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Rentrée scolaire : une année de consolidation des réformes déjà engagées

ARTICLES - 31 Août 2021

En 2017, à peine nommé ministre de l’Éducation nationale, Jean Michel Blanquer instaurait le principe d’une rentrée scolaire en musique afin de commencer l’année sous le signe de la joie. Quatre ans plus tard, éruption pandémique oblige, le ministre de l’Éducation nationale se doit avant tout de rassurer. De réformateur enthousiaste et informé, Jean-Michel Blanquer à dû se muer en gestionnaire du quotidien, navigant presque à vue, au gré des mutations perpétuelles d’une crise sans précédent.
 
Mais la rentrée scolaire aura bien lieu ! Les 2 et 3 septembre prochains, 13 millions d’élèves, accueillis par plus d’1 million d’enseignants et personnels de l’Éducation nationale, franchiront les portes de plus de 61 000 établissements scolaires sur l’ensemble du territoire métropolitain et d’Outre-mer.
 
L’absence d’obligation du pass sanitaire dans les écoles et la mise en place de campagnes de vaccination, organisées dès la rentrée scolaire dans les établissements, ont été annoncées par le Président de la République lui-même.
 
La doctrine gouvernementale, feuille de route du ministre dès avant l’allocution du Président de la République du 14 octobre 2020, est inchangée : les établissements scolaires doivent rester ouverts. Et nous pouvons nous réjouir que l’accès à l’instruction soit ainsi sanctuarisé, comme un principe prééminent de la République. Existe-t-il plus belle preuve de l’importance accordée par la nation au travail des enseignants ?
 
Après près de deux ans de pandémie, l’incertitude sur l’évolution sanitaire et la perspective de l’élection présidentielle à venir contrecarrent toute velléité de réforme ambitieuse cette année. L’année 2021-2022 sera donc une année de consolidation des réformes déjà engagées. La réforme du lycée général et technologique s'enrichira d'une spécialité éducation physique et culture sportives. La mise en œuvre du plan mathématiques - qui fait suite à la contre-performance inquiétante des élèves français à la dernière évaluation internationale Timss - s’intensifiera au collège et au lycée par le développement des laboratoires de mathématiques.

Après près de deux ans de pandémie, l’incertitude sur l’évolution sanitaire et la perspective de l’élection présidentielle à venir contrecarrent toute velléité de réforme ambitieuse cette année.

Le dédoublement des classes se poursuivra en grande section de maternelle dans les zones d’éducation prioritaire tandis qu’hors éducation prioritaire, les effectifs des mêmes classes seront plafonnés à 24 élèves sur l’ensemble du territoire. Enfin, la tenue des évaluations nationales de début CP, mi-CP, CE1, 6ème, CAP et 2nde permettront, grâce à quatre années de recul, de mieux identifier les forces et les fragilités des élèves pour adapter l’enseignement dispensé. La rapidité d’exécution des différentes réformes structurelles initiées en début de quinquennat - dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaires, réforme du lycée et du baccalauréat - aurait pu permettre la mise en œuvre de nouvelles mesures dès cette année.

Mais la crise mobilise toute l’attention et l’engagement politique. Pourtant, n’en doutons pas, face à certaines des contre-performances de notre système éducatif et pour lutter contre le déterminisme social qui le caractérise, des évolutions majeures devront encore être engagées. 

Le retard pris dans le numérique éducatif mis en lumière par la crise sanitaire doit être au plus vité résorbé. L’effort de formation est immense pour répondre aux besoins de milliers d’enseignants qui se sont trouvés totalement dépourvus pour organiser un enseignement à distance. Par ailleurs, une véritable politique du numérique éducatif ne pourra se limiter durablement au seul équipement en matériel des établissements et des élèves. L’instauration d’un enseignement progressif du maniement des outils informatiques devra faire l’objet d’un parcours progressif de l’école élémentaire à la classe de terminale.

Ensuite, l’opposition stérile entre injonction et liberté pédagogiques doit cesser. Seuls les résultats de la recherche expérimentale doivent inspirer les principes et techniques utilisés au sein des salles de classe. Jean-Michel Blanquer a fait le pari de la science, à travers l’installation d’un conseil scientifique au sein du ministère, présidé par Stanislas Dehaene, et c’est une référence pour notre système éducatif. C’est à construire un véritable pont entre l’enseignant et les résultats utiles pour sa pratique quotidienne, dès la formation initiale et tout au long de sa carrière, que doit œuvrer notre pays pour se hisser au rang des systèmes éducatifs les plus performants.

L’instauration d’un enseignement progressif du maniement des outils informatiques devra faire l’objet d’un parcours progressif de l’école élémentaire à la classe de terminale.

Une évaluation plus fine de notre école sera également indispensable pour en améliorer les résultats. Chaque enseignant, chaque école et chaque établissement doivent être en mesure d’évaluer leur action grâce à la mise à disposition d’outils appropriés. Tel est l’important chantier qui a été engagé durant ce quinquennat. L’instauration des évaluations standardisées dans les premières années de chaque niveau d’éducation (CP, 6ème, 2nde) et l’instauration du conseil de l’évaluation de l’école (CEE) constituent de premiers jalons. Au-delà, les évaluations au sein des classes devront s’intensifier et le CEE devra évoluer vers un modèle plus indépendant avec une publication systématique des rapports d’évaluation des écoles et des établissements.
 
Enfin, dans la continuité de la réforme du lycée, une réforme ambitieuse du collège devra certainement être engagée afin de mieux prendre en compte la diversité des profils des élèves et de répondre à l’hétérogénéité des niveaux.

 

Avec l'aimable autorisation du JDD (publié le 26/08/2021)


Copyright : Philippe LOPEZ / AFP

 

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