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L’économie circulaire dans le monde : en Chine, une réponse pragmatique

BLOG - 13 Décembre 2016

 

Comment l'économie circulaire peut-elle contribuer à l'action en faveur du climat ? Dans quelle mesure permet-elle de concilier croissance économique et préservation de l'environnement ? La COP22, qui s'est tenue à Marrakech du 7 au 18 novembre, a été l'occasion de confronter les stratégies des États les plus engagés en matière d'économie circulaire. Tour d'horizon des principales initiatives nationales.

L’économie circulaire en Chine : une transition nécessaire

La préservation de l’environnement s’est récemment imposée comme un défi majeur pour la Chine. En une décennie, l’Empire du milieu est devenu le premier émetteur de gaz à effet de serre au monde (GES), dépassant les États-Unis. À l’occasion des différentes négociations internationales sur le climat, son modèle de développement, jugé peu soucieux de l’environnement, a longtemps suscité de vives critiques. Il pose désormais question à l’intérieur de ses frontières. L’impact sanitaire de la pollution de l’air rend ainsi urgente la nécessité d’adapter ce modèle.

chine-economie-circulaire.png Émissions de GES et de polluants de l'air en millions de tonnes d’équivalent CO2. Source : OCDE

Or, l’intégration des externalités négatives - c’est-à-dire les dommages supportés par la collectivité - dans les modèles de développement constitue le principe fondateur d’une transition vers l’économie circulaire. Ce modèle prend tout son sens pour la Chine dont l’industrie occupe une place capitale dans l’économie mondiale. Parce qu’il est un très grand consommateur de matières premières et producteur de déchets, le pays doit se doter d’une stratégie ambitieuse qui lui permette d’intégrer ces externalités dans son modèle de développement. La valorisation économique des déchets y demeure limitée : en 2009, seulement 1 % de déchets étaient valorisés (c’est-à-dire transformés en ressources) et 13 % des déchets incinérés (contre respectivement 16 % et 34 % pour la France).

En Chine, la transition vers une économie circulaire ne provient pas d'une conversion idéologique de la part des dirigeants mais d'un constat lucide de la réalité : le modèle de développement chinois ne peut plus ignorer son impact sur l’environnement. Il s’agit donc de lui donner une valeur économique.

Un volontarisme empreint d’innovation...

La Chine s’est ainsi saisie de l’économie circulaire comme d’un levier de développement permettant de combiner croissance économique et préservation de l’environnement. Le gouvernement a impulsé cette transition par une loi-cadre adoptée le 29 août 2008 et entrée en vigueur le 1er janvier 2009. Elle a contribué à faire de l’économie circulaire une priorité tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle territoriale. Le plan d'action national détaillait pour chaque secteur d’activité les objectifs à atteindre sur la période 2010-2015. Le 13e plan quinquennal, prévu pour la période 2016-2020, prolonge cette action en revoyant les objectifs à la hausse.

Ce pilotage national est aussi décliné à l’échelle locale. Le volontarisme dont fait preuve le gouvernement central se combine effectivement à une démarche d’expérimentation pragmatique. Son objectif est de déployer le plus rapidement possible des pratiques dont l’efficacité a été confirmée et la méthode affinée par la pratique. C’est la démarche dite des "10-100-1000" dont la mise en œuvre s’effectue étape par étape successivement dans 10 zones géographiques, puis 100 et enfin 1000.

… et de mesure.

La Chine est également le premier pays à établir des indicateurs d’économie circulaire à l’échelle macro-économique, que ce soit au niveau national ou provincial. Cette batterie de plus de 80 indicateurs de mesure permet à la fois de dresser un état des lieux clair et de fixer des objectifs à atteindre. Les premiers résultats sont déjà visibles : selon les chiffres officiels, en 2010, 78 % des déchets municipaux produits étaient mis en décharge ; en 2014, cette part n’est plus que de 65 %. En outre, cette démarche implique les entreprises et les associations afin d’aligner les intérêts des différents acteurs. Leurs rôles sont définis en articulation avec celui des pouvoirs publics et leur coopération constitue un critère de réussite important.

Dans le rapport Économie circulaire : réconcilier croissance et environnement, l’Institut Montaigne recommande de développer des indicateurs de mesure afin de fixer des objectifs à court et moyen termes. Si une telle démarche constitue le préalable à une action publique évaluable, elle doit nécessairement s’accompagner d’un dialogue avec les acteurs de terrain. Cette logique collaborative, qui regroupe acteurs privés et acteurs publics, permet d’identifier les actions les plus efficaces et les plus efficientes. Elle offre également la possibilité d’en amender la mise en œuvre grâce aux retours d’expérience. Pourquoi ne pas s’inspirer du pragmatisme dont fait preuve la Chine en matière d’action en faveur de l‘environnement afin d’accélérer la transition vers une économie circulaire en France et en Europe ?

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