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"Essentiel mais sacrifiable" : Vision de la pandémie depuis New York, entre inégalités et jeux politiques

BLOG - 5 Mai 2020

L'une d'entre nous a vécu au Caire pendant huit ans, dirigeant une université malgré les bouleversements du Printemps arabe. D’ordinaire résidente de Manhattan, elle a trouvé refuge sur place, en dehors de New York. L'autre travaille depuis chez lui, confiné dans son appartement de Jackson Heights, dans le Queens. Voilà comment la pandémie nous apparaît.

Les New-Yorkais aiment à penser leur ville comme le monde entier en miniature, et les quartiers adjacents de Jackson Heights et de Elmhurst dans le Queens confirment ce sentiment. Plus de 167 langues différentes y sont parlées, au sein d’une communauté qui incarne l'assiduité des immigrants, le multiculturalisme harmonieux et un charme unique. Autant de facettes qui témoignent de l'attrait persistant de New York, en dépit (ou peut-être à cause) du fait qu’une grande partie du reste de la ville ait préféré la stérilité insipide des grandes marques américaines et un embourgeoisement rapide. En plein cœur du Queens, parmi l’entrelacs des populations sud-américaines, sud-asiatiques et est-asiatiques, et entre d’innombrables commerces de quartiers, restaurants, et centres communautaires et religieux, se trouve l'hôpital Elmhurst. Véritable "ground zero" de la pandémie grandissante et de ses diverses conséquences dévastatrices, l'hôpital Elmhurst se fait désormais tragiquement appeler "l'épicentre de l'épicentre".

À quoi ressemble la pandémie depuis la-bas ?

Si, en apparence, la maladie ne discrimine pas, de toute évidence cette affirmation se révèle mensongère : c’est la première caractéristique frappante de la pandémie. À New York, les Noirs et les Hispano-Américains, ainsi que les nouveaux immigrants du monde entier, tombent malades et meurent deux fois plus vite que la population blanche américaine. Cela est probablement dû au fait que les Noirs, les Hispaniques et les migrants se trouvent plus susceptibles d'être pauvres, de vivre au cœur de déserts alimentaires, de ne pas être assurés et de ne pas recevoir de soins médicaux réguliers. En effet, cette catégorie de la population est moins bien desservie à tous égards, et est donc plus exposée à des problèmes de santé préexistants qui les rendent à la fois plus vulnérables face à l'infection, et moins susceptibles de recevoir un traitement efficace.

Mais ces inégalités sont aussi dues à la définition et la répartition des services considérés comme "essentiels". Les professeurs d'université et les artistes professionnels, comme les auteurs de cet article par exemple, aiment à se considérer comme indispensables. C’est aussi le cas des banquiers, gestionnaires de fonds, promoteurs immobiliers, pilotes de ligne, avocats et analystes politiques membres de think tanks. Pourtant, lors de la fermeture des universités du Caire pendant les manifestations contre le régime de Moubarak en 2011, le personnel non indispensable a été prié de rester à l'écart du campus, tandis que les gardiens, les équipes d'entretien, les agents de sécurité et le personnel médical ont tous dû se présenter physiquement au travail. Ils étaient parmi les employés les moins bien payés, et pourtant les plus essentiels à la survie des universités.

Ce cas semble s’appliquer au pays tout entier, et particulièrement à New York : les quartiers les plus durement touchés de la ville sont affectés par ces facteurs de risques aggravants. Au moment où nous écrivons ces lignes, des milliers de personnes à travers New York conduisent des bus, des ambulances, dispensent des soins infirmiers, nettoient et assurent la sécurité les rues, apportent de la nourriture, pallient la demande d’emploi supplémentaire des pharmacies, et veillent à ce que le pays ne s'effondre pas face aux conséquences stupéfiantes de cette quarantaine nationale. Ces personnes sont généralement les moins bien payées de la société et les plus vulnérables face aux maladies, alors qu’elles sont essentielles à notre survie collective.

C'est l'inégalité dans sa forme la plus brutale. Le Covid-19 est non seulement discriminatoire, mais il révèle également des clivages sociaux profonds, d’ordinaire difficiles à percevoir depuis les baies vitrées des gratte-ciel new yorkais.

C'est l'inégalité dans sa forme la plus brutale. Le Covid-19 est non seulement discriminatoire, mais il révèle également des clivages sociaux profonds, d’ordinaire difficiles à percevoir depuis les baies vitrées des gratte-ciel new yorkais. Après tout, la personne, vraisemblablement une femme, qui nettoie les bureaux travaille la nuit et demeure invisible aux yeux du banquier, de l'avocat, de l'homme d’affaire, ou du décideur politique qui profite de sa vue panoramique. Ces cadres-là travaillent désormais à domicile, assurés d’un emploi stable et élaborant des scénarios pour assurer la continuité des activités, tandis qu’elle prend toujours deux bus et un métro pour se rendre au travail, en espérant qu'elle ne sera ni licenciée, ni exposée au virus. Cette vaste classe sociale-ci, déjà victime des conséquences de la précarité chronique, voit maintenant son amère réalité s'aggraver, et ne dispose d’aucune protection : son travail est essentiel mais sa santé, sa sécurité et sa vie semblent pour autant sacrifiables.

Et entre les deux, il y a les millions - 27 millions au dernier décompte - de personnes qui ont perdu leur emploi (et, parce que ce sont les États-Unis, également l'assurance maladie fournie par leur employeur). Les plans et les ambitions de millions d'agents immobiliers, vendeurs, directeurs de magasins, accompagnants scolaires, fleuristes, coiffeurs, architectes, ouvriers, acteurs, guides touristiques, serveurs de restaurant et maîtres d'hôtel ont été complètement bouleversés. Ils ne peuvent pas payer leur loyer ou rembourser leur hypothèque, ne détiennent pas d'assurance maladie, et leurs enfants soudainement dépourvus d’école peuvent se retrouver privés de nourriture. Du jour au lendemain, ils se retrouvent dépassés par le confort de la classe moyenne. Que représente réellement la récente vague de manifestations contre la quarantaine : de véritables expressions de la volonté populaire, ou un mouvement de propagande de droite chorégraphié avec soin ? Que ces manifestations sur les marches du Capitole reflètent ou non l’opinion publique, il y a certainement des millions d'Américains qui, voyant leur sécurité socio-économique s'évaporer du jour au lendemain sans soutien apparent du gouvernement, ont tourné un regard anxieux vers la "réouverture de l’économie" malgré les risques manifestes.

Comme l'a fait remarquer Anthony Cordesman à propos des pays du Moyen-Orient, le peuple des États-Unis "ne semble pas avoir de plus grand ennemi que son propre gouvernement". De nombreux articles de presse ont décrit la mauvaise gestion de la crise par le gouvernement fédéral. Mas plus inquiétant encore est le nombre croissant de rapports qui indiquent que, pour les Américains, ce n’est pas qu’une simple preuve d’incompétence. Un récent rapport sur l'ingérence du gouvernement fédéral dans les livraisons d'équipements médicaux achetés par les gouvernements des États et des collectivités locales a conclu de façon sombre que : "en l'absence d'explication, il est difficile d'arriver à une autre conclusion : il s'agit simplement d'un gouvernement mafieux, exerçant un contrôle pour le plaisir de contrôler, non pas en dépit mais à cause de la demande induite par la crise, et acculant le peuple américain, alors qu'il meurt dans des lits d'hôpitaux, et ceux qui s'occupent des malades, dotés d’une protection inadéquate".

Au Moyen-Orient, la dépendance des gouvernements locaux envers leurs patrons internationaux n’a fait qu’augmenter : ces pays, empêtrés dans les chaînes d'approvisionnement mondiales et les traités commerciaux internationaux, ont cessé de prendre soin de leurs populations nationales. Ce faisant, ils se sont de plus en plus appuyés, comme l'a récemment déclaré Rami Khouri, "sur leurs principaux électeurs politiques, ce qui les a amenés à faire fi de leur responsabilité envers tous les citoyens". Le Printemps arabe a révélé non seulement la rage accumulée de ces citoyens négligés et rancuniers, mais aussi les profonds clivages produits par des décennies de gouvernance malhabile, au service d’étroites cliques élitistes plutôt qu’à celui du peuple dans son ensemble. Dix ans après le Printemps arabe, le Moyen-Orient est désormais parsemé de quelques États brisés et inopérants. Des acteurs aussi divers que des tribus et des trafiquants d'armes, des compagnies pétrolières et des sectes religieuses, des investisseurs et, parfois, les restes des élites étatiques elles-mêmes, tentent de sauver leurs privilèges, voire de profiter d’un état d'urgence qui semble permanent dans cette région. Tout vestige de fidélité à des institutions comme l'État de droit, la procédure formelle, les critères méritocratiques, autrement dit les bases de ce que les manifestants appelaient "le pain, la liberté, la dignité et la justice sociale", a été balayé, remplacé par l'état d'urgence, dans lequel l'exception devient la règle.

Cela pourrait-il se passer ici ?

L'état d'urgence est déjà déclaré. De nombreux acteurs relativement peu affectés par la crise, tels que les entreprises pharmaceutiques, les compagnies aériennes accusées de négliger les règles de sécurité, les grands fabricants et les entreprises de construction, ont tous fait pression sur le gouvernement pour obtenir des subventions spéciales et des allégements fiscaux. La fortune du PDG et fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a augmenté de 24 milliards de dollars depuis le début de la pandémie. Les ressources d’Amazon ont augmenté d'environ 20 % au cours des quatre derniers mois, pour atteindre 138 milliards de dollars, tandis que ses employés travaillant dans les entrepôts, ces "essentiels mais sacrifiables", qui ont tenté de protester contre le manque de protection des travailleurs, ont été accusés de "manquer d’intelligence" et leurs actions qualifiées d'"immorales et inacceptables" par la direction d'Amazon. La filiale d'Amazon, Whole Foods, a secrètement déployé des algorithmes de surveillance de pointe pour prédire et supprimer les activités de syndicalisation avant qu'elles ne commencent. Cela indique qu'ils savaient que leur propre main-d'œuvre, "essentielle mais sacrifiable", ayant demandé des indemnités de risque et des réformes de la sécurité au travail, pourrait demeurer insatisfaite d’une augmentation de 2 dollars de l'heure et d’un nouvel uniforme de travail projetant une image de "héros".

À l’instar de ses homologues du Moyen-Orient, le gouvernement fédéral des États-Unis a réagi aux catastrophes sanitaires et économiques causées par le Covid-19 en les érigeant au rang de questions de sécurité nationale. Il a déclaré une "guerre" ouverte à un "ennemi invisible" (on ne peut qu'espérer que la guerre contre le Covid-19 sera plus fructueuse que les guerres contre la pauvreté, la drogue ou le terrorisme), et a utilisé cette lutte comme excuse pour réprimer la vie privée et les libertés civiles, tout en récompensant les clients et amis de l’administration. Une analyse du Comité mixte sur la fiscalité (Joint Committee on Taxation) a révélé que 80 % des fonds d'aide de la loi CARES, qui s'élèvent à plusieurs milliards de dollars, ont profité à seulement 43 000 contribuables individuels gagnant plus d'un million de dollars par an, ce qui représente une manne moyenne de 1,6 million de dollars.

Il a déclaré une "guerre" ouverte à un "ennemi invisible", et a utilisé cette lutte comme excuse pour réprimer la vie privée et les libertés civiles, tout en récompensant les clients et amis de l’administration.

Pendant ce temps, la controverse au sujet de l’allocation pour les pauvres fait rage. On se demande en effet si les pauvres, notamment les résidents "essentiels mais sacrifiables" du Queens, ravagés par le Covid, pourraient être dissuadés de travailler s’ils recevaient des allocations de chômage plus généreuses ou un chèque unique de 1 200 dollars. Le coût pour le contribuable américain de ce transfert de richesse est plus élevé que le CARES Act prévu pour tous les hôpitaux des États-Unis réunis, ainsi que pour toutes les administrations des États et des collectivités locales.

Le défi de la démocratie dans un monde d'États néo-libéraux et semi-souverains est de déterminer qui importe, et selon quels critères. Au Moyen-Orient, personne n'a jamais vraiment prétendu que la citoyenneté avait de l’importance, car les gouvernements favorisaient leurs clients, leurs amis et leurs proches. Cependant, l'érosion des notions libérales de citoyenneté et le déclin de l'égalité formelle ("un homme, une voix") peut s’accélérer ailleurs, notamment aux États-Unis, dans le contexte de la crise du Covid-19 (particulièrement en ce qui concerne vote - car une pandémie non maîtrisée se présente comme une stratégie toute faite de suppression des électeurs - et dans le processus de recensement actuellement en cours aux États-Unis).

De plus en plus, la politique est façonnée par une tentative de définir l'opposition en dehors du champ politique et plutôt par le mépris et le désintérêt vis-à-vis de certains citoyens. C'est une pratique de longue date au Moyen-Orient : l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, par exemple, était célèbre pour sa capacité à tourner ses opposants en dérision. Au fil des décennies, ils ont été tour à tour qualifiés de drogués, de "chiens errants", de "rats" et de "cafards", de "microbes, rats et ordures" et de "non-Libyens". L'administration Trump lui a emboîté le pas, utilisant la pandémie pour discréditer et rabaisser ses adversaires. Fin mars, le secrétaire d'État Mike Pompeo a empêché l'adoption d'une déclaration commune par les ministres des affaires étrangères du G7, en exigeant qu'ils appellent la pandémie le "virus de Wuhan". La Chine a évidemment refusé cette étiquette. Le sentiment anti-asiatique a simultanément augmenté aux États-Unis. Mais les opposants internes ont également été la cible des propos méprisants de Trump : le 28 mars, il tweetait à propos du Michigan : "votre gouverneur, Gretchen "Half" Whitmer, est loin d’incarner ses fonctions et elle n’a pas la moindre idée de ce qu’il se passe...". Il a également accusé le gouverneur de New York de "militarisation politique par des gens comme vous et votre frère, Fredo", en utilisant un surnom insultant pour le frère du gouverneur Andrew Cuomo, Chris, un analyste de CNN News.

Qui définira "l'Amérique" ? Et qu'en est-il de ceux qui ne sont pas inclus ?

La pandémie nous oblige à nous demander de toute urgence qui comptera et comment il comptera au XXIe siècle. Seuls les riches, les blancs, les autochtones seront-ils pris en compte? Qui définira "l'Amérique" ? Et qu'en est-il de ceux qui ne sont pas inclus ? Seront-ils confinés dans des camps, comme les millions de migrants indésirables et de personnes déplacées au Moyen-Orient ?

Retournons de nouveau à Elmhurst, un hôpital public de 545 lits dans le Queens qui lutte depuis des semaines en se contentant de quelques dizaines de ventilateurs, alors que des patients meurent aux urgences en attendant un lit. Un camion frigorifique stationne à l'entrée pour contenir les corps des morts, tant la morgue est surchargée. Les sirènes hurlent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. "Une apocalypse", selon les médecins.

Le samedi 7 mars, deux semaines avant que le gouverneur de l'État de New York n’émette l'ordre de quarantaine qui divise la population en travailleurs essentiels ou non essentiels en renvoyant tous ces travailleurs non essentiels chez eux, le marché alimentaire indonésien mensuel s'est tenu à l'église épiscopale de St. James, à deux pas de l'hôpital d'Elmhurst. L'église date de 1735 et est le plus ancien bâtiment anglican de la ville de New York qui est encore conservé. Le fait qu'un tel lieu de tradition attire régulièrement des centaines de visiteurs de toute la côte Est pour célébrer la cuisine d'un pays situé à près de dix mille kilomètres de là est caractéristique du Queens.

Les propriétaires des stands de restauration sont des semi-professionnels - ils ne possèdent pas des entreprises de "brique(s) et mortier" ou des restaurants. Tout au plus, certains offrent des services de traiteur. Leur travail se résume à une foule d’habitués dévoués et nouveau venus ravis, et jusqu’à présent, générait des revenus supplémentaires. Ce sont précisément ces personnes qui ne seront pas comptées : l’économie informelle de New York, les petits entrepreneurs négligées par leur propre gouvernement, alors que des millions de dollars sont déversés aux grandes chaînes comme Shake Shack. Ce sont précisément ces personnes qui risquent le plus d’être soit totalement au chômage, soit contraintes de se retrouver en première ligne face à la pandémie, en tant que travailleurs essentiels. Ces derniers jours, les organisateurs du bazar ont porté leur attention sur l’approvisionnement de repas chauds à l’hôpital Elmhurst. Mais comme l’impact socio-économique est majeur pour la communauté desservie, le bazar est l’une des innombrables entreprises, à la fois source de revenus et symbole de générosité et fraternité, aujourd’hui mis en danger.

D’où vient cette attirance pour le Queens, lieu densément peuplé et extrêmement cher (en comparaison avec le Yémen rural, le Caire urbain ou même la banlieue de New York), de la part d’autant d’immigrés et de personnes en difficulté s’y installent ? C’est la promesse et l’espoir que ce quartier suscite : une communauté dynamique capable d’offrir un nouveau foyer loin de chez soi (a home far from home), des opportunités économiques à la portée de ceux qui ont le courage de les saisir, et une densité urbaine diversifiée permettant créativité et collaboration, qui alimente les industries culturelles les plus influentes du monde.

Alors que l’apocalypse sanitaire fait rage autour d’eux, ces points forts de réconfort qui surpassent les défauts pour un habitant du Queens sont-ils en train de s’évanouir ? Les communautés sont-elles en train de se diviser et de s’enfermer dans de minuscules appartements, tandis que des devantures en acier recouvrent les façades des magasins désaffectés et que le gouvernement indifférent laisse planer la menace tout en chassant l’espoir ? Pour les "essentiels mais sacrifiables", il peut sembler qu'il y ait peu de choses à espérer. Cette perte d'espoir, cette inquiétude de voir "le pain, la justice sociale, la liberté et la dignité" devenir rapidement hors de portée, a alimenté les bouleversements au Moyen-Orient. Qu’en sera-t-il ici ?

 

 

Copyright : STEPHANIE KEITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

 

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