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Travail en prison : échanges avec Yaël Braun-Pivet, Jean-Marie Delarue et Nicolas de Tavernost

26 Mars 2018

Le lundi 26 mars, l’Institut Montaigne recevait Yaël Braun-Pivet, députée, présidente de la Commission des Lois, Nicolas de Tavernost, président du directoire du Groupe M6 et Jean-Marie Delarue, ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté pour un échange autour du rapport Travail en prison : préparer (vraiment) l’après, paru en février dernier. Les échanges étaient animés par Blanche Leridon, responsable des opérations à l’Institut Montaigne.

 

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Retrouvez les quatre points à retenir de cette matinée.

1. La question carcérale connaît aujourd’hui un nouvel élan

Le discours d’Emmanuel Macron à l’ENAP (école nationale d’administration pénitentiaire) et sa visite de la prison de Fresnes au début du mois de mars marquent un tournant dans l’appréhension de la question carcérale. Ce changement, qui intervient après la grève des surveillants pénitentiaires de janvier, concerne également les Parlementaires, qui, dès septembre 2017, s’étaient rendus en détention pour des visites surprises d’établissements. Il en est ressorti un élément fort, mis en évidence par la présidente de la Commission des Lois : la thématique carcérale a été abordée de manière profondément transpartisane, nourrissant l’espoir que les propositions à venir puissent faire consensus et représentent une avancée pour les prisons françaises.

2. L’objectif de réinsertion des détenus est encore insuffisamment considéré

Les politiques pénale et carcérale françaises souffrent de plusieurs maux : l’absence d’indicateurs ou de données statistiques, pourtant nécessaires à leur évaluation ; la surpopulation carcérale, qui met l’accent sur la lutte contre les évasions ou les violences et non sur la prévention de la récidive ; l’architecture pénitentiaire (nos prisons sont souvent mal localisées, difficilement accessibles et matériellement peu adaptées au travail en prison). Enfin, la réalité actuelle du travail en prison ne permet pas encore de lever les barrières à la réinsertion (faible qualification des détenus, mauvaise maîtrise des rudiments nécessaires à l’employabilité - comme la rédaction d’un CV -, etc.).

3. Changer les modalités du travail pénitentiaire pour une prison qui réinsère réellement

Seuls 29 % des détenus travaillent. En plus d’une rémunération faible, le travail en prison se caractérise par des tâches peu qualitatives. Il est temps de favoriser un travail qui soit bénéfique et formateur pour la personne détenue. A ce titre, les conclusions du rapport rendu le 21 mars par la Commission des Lois sur les conditions de détention rejoignent celles du rapport de l’Institut Montaigne. Une plus grande continuité entre le “dedans” et le “dehors”, l’introduction du numérique, le respect du salaire minimum de référence, le passage d’une rémunération à la pièce à une rémunération horaire ou une plus grande inscription des établissements pénitentiaires dans leur écosystème et les filières économiques locales sont autant de pistes susceptibles de valoriser et de développer le travail en prison.

4. Des réflexions doivent également être menées sur la perception de la question carcérale par l’opinion publique

La croyance selon laquelle plus il y a de gens en prison, plus la société est protégée, est encore vivace en France. Or le sujet n’est évidemment pas là. La prison doit, d’abord et avant tout, cesser de produire des récidivistes. Si les débats sur le rôle de la prison sont encore sensibles, la société française est de plus en plus consciente qu’il est dans l’intérêt de tous de s’emparer autrement de la question carcérale. C’est en fédérant toutes les forces et tous les acteurs (administration pénitentiaire, surveillants, entreprises, citoyens) que la France pourra espérer de sa prison qu’elle prépare (vraiment) l’après.

 

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