espace est également clé pour la lutte globale contre le réchauffement climatique, ainsi, certains satellites dont les missions sont organisées par le secteur public – c’est le cas par exemple du programme Copernicus, financé par la Commission européenne – sont capables de surveiller des forêts et autres végétations afin d’intervenir au mieux en cas de catastrophe naturelle. Deux projets de satellites en particulier s’intéressent à la question du climat : MicroCarb, un projet du Centre national d’études spatiales (CNES) qui prévoit le lancement d'un microsatellite dès 2020 et qui permettra de mesurer la teneur en CO2 sur l’ensemble de la colonne atmosphérique, et le satellite franco-allemand Merlin qui surveillera, grâce à des tirs lasers, la concentration de méthane dans l'atmosphère et d'identifier ses sources d'émission. Tous deux ont été présentés à l’occasion de la COP 21 en décembre 2015 à Paris.

De plus, la recherche dédiée aux technologies de l’espace est parfaitement utile pour le développement d’autres secteurs d’ingénierie, notamment l’aéronautique civile. Cet approfondissement de notre connaissance de l’univers est essentiel pour la science : il permet de mettre en place des technologies de pointe capables de surveiller la Terre et son environnement spatial immédiat, ainsi que le système solaire.

Un enjeu de souveraineté à l’échelle européenne

Une dimension européenne existe dans le monde de l’espace : l’Europe dispose notamment d’une Agence Spatiale Européenne (ESA), créée en 1975 et dotée d’un budget annuel de 5 milliards d’euros, qui permet la coordination d’une vingtaine de pays européens pour l’organisation de leurs projets spatiaux.

La Commission européenne est elle aussi impliquée dans des projets spatiaux d’ampleur. Le système Galiléo, projet européen initié en 1991 et dont le déploiement s’achèvera en 2020, doit permettre à l’Europe de retrouver de l’autonomie vis-à-vis des Etats-Unis et du système GPS mis au point dans les années 1970 par le Département de la défense américain. Malgré de nombreuses critiques dues aux retards et surcoûts de Galiléo, ce type de projet permet de créer de l’autonomie et de l’indépendance pour les européens, qui font face à un enjeu de souveraineté face au géant américain.

En effet, cette coopération entre pays phares de l’Union européenne est plus que jamais nécessaire, quelques mois après la promulgation en novembre 2015 d’une loi américaine baptisée Space Act, qui autorise les entreprises des Etats-Unis à exploiter les ressources minières de l'espace. Un exemple mis en avant par Stéphane Israël est celui de la production par Arianespace depuis 2012 du lanceur Vega, pour laquelle Français et Italiens collaborent.

 

Ajouter un commentaire

Commentaire

  • Balises HTML autorisées : <a href hreflang> <em> <strong> <cite> <blockquote cite> <code> <ul type> <ol start type='1 A I'> <li> <dl> <dt> <dd> <h2 id='jump-*'> <h3 id> <h4 id> <h5 id> <h6 id>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et les adresses courriel se transforment en liens automatiquement.
  • Seules les images hébergées sur ce site peuvent être placées dans une balise <img>.

Envoyer cette page par email

L'adresse email du destinataire n'est pas valide
Institut Montaigne
59, rue la Boétie 75008 Paris

© Institut Montaigne 2017