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L’alliance tant désirée de GDF et Suez

Analyses - 4 Juin 2008

La voie semble enfin libre pour une fusion entre les 2 groupes qui devrait être officielle dans les prochaines semaines. Enfin, car cette union n'aura pas, loin de là, été sans heurts'

Histoires d’oppositions
De cette fusion entre Suez et Gaz de France, il est question depuis ce jour de février 2006 où Dominique de Villepin, alors Premier ministre, a décidé de sauver Suez des griffes de l'italien Enel. Depuis, les opposants se sont bousculés au portillon. Il y d’abord eu les laissés-pour-compte de l'union (EDF, Enel, etc.) qui tentaient de profiter du trouble politique engendré. A Gauche, l'opposition a essayé de faire capoter la fusion - et la privatisation de Gaz de France qui va avec - en s’appuyant sur les syndicats et à coups de milliers d'amendements au Parlement. Mais à Droite aussi, les élus hostiles à l’opération ont été légion et restent encore nombreux aujourd’hui. Nicolas Sarkozy lui-même a d’ailleurs, un temps, été tenté par la solution alternative d'un mariage avec l'algérien Sonatrach.…

Composer avec des données complexes
La fusion actée, un certain nombre de questions restent encore en suspens. D'abord il ne sera pas simple de faire travailler ensemble plusieurs cultures différentes : d'une part, la belge et la française ; d'autre part, la publique et la privée. Ensuite, sur le plan social, il va falloir détricoter EDF-GDF Services, ce qui aura un coût et sera socialement compliqué. Last but not least, il ne sera pas évident de gérer ce nouvel ensemble de nature hybride. Car si GDF est de fait privatisé par le biais de la fusion, Suez est, pour sa part, partiellement nationalisé puisque l'Etat contrôlera 35 % du capital, ce qui n’enthousiasme pas tous les actionnaires du Suez privé…

Champion français de l’énergie
Cela dit, nous assistons à la naissance d’un nouveau champion français de l’énergie. En effet, le nouvel ensemble, pesant 72 milliards d'euros de chiffre d’affaires, se situera au 4ème rang mondial et prendra place aux côtés de nos autres porte-étendards que sont EDF, Total et Areva. Mine de rien, l’énergie devient un secteur-force de notre économie.

Union dans la politique énergétique
Si nos partenaires européens perçoivent d’un mauvais œil le fait de nous voir rejouer le sketch du patriotisme économique (je songe en particulier aux Allemands et aux Italiens) et notre indécrottable colbertisme qui nous a une fois de plus conduits à jouer au mécano industriel, le résultat demeure probant. Il me semble toutefois que cette réussite ne doit pas nous dispenser de voir plus loin et de s’engager dans une nouvelle étape en matière de politique de l’énergie, mais cette fois-ci dans un cadre plus européen et moins franco-français pour peser vraiment face aux pays producteurs…

Coordination face aux producteurs
A l’Institut Montaigne, nous plaidons depuis longtemps pour que les 27 Etats de l’Union s’interdisent toute négociation bilatérale avec les pays producteurs notamment avec la Russie mais aussi avec l’Algérie, ou tout au moins pour qu’une coordination préalable des positions européenne ait lieu avant toute négociation bilatérale. L’idée serait de faire en sorte que les pays européens, et par conséquent leurs entreprises nationales, soient solidaires entre eux face aux pays producteurs alors qu’aujourd’hui, les producteurs jouent souvent sur les divisions entre pays européens (France, Allemagne, Angleterre, Italie) pour faire prévaloir leurs propres intérêts.

Demain, l’OPEP du gaz
S’agissant du gaz en particulier, quelle que soit la taille des entreprises françaises, allemandes ou autres, des positions communes doivent être prises en Europe, surtout à l’heure où il est question d’une éventuelle OPEP du Gaz. Même si on s’appelle GDF-SUEZ et qu’on est le 4ème mondial, seul, on ne fait malheureusement pas le poids ! Il faut donc que nous nous obligions collectivement à passer à l’échelon supérieur pour rétablir une forme d’équilibre, et ce dans notre intérêt commun, dans notre intérêt à tous.

 

  • Commentaires
    Commentaires
    ven 13/06/2008 - 16:33 Par Kermitte

    Je regrette pour moi que cette fusion ait été retardée de deux ans pour de basses considérations politico-syndicales d'une part, et la mise en bourse de Suez Environnement qui va fragiliser ce pôle qui aurait besoin de stabilité pour faire une croissance rentable raisonnablement rapidement.


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