Notre démarche

Depuis huit ans, lors des grands rendez-vous électoraux de notre pays, l’Institut Montaigne conduit des évaluations des programmes des principaux candidats à destination des citoyens et des acteurs politiques et économiques. Après le fort intérêt suscité par l’opération menée lors des élections municipales de 2014, l’Institut Montaigne a choisi de reconduire cette initiative à l’occasion des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2020.

L’Institut Montaigne propose, pour les onze plus grandes villes françaises (Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse), une analyse en deux temps :

  • dans un premier temps, un panorama financier et qualitatif (à travers six thématiques) de la situation de chaque ville ;
  • dans un second temps, quelques semaines avant le scrutin, un examen des programmes des principales listes candidates et un chiffrage de certaines mesures, parfois complété par une analyse en matière d’impact environnemental.

Ce temps fort de notre démocratie sera aussi l’occasion de désigner les élus des intercommunalités. Dans ce contexte, est également étudiée la situation de la structure intercommunale à laquelle chaque commune appartient. L’imbrication des compétences, des financements mais aussi de la portée des projets politiques entre communes et intercommunalités conditionne le développement de ces villes, comme la faisabilité des programmes des candidats, et invite à une approche globale des enjeux métropolitains pour une meilleure compréhension de ces derniers par les électeurs.

Objectifs de l’opération

  • Confronter la parole et l’action politiques aux réalités budgétaires de la gestion administrative d’une ville, en incitant les candidats et les partis à davantage d'objectivité, de responsabilité et de transparence dans leurs engagements électoraux.
  • Apporter des éléments au débat démocratique, en mettant à la disposition des électeurs, du monde académique, des experts et des médias une cartographie du budget des grandes villes, des éléments d’analyse de politiques publiques et un recensement des arguments avancés pour chaque proposition électorale.
  • Sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux financiers et budgétaires, puisque la gestion financière des villes va continuer d’évoluer dans la contrainte, notamment du fait de la nécessaire contribution des collectivités à la maîtrise globale des finances publiques. Cette réalité doit être prise en compte à l’heure des élections.
  • Éclairer les électeurs sur l’impact environnemental des propositions, avec la conviction qu’il doit pouvoir être discuté, à la fois pour que l’action publique locale se mette au service des engagements de la France en la matière et pour qu’elle réponde aux préoccupations des citoyens, majoritairement marquées par les enjeux d’environnement et de mobilité.

Nos principes directeurs

  • Une exigence de qualité maximale : pour cette opération, l’Institut Montaigne travaille avec une équipe de 23 chiffreurs, tous experts des finances et des politiques publiques, répartis par ville et par thématique, et pilotés par une équipe cœur de trois autres experts. Celle-ci veille au bon respect de la méthodologie adoptée et à l’harmonisation des travaux confiés aux 23 chiffreurs. Nos procédures successives de validation et la collégialité de nos travaux garantissent la qualité des analyses et des chiffrages fournis.
  • La neutralité absolue de l'équipe des chiffreurs : notre opération couvre l'amplitude du champ politique et tous les experts impliqués s’engagent à travailler dans la plus complète objectivité.
  • L’interaction au cœur de notre démarche : il est important qu'un dialogue s'engage pour permettre aux candidats de préciser les chiffrages, de faire valoir un droit de réponse ou de s'exprimer sur les chiffrages de leurs concurrents. Toutes les informations transmises par les équipes de campagne seront étudiées dans le courant du mois de janvier et les chiffrages ont ainsi vocation à être précisés ou amendés si besoin, au fil des échanges avec les équipes de campagne.
  • La transparence des analyses et des calculs : l'équipe ne travaille qu’avec des données publiques et nos sources sont systématiquement précisées. Tous les éléments de chiffrage sont donc accessibles et vérifiables en ligne.
  • La conciliation entre pédagogie et rigueur : des analyses synthétiques des bilans financiers et thématiques de chaque ville, ainsi que des propositions de chaque candidat sont proposées. Un deuxième niveau de lecture est également rendu possible par la mise à disposition d’analyses plus détaillées.
  • Une évaluation chiffrée des propositions des candidats fondée sur un souci de précision : les effets indirects ou trop incertains des mesures contenues dans les programmes ne sont pas pris en compte.

Les bilans de santé financière et les bilans thématiques : notre méthode

Pour envisager l’avenir, il convient d’abord de bien connaître le passé récent et le présent et d'offrir aux citoyens les bonnes clefs de lecture pour l’appréhension des programmes des listes candidates. C’est pourquoi la première phase de cette opération offre une photographie de la situation de chacune des villes étudiées, à travers un bilan de sa santé financière et de celle de l’intercommunalité, fondé sur des indicateurs objectifs et neutres, étudiés pour les périodes 2008-2014 et 2014-2018. Ce volet financier est complété par un bilan davantage qualitatif, à travers six thématiques (transports et mobilités, urbanisme et logement, politiques sociales et éducation, sécurité, culture, sport et tourisme, démocratie et vie locale) et une trentaine d’indicateurs explorés pour chaque ville. Puisque l’Institut Montaigne est convaincu que la dimension environnementale doit désormais être prise en compte pour toute politique publique, elle est particulièrement soulignée dans l’analyse de certaines thématiques (mobilités, urbanisme…).

Principes méthodologiques guidant nos analyses :
  • Une approche générale pédagogique : les bilans de santé financière présentent la situation des principaux paramètres financiers de chaque ville, parmi lesquels le budget et les dépenses de la commune, les principales recettes (impôts locaux, dotations de l’Etat), le niveau de son endettement, les liens financiers entre la ville et l’intercommunalité et l’évolution sur dix ans de quelques variables budgétaires clés. Le bilan de santé ne constitue pas une analyse technique des comptes de la ville, mais une présentation pédagogique des grands paramètres qui seront gérés par le prochain conseil municipal.
  • La question de la comparabilité des bilans : comparer la situation financière des 11 villes peut s’avérer délicat. Elles n’ont pas la même population, pas la même richesse en matière de tissu fiscal et pas les mêmes compétences, en fonction du statut des collectivités. Les rapports entre la commune et la structure intercommunale sont fonction de choix locaux. Sous toutes ces réserves, l’analyse des grands paramètres financiers rapportés à un ratio par habitant permet de situer la position relative de la ville.
  • Une nécessaire prudence analytique : l’évolution des grands paramètres financiers sur la période 2014-2018 doit être considérée avec discernement, l’équipe municipale sortante ayant également adopté un budget pour l’année 2019, budget pour lequel nous ne disposons pas encore de données définitives. Les dépenses d’investissement des villes sont par nature volatiles et la comparaison entre l’année 2014 et l’année 2018 n’est pas, en cela, nécessairement significative.
  • Des sources accessibles au public : les bilans de santé financière reposent exclusivement sur des données publiques. Les chiffres proviennent des données comptables centralisées par le ministère de l’Economie et des Finances, ainsi que de documents budgétaires de la ville. Toutes les informations brutes sur la commune sont disponibles sur le site www.collectivites-locales.gouv.fr.

L’analyse des programmes proposés : notre méthode

  • Se concentrer sur les listes candidates susceptibles d’être retenues pour le second tour : L’Institut Montaigne n’a pas pour ambition d’analyser l’ensemble des programmes présentés par chacune des listes candidates. Dès lors, sera décidée, sur la base des dépôts de listes définitifs, une méthodologie de sélection des programmes étudiés qui sera explicitée sur le site de l’opération. Cette méthodologie permettra par ailleurs de limiter le nombre de propositions examinées.
  • Pour les propositions qui bénéficieront d’un chiffrage, privilégier (1) les plus importantes d’un point de vue budgétaire, (2) les plus importantes d’un point de vue environnemental ou du point de vue de leur impact dans le débat de la campagne, (3) tout en garantissant une certaine représentativité des programmes des candidats et des thématiques qui marqueront la campagne dans chaque ville. Là encore, notre démarche ne vise pas l’exhaustivité, mais la bonne représentation des engagements et des principaux thèmes de campagne, grâce à trois niveaux d’analyse :
    • au nom du respect de la portée de chacun des programmes, toutes les mesures proposées par les listes candidates seront a minima indiquées sur le site de l’Institut Montaigne ;
    • certaines mesures (dont l’impact financier ou environnemental ne sera pas forcément notable) bénéficieront d’une présentation plus détaillée, offrant par exemple une précision juridique supplémentaire ;
      enfin, plus de 200 mesures bénéficieront d’un chiffrage permettant de mesurer leur impact budgétaire (et, pour certaines, leur impact environnemental). Elles auront été sélectionnées par leur importance et pour garantir une représentation équitable entre les listes candidates, au service de la comparabilité des programmes.
  • Offrir, pour les propositions pour lesquelles cela est le plus pertinent, une appréciation environnementale : l’analyse de l’impact environnemental des propositions des candidats est une attente majeure de nos concitoyens. Par conséquent, l’Institut à fait évoluer son dispositif par rapport aux élections municipales de 2014 et proposera, dans lorsque cela sera pertinent, une analyse détaillée de l’impact environnemental d’une proposition.

L’Institut Montaigne : un think tank indépendant

Association à but non lucratif créée en 2000, l'Institut Montaigne est une plateforme de réflexion, de propositions et d’expérimentations consacrée aux politiques publiques en France et en Europe. Il élabore des propositions concrètes autour de quatre axes de politiques publiques : action publique, cohésion sociale, compétitivité et finances publiques.

Adressés aux pouvoirs publics, ses travaux sont le fruit d'une méthode d'analyse et de recherche ouverte sur les comparaisons internationales, rigoureuse et critique. L’Institut Montaigne réunit des universitaires, des chefs d'entreprise, des hauts fonctionnaires et des personnalités issues d’horizons très divers. Ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d’un budget annuel de 6 millions d’euros (2019).

Engagé pour la vigueur de notre vie démocratique, l’Institut s’est fortement mobilisé à l’occasion des dernières campagnes électorales, en témoignent nos différentes opérations de chiffrage :