|
[Sondage] - Les Français face à la crise énergétique |
|
|
Alors que le conflit en Iran entre dans sa cinquième semaine, le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial, demeure bloqué. Cette situation provoque une flambée des prix de l’énergie : en quelques semaines, le litre de gazole a augmenté de près de 50 centimes. Une hausse des prix du gaz est également attendue dans les prochains mois.
Dans ce contexte, l’Institut Montaigne publie un sondage intitulé “Les Français face à la crise énergétique”, afin d’analyser la perception de la crise, ses effets sur le pouvoir d’achat et les attentes en matière de solutions. L’enquête a été réalisée par Verian les 25 et 26 mars auprès d’un échantillon représentatif de 1 002 personnes, et l’analyse des résultats par Joseph Dellatte, responsable des études énergie et climat à l'Institut Montaigne, et Hugo Jennepin Reyero, chargé de projets - énergie et décarbonation. |
|
|
 "Face à des crises énergétiques appelées à se répéter, l’État doit prioriser la réduction de notre vulnérabilité en accélérant la transition énergétique et l'électrification, plutôt que de prolonger notre dépendance aux énergies fossiles." Joseph Dellatte, Expert résident - énergie et climat à l'Institut Montaigne |
|
| Une inquiétude généralisée et un impact fort dans les zones rurales |
|
92 % des Français se disent préoccupés par la crise et 82 % se déclarent impactés par la hausse du prix des carburants. Les personnes les plus touchées se trouvent notamment dans les territoires les moins denses, où les alternatives à la voiture sont peu nombreuses.
Par ailleurs, 68 % des Français considèrent que ce type de crise est amené à se répéter régulièrement, signe d’une prise de conscience des dépendances aux énergies fossiles importées. |
|
| Un choc important sur le pouvoir d’achat, notamment pour les plus modestes |
|
34 % des Français jugent le poids des dépenses d’énergie “difficilement supportable”, une proportion qui atteint 78 % chez les ménages qui déclarent avoir des difficultés à payer leurs factures “la plupart du temps”.
Depuis le début de la crise : - Un Français sur deux a réduit ses dépenses de loisirs ;
- Un tiers a réduit ses dépenses essentielles (alimentation, logement). Cette proportion atteint 65 % chez les ménages les plus souvent en difficulté pour payer leurs factures.
|
|
| Un “bouclier électrique” réel, mais encore peu perçu |
|
Le sondage montre que les ménages utilisant des solutions électriques se sentent moins exposés à la crise : - 73 % des détenteurs de véhicules diesel déclarent un impact important sur leur budget, contre 50 % des utilisateurs de voitures électriques.
- 56 % des ménages chauffés au gaz ressentent des effets importants, contre 25 % de ceux équipés de pompes à chaleur.
Malgré ces écarts, seuls 40 % des Français perçoivent l’électrification comme une protection efficace, alors qu’elle protège réellement contre les chocs de prix des énergies fossiles. |
|
| Une demande de protection immédiate, sans renoncer à la transition |
|
Face à la crise, les Français attendent des mesures de protection immédiates, qui impliqueraient un coût conséquent pour l’État, comme la baisse des taxes sur les carburants (dans le top 3 des priorités pour 66 % des répondants). La baisse des taxes sur l’électricité, qui a l’avantage de ne pas entretenir le problème, suit de près, soutenue par 43 % des Français. En parallèle, les mesures de transition bénéficient également d’un soutien significatif et se retrouvent en tête des priorités à plus long terme (développement des énergies non carbonées (61 %), rénovation des bâtiments (54 %), installation de pompes à chaleur (44 %)).
Enfin, les Français déclarent soutenir la transition énergétique principalement pour des raisons de sécurité économique (57 %), davantage que pour des motivations écologiques (24 %). |
|
Ces enseignements plaident pour une accélération de l’électrification et des investissements durables dans la transition énergétique, avec en priorité : - Un soutien à l’achat de véhicules électriques pour les ménages les plus dépendants de la voiture,
- Un soutien à l’installation de pompes à chaleur, avec un ciblage social et territorial.
Les auteurs soulignent également l’importance de mieux faire connaître ces dispositifs et leurs effets “bouclier” sur le budget des particuliers. Notre expert Joseph Dellatte se tient à votre disposition pour toute précision ou analyse complémentaire de ces résultats. |
|
|
À propos de l’Institut Montaigne Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prennent en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques afin de proposer des études et des débats sur les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne organise ses travaux autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Menés dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne réunit des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats, des personnes issues de la société civile et d’horizons divers. Nos travaux s’adressent aux acteurs publics et privés, politiques et économiques, ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d'un budget annuel de 7,2 millions d'euros. |
|
|
|