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L’étonnant voyage de Donald Trump en Asie

ARTICLES - 16 Novembre 2017

Le déplacement du président américain en Asie était attendu, non sans une certaine inquiétude, par les pays de la région et à Washington. À l’issue d’une tournée qui l’a mené au Japon, en Corée du Sud, en Chine, au Vietnam et aux Philippines, l’entourage du Président ne cache pas son soulagement que Donald Trump s’en soit finalement tenu au script préparé par ses collaborateurs.

Pourtant, les discours du chef de l’exécutif sur la question commerciale - l’une des plus sensibles entre les États-Unis et nombre de pays asiatiques qui jouissent d’un excédent bilatéral - ont semé le trouble chez ses interlocuteurs.

Contrairement à ses interventions intempestives pendant la campagne électorale, où les grandes puissances asiatiques (Japon, Corée du Sud, Chine) en prenaient pour leur grade, Trump a évité de s’attaquer aux "injustices commerciales" assénées à l’Amérique. Même la Chine a été relativement épargnée. "Il est normal que la Chine défende ses intérêts", a-t-il dit en substance.

Bluffé par l’accueil à la Cité interdite, à Pékin, il a rendu hommage à son hôte chinois Xi Jinping. Au lieu d’accuser la Chine de pratiques commerciales déloyales, il a dénoncé "les erreurs des précédentes administrations américaines". Au Vietnam, il a répété ces propos devant le sommet économique Asie-Pacifique. "Nous n’allons plus laisser les autres pays profiter des États-Unis, et je suppose que vos pays agissent de même."

Des relations bilatérales renforcées

Il est difficile de calculer ce que les États-Unis ont obtenu de manière tangible en échange de ces propos amènes. Sur le dossier nord-coréen, le seul progrès est le renforcement de la coopération avec Séoul. En Chine, sur les 250 milliards de dollars "d’accords économiques", la plupart sont des lettres d’intention ou la confirmation de contrats déjà évoqués dans l’énergie ou les transports aériens.

En revanche, l’ouverture du secteur financier chinois est une vraie nouvelle. Désormais, les étrangers seront en mesure de prendre des participations majoritaires dans des banques et sociétés d’investissement chinoises. Mais Pékin a habilement attendu le départ de Trump pour annoncer ces mesures.

Sur le plan politique, on notera que le président américain a repris à son compte l’expression "Indo-Pacifique" évoquée par son secrétaire d’État Rex Tillerson. "L’Indo-Pacifique", une région qui inclut l’Inde et le Japon, les deux rivaux de la Chine. À eux deux, et avec l’aide des États-Unis, ils sont en mesure de faire concurrence à cette dernière.

Du point de vue américain, l’Asie reste une priorité. Mais début 2017, le nouveau Président avait pris la décision de sortir les États-Unis du Traité Trans pacifique (TPP) qui permettait d’asseoir la présence américaine dans une région inquiète de la montée en puissance chinoise. Du coup, les onze pays membres du TPP ont décidé d’aller de l’avant sans l’Amérique.

Avec Trump, les perspectives d’une stratégie globale semblent s’éloignerau profit de relations bilatérales renforcées. Pendant ce temps, Xi Jinping a beau jeu de tenir un discours favorable à la mondialisation, au libre-échange et au respect de l’accord de Paris sur le climat… Également dénoncé par le président américain.

 

Avec l'aimable autorisation de Ouest-France (publié le 15 novembre).

 

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