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La France, terre d’accueil ? Conséquences politiques et économiques du phénomène migratoire

BLOG - 25 Février 2016



Invitée de Générations d'idées, la nouvelle émission de l'Institut Montaigne et de Tilder sur Public Sénat, lancée le dimanche 21 février, Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde, a plaidé pour une réponse humanitaire globale à l'afflux de migrants qui arrivent en Europe ? approche qu'elle juge essentielle et très urgente. Laurent Bigorgne, en deuxième partie de l'émission, a suscité un débat sur les conséquences économiques et politiques du phénomène migratoire.

Trois millions de migrants arriveront en Europe d’ici à 2017… C’est l’estimation de la Commission européenne début novembre 2015. Alors que les effets de la crise migratoire n’avaient jamais été évalués à un tel niveau, plusieurs questions se posent.

Un défi politique hors de notre portée ?

Le premier Ministre Manuel Valls a récemment exprimé ses doutes sur la capacité d’accueil de la France lors d’un déplacement en mi-février en Allemagne, seulement quelques mois après l’accord franco-allemand sur la relocalisation de 160.000 personnes, dont l’objectif n’a pas encore été atteint. Françoise Sivignon, présidente de Médecins du Monde, dénonce ce manque de décision et d’ambition politiques.

Laurent Bigorgne a interrogé Françoise Sivignon sur la pédagogie dont devront faire preuve les responsables politiques et notamment les candidats à l’élection présidentielle de 2017. D’après cette dernière, cet effort n’a pas été amorcé, mais il est encore temps de contrer la "rhétorique de crispation, de dénonciation et de stigmatisation" qu’on voit s’intensifier en France et partout en Europe.

Coût économique insurmontable ou opportunité économique ?

Plusieurs études récentes se sont intéressées au coût comme à l’apport économique et social d’une personne qui migre. Le coût de la migration en Allemagne a été évalué par le Cologne Institute for Economic Research dans une étude en date du 1er février 2016 à 15.000 € par an par réfugié pour les biens primaires et les cours de langues. Au total, 50 milliards € pour les deux années 2016 et 2017 seraient à prévoir pour leur intégration. Cela représente environ deux points du PIB allemand, coût que Laurent Bigorgne qualifie d’"important, mais soutenable".

La rigueur économique conduit à considérer également ce que la présence des migrants peut apporter à l’Europe. Celle-ci peut en effet créer un surcroît de richesses dans les pays. D’après le FMI, l’Europe pourrait voir sa croissance bénéficier de l’arrivée des migrants d’ici à 2017, avec 0,13 % de PIB (The Refugee Surge in Europe: Economic Challenges, 20 janvier 2016). Pour la Suède et l’Autriche, terres d’accueil pour un grand nombre de réfugiés, on parle de 0,4 et 0,5 point de PIB environ.

Quelles réponses apporter ?


En matière d’intégration, "il reste des efforts considérables à faire", s’inquiète Françoise Sivignon. Ce constat est partagé aussi bien dans le débat public en France que dans la presse internationale. Les moyens pour réussir l’intégration des réfugiés ne font pas l’unanimité.

Certaines réponses concrètes existent pourtant. Les conditions d’intégration des réfugiés ont été évaluées par l’OCDE et le UNHCR dans leur rapport Making Integration Work, publié le 28 janvier 2016 : les cours de langue, les services de soutien et d’intégration et une entrée sur le marché de l’emploi la plus rapide possible sont autant d’éléments qui contribueront à une intégration réussie des nouveaux arrivants.

Un défi pour l’Europe ?

La crise migratoire a suscité un grand débat autour de la fermeture ou non des frontières des pays européens. Depuis 1999, l’espace dit "Schengen" permet à tout individu, même provenant d’un pays qui n’en est pas membre, de circuler librement au sein de la zone. Va-t-on assister à la fin de cet accord ?

Dans une étude publiée le 3 février 2016, France Stratégie estime l’impact économique de la fin des accords de Schengen à 13 milliards € à l’horizon 2025 pour la France, soit 0,5 point de PIB. Les flux touristiques pourraient baisser de 5 % et les 350.000 travailleurs frontaliers français perdraient du temps lors de leurs déplacements. D’après l’étude, la généralisation des contrôles permanents serait équivalente à une taxe de 3 % sur le commerce entre les pays de l’espace Schengen.

A titre indicatif, entre le Danemark et la Suède, au pont Øresund qui relie Copenhague et Malmö, les frontaliers mettent parfois le double du temps de leur trajet habituel depuis la réintroduction de contrôles d’identité le 4 janvier 2016.

Une semaine après le Conseil européen des 18 et 19 janvier 2016 au cours duquel les chefs d’État européens ont longuement discuté de la crise migratoire, la fermeture des frontières est plus que jamais une grande préoccupation pour les européens.

La société française est-elle prête à faire des efforts pour accueillir les migrants et est-elle en situation de le faire ? La France est-elle toujours une terre d’accueil ? Découvrez les réponses et les débats en vidéo.

 

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