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L’Europe sous présidence allemande : quelles priorités ?

Trois questions à Katja Leikert

INTERVIEW - 1 Juillet 2020

À partir du 1er juillet 2020, l’Allemagne assure pour six mois la Présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Au lendemain d’une pandémie qui a plongé l’Europe dans l’une des plus graves crises de son existence, il revient désormais à la Chancelière Angela Merkel d’impulser en Europe une nouvelle dynamique, permettant de relever une économie à terre et de construire un avenir plus durable. Mais dans un régime parlementaire comme celui de l’Allemagne, la Chancelière ne peut agir sur la scène européenne sans le soutien du Bundestag. Quelle sont les priorités de l’Allemagne pour l’Europe et comment l’Allemagne perçoit-elle son statut de puissance centrale ? Trois question à Katja Leikert, Vice-Présidente du groupe CDU-CSU au Bundestag, par Alexandre Robinet-Borgomano.

L’Allemagne a présenté les nouvelles priorités de sa présidence, qui oscillent entre réaction à la crise et vision de long terme pour reconstruire l’Union européenne. Comment caractériser ces priorités?

Le slogan de la présidence allemande "Together. Making Europe strong again" (Gemeinsam. Europa wieder stark machen) définit selon moi parfaitement ce qui doit advenir dans les six prochains mois : une réaction forte et déterminée de l’Europe aux défis économiques que représente la pandémie, et à travers cette réaction forte, un renforcement de long terme de la compétitivité européenne. Ce lien entre la réaction à la crise et le renforcement de long terme de l’Union européenne se retrouve également dans les priorités posées par l’Allemagne pour sa présidence, au centre desquelles se trouve la définition d’un accord rapide sur le cadre financier pluriannuel, qui inclut le plan de relance européen.

Il est évident pour nous que les régions et les secteurs les plus touchés par la crise doivent être soutenus.

Il est évident pour nous que les régions et les secteurs les plus touchés par la crise doivent être soutenus. Nous veillerons cependant à ce que cet argent soit investi dans le numérique et dans les technologies durables, pour que l’Europe reste compétitive dans la durée. Ensuite, nous voulons, durant la présidence allemande, poser des jalons décisifs pour que l’Europe devienne le premier continent neutre climatiquement en 2050.

Dans les six prochains mois, nous allons travailler à la définition d’objectifs climatiques réalistes et ambitieux pour 2030. Et enfin nous allons faire avancer la numérisation de l’Europe. L’Union européenne a besoin de plus de souveraineté dans le domaine des technologies digitales et de l’intelligence artificielle, dans l’utilisation du cloud ou des ordinateurs quantiques, afin d’être à l’avenir un moteur de l’innovation et non simplement un vaste marché.

Selon vous, quelles sont les réformes structurelles qui devraient accompagner la mise en place du plan de relance européen ?

Nous considérons comme indispensable que la répartition des fonds du plan de relance soit reliée à d’ambitieux programmes de réforme dans les différents États membres. Nous avons tout à fait conscience que cela ne sera pas facile pour certains États. Mais une chose est sûre : si nous n’investissons pas maintenant dans la transformation digitale et durable de l’Europe, ce n’est pas seulement le bien être de nos enfants et de nos petits enfants qui est en jeu, c’est la compétitivité même de notre économie.

Pour construire une Europe plus compétitive, nous avons besoin, à côté des programmes de réforme nationaux, d’une adaptation du droit européen. L’échec de la fusion Alstom-Siemens a montré que pour l’examen des fusions d’entreprises, c’était désormais la concurrence induite sur la scène mondiale, et non à l’intérieur du marché unique, qui devait être prise en compte. C'est pourquoi nous approuvons le projet de la Présidente de la Commission de réformer le droit européen de la concurrence.

Nous avons besoin, à côté des programmes de réforme nationaux, d’une adaptation du droit européen.

Il y a quelques année, le politologue Herfried Münkler a développé le concept de "puissance du centre" (Macht in der Mitte) pour définir le nouveau leadership de l’Allemagne en Europe. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je ne parlerai pas de "leadership allemand" mais plutôt des responsabilités particulières de l’Allemagne qui nous incombent incontestablement dans la situation actuelle, parce que nous sommes la plus grande économie du continent. In fine, nous ne pouvons sortir que collectivement de cette crise. Le fonds de relance européen proposé par la Chancelière allemande et le Président français a bien montré que l’Allemagne était prête à prendre sa part de responsabilité pour permettre à l’Europe de surmonter les défis qu’elle affronte aujourd’hui. Je peux vous assurer que l’Allemagne assumera dans les mois à venir ces responsabilités particulières, afin de surmonter les conséquences de la pandémie et poser les fondations d’une Europe plus compétitive et plus durable. Dans cette perspective, le groupe CDU-CSU au Bundestag soutiendra l’action du gouvernement.

 

 

Copyright : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

 

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