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"Municipales 2026" - Chiffrages et analyse sur les Mobilités |
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L’Institut Montaigne poursuit son opération spéciale “Municipales 2026”. Cette initiative, pilotée par Nicolas Laine et Blanche Leridon, vise à éclairer les citoyens et les décideurs sur les enjeux d’une élection à résonance nationale, en contribuant à objectiver le débat public et en proposant une comparaison rigoureuse, indépendante et transparente des programmes des principales listes candidates. Après les bilans financiers des 12 plus grandes villes, des analyses thématiques et des premiers chiffrages consacrés à la Sécurité, l’Institut Montaigne publie aujourd’hui un nouveau volet de contenus, dédiés aux Mobilités. Celui-ci comprend une note d’analyse et le chiffrage des promesses formulées par les principaux candidats sur cette thématique. Comme en 2020, les mobilités figurent parmi thèmes centraux de la campagne. Cette focalisation masque toutefois un décalage structurel : la mobilité quotidienne s’organise d’abord à l’échelle du bassin de vie, bien au-delà des frontières communales. Dès lors, de quels leviers le maire dispose-t-il réellement ? Ceux-ci dépendant largement d’autres échelons, quels effets ce décalage produit-il sur la campagne ? Et comment, malgré ces contraintes, construire une action locale efficace pour accélérer le report modal et la décarbonation des déplacements ? En s’appuyant sur des données inédites fournies par notre partenaire Terre de Données, la note apporte des éléments de compréhension sur la faisabilité réelle des promesses : lesquelles relèvent réellement du maire, lesquelles nécessiteront coalition et cofinancement, et lesquelles relèvent surtout de l’affichage, voire peuvent s’avérer contre-productives pour la transition des mobilités. Ces promesses ont également fait l’objet de chiffrages, ayant mobilisé notre équipe et une dizaine de chiffreurs professionnels indépendants, que nous avons soumis au contradictoire auprès des équipes de campagne. |
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 "La campagne municipale se polarise sur des mesures très visibles - comme le stationnement ou les conditions de circulation - tandis que les choix décisifs - renforcer l’offre, financer le réseau, organiser les liaisons centre-périphérie - sont moins débattus. Nos chiffrages inédits sur de nombreuses promesses phares, allant de la gratuité des transports au commun au financement de grands projets, visent à remettre ces choix décisifs au centre du débat : combien coûtent ces projets ? qui peut les financer ? et à quelles conditions permettront-ils de faire réussir la transition des mobilités ? " Nicolas Laine - Responsable des publications des Études France |
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| Une action municipale limitée en matière de mobilités et des propositions centrées sur l’intérêt électoral |
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- Le pouvoir du maire en matière de mobilités est plus restreint qu’il n’y paraît. Il peut agir sur l'aménagement de l'espace public communal, mais il ne maîtrise ni la voirie structurante, gérée par des acteurs multiples (intercommunalité, département, région, État) ni l'offre de transports collectifs, portée par une autorité organisatrice de la mobilité (AOM) couvrant plusieurs communes. Il a donc peu d’impact sur les flux qui structurent la mobilité à l’échelle du bassin de vie. Or c’est davantage la gestion de ces flux - et l’offre d’infrastructures et de services qui les canalise - qui détermine, pour l’usager, l’essentiel de la qualité de son trajet (temps de trajet, fiabilité, alternatives crédibles, interconnexions).
- À ces compétences juridiquement limitées s’ajoute une contrainte très concrète : la géographie des déplacements ne recoupe pas le périmètre électoral. Désormais, près de deux trajets domicile-travail sur trois franchissent une frontière communale. Le maire est ainsi jugé sur une politique dont il ne maîtrise qu’une partie des leviers et qui se joue à une échelle qui n'est pas la sienne.
- Ce double décalage conduit la campagne à se focaliser sur des leviers municipaux immédiatement activables (stationnement, partage de voirie), au détriment d'un vrai débat démocratique sur les arbitrages structurants du système de mobilité : où renforcer l’offre, avec quel financement et selon quelles priorités. Les promesses municipales se juxtaposent tout en étant peu coordonnées entre les villes, voire déconnectées des capacités réelles de mise en œuvre.
- Les candidats sont ainsi incités à formuler des propositions calibrées pour l'électorat municipal, même si elles sont contre-productives pour la performance globale du système. La gratuité des transports en commun, par exemple, coûte chère et réduit les marges de financement pour le renforcement de l'offre (davantage de lignes, fréquences accrues, horaires élargis) alors que seuls 2 % des Français déclarent que la gratuité les inciterait à moins utiliser leur voiture, contre 57 % qui citent d’abord une amélioration de l’offre.
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| Le chiffrage des promesses des candidats sur les mobilités ville par ville |
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Notre démarche et notre méthodologie Une exigence de qualité et de neutralité maximale : pour cette opération, l’Institut Montaigne travaille avec une équipe de chiffreurs, experts des finances et des politiques publiques. Nos procédures successives de validation et de collégialité garantissent la qualité des analyses et des chiffrages fournis. Notre opération couvre toute l'amplitude du champ politique et tous les experts impliqués s’engagent à travailler dans la plus complète objectivité et sans aucun mandat partisan. Ils ne peuvent, à titre personnel, être engagés dans aucune activité politique. Le dialogue avec les équipes municipales : les équipes de campagne font l’objet de contacts pour préciser les chiffrages ou faire valoir un droit de réponse. Les bilans et les chiffrages ont ainsi vocation à être précisés ou amendés si besoin, au fil des échanges. La transparence des analyses et des calculs : l'équipe ne travaille qu’avec des données publiques et les sources utilisées sont systématiquement précisées. Tous les éléments de chiffrage sont accessibles et vérifiables en ligne. Les chiffrages privilégient (1) les mesures les plus claires ou précises des candidats, (2) les plus importantes d’un point de vue budgétaire, (3) les plus importantes du point de vue de leur impact dans le débat de la campagne. Afin de garantir la représentation de la diversité des listes candidates dans les douze villes étudiées dans le cadre de cette opération, les mesures chiffrées sont issues des trois à cinq candidats en tête dans les dernières enquêtes d’opinion disponibles. Cette démarche ne vise donc pas l’exhaustivité, mais une bonne représentation des engagements et des principaux thèmes de campagne. |
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À propos de l’Institut Montaigne Créé en 2000, l’Institut Montaigne est un espace de réflexion, de propositions concrètes, et d’expérimentations au service de l’intérêt général. Think tank de référence en France et en Europe, ses travaux sont le fruit d’une méthode d’analyse rigoureuse, critique et ouverte qui prennent en compte les grands déterminants sociétaux, technologiques, environnementaux et géopolitiques afin de proposer des études et des débats sur les politiques publiques. Association à but non lucratif, l’Institut Montaigne organise ses travaux autour de quatre piliers thématiques : la cohésion sociale, les dynamiques économiques, l’action de l’État et les coopérations internationales. Menés dans la collégialité et l’indépendance, l’Institut Montaigne réunit des entreprises, des chercheurs, des fonctionnaires, des associations, des syndicats, des personnes issues de la société civile et d’horizons divers. Nos travaux s’adressent aux acteurs publics et privés, politiques et économiques, ainsi qu’aux citoyens engagés. Depuis sa création, ses financements sont exclusivement privés, aucune contribution n'excédant 1,2 % d'un budget annuel de 7,2 millions d'euros. |
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