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Comment constituer des modèles climato-responsables. Les explications d'Hélène Valade

BLOG - 12 Décembre 2017

Par Institut Montaigne

Si la communauté internationale s’accorde sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique, elle reconnaît également que notre modèle de croissance actuel est incompatible avec avec les équilibres naturels de notre environnement en ce qu’il ne responsabilise pas suffisamment les citoyens et consommateurs. Hélène Valade, directeur du développement durable chez Suez et membre du groupe de travail pour le rapport Economie circulaire réconcilier croissance et environnement de l’Institut Montaigne, nous présente les enjeux du passage d’un modèle d’économie linéaire à un modèle d’économie circulaire.

Afin de lutter contre le changement climatique, on évoque souvent le développement des énergies peu carbonées ou la réduction de la consommation d’énergie. Comment l’économie circulaire peut-elle également contribuer à diminuer nos émissions de gaz à effet de serre ? 

La lutte contre le changement climatique, l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES) tout comme la préservation des ressources naturelles doivent s’inscrire dans de nouveaux modèles économiques et sociaux climato-responsables. Il ne suffira pas seulement de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mais bien d’adapter les modèles de production, de transformation et de consommation pour les rendre conciliables avec une croissance économique nécessairement plus verte. Face aux limites de l’économie linéaire, fondée sur une logique "extraire, produire, consommer, jeter", le modèle de l’économie circulaire, dans lequel les déchets deviennent des ressources, représente un vivier d’opportunités nouvelles.

De nombreux travaux ont pointé les limites de notre modèle actuel de croissance, notamment ceux du Club de Rome. L’économie circulaire ne promeut cependant ni la décroissance ni la réduction de l’activité économique. Adopter le modèle circulaire permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre - jusqu’à deux tiers pour certains pays ! -, et d’avoir un impact positif sur l’emploi - le gain d’emplois potentiel est estimé à 25 000 à l’horizon 2025 en France -.

Il est donc primordial d’accélérer la transition en cours ! De nombreuses expérimentations locales sont d’ores et déjà concluantes, que ce soit la réutilisation de chaleur perdue des eaux usées pour le chauffage d’immeubles entiers ou encore la production de matières premières secondaires à partir des déchets. La conception de ces nouveaux modèles implique une dynamique collective, associant aussi bien des acteurs publics que privés, au travers d’expérimentations et d’initiatives communes. Le croisement d'expertises et l’effort de pédagogie sont deux éléments clés de crédibilisation de ce changement de paradigme. 

Dans quelle mesure est-elle aujourd’hui reconnue comme un levier d’action efficace ?

De nombreuses boucles locales d’économie circulaire sont mises en œuvre aujourd’hui en France. L’enjeu réside maintenant dans un déploiement à plus grande échelle de ces expérimentations. A cet égard, le Gouvernement travaille actuellement à l’élaboration d’une feuille de route qui paraîtra au printemps 2018 afin de faire des propositions dans ce sens.

La mobilisation du secteur privé constitue un autre enjeu et c’est dans ce but que l’Afep (association française des entreprises privées) a lancé depuis quelques années déjà un groupe de travail qui a produit de nombreux résultats, et notamment l’engagement des entreprises membres à proposer des solutions d’économie circulaire.

En France, la transition vers l’économie circulaire est encouragée par une double volonté : adapter la réglementation existante pour qu’elle soit plus favorable à ce nouveau modèle (c’est tout l’enjeu des Engagements pour la Croissance Verte) et concevoir les nouvelles règles qui permettront son développement. L’un des enjeux de la réglementation à venir est d’encourager la demande d’économie circulaire : l’essor de l’économie circulaire ne peut en effet reposer uniquement sur le développement de l’offre. Il faut stimuler la demande, ce qui nécessite un changement important des comportements des citoyens-consommateurs par le biais de mesures concrètes de fiscalité incitative ou encore de système d’affichage.

Quels sont les leviers qu’il serait possible d’actionner pour accélérer cette transition à l’échelle mondiale ?

D’autres pays se sont saisis des enjeux de l’économie circulaire. La Chine, par exemple, y voit un levier de développement permettant de combiner croissance économique et préservation de l’environnement. Elle s’est ainsi dotée d’un programme quinquennal pour la période 2016-2020, devenant le premier pays à établir des indicateurs d’économie circulaire à l’échelle nationale.

Généraliser ce modèle revient à répondre à la problématique des externalités négatives (c’est-à-dire les dommages causés à la collectivité par certains acteurs économiques). Donner un prix à ces externalités semble être le meilleur moyen pour inciter les acteurs à adopter des comportements vertueux. Adapter les réglementations entravant le développement des modèles circulaires est également nécessaire. Mais afin d’éviter toute distorsion de concurrence, cela doit être fait a minima au niveau européen, voire idéalement au niveau mondial.

Enfin, le financement de l’économie circulaire doit être davantage corrélé à des critères qui ne sont plus seulement d’ordre économique, mais reliés à la performance sociale et environnementale des solutions. Cela implique la définition d’indicateurs mesurant la circularité globale des processus, à même d’orienter les décisions et les comportements des agents.
 

 

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