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[Sondage] - Les Français et les aides sociales

Analyses - 10 Octobre 2022

Par Institut Montaigne

Plus d’1 Français sur 2 estiment qu’ils contribuent plus au système qu’ils n’en bénéficient, un niveau stable en 1 an (55%, -1)

Question : De manière générale, quand vous pensez aux différents impôts et taxes que vous payez (impôt sur le revenu, taxe d'habitation, TVA, ...) et aux services et aides dont vous pouvez bénéficier de la part de l'Etat (sécurité sociale, infrastructures, école, allocations chômage, ...), avez-vous le sentiment que ... ?

De manière générale, quand ils pensent aux différents impôts et taxes qu’ils paient et aux services et aides dont ils peuvent bénéficier, plus de la moitié des Français estiment contribuer plus au système qu’ils n’en bénéficient (55%, -1 par rapport à octobre 2021), un quart pense qu’ils contribuent autant qu’ils en bénéficient (25%, +1) et seuls 6% (-4) qu’ils bénéficient plus du système qu’il n’y contribuent.

14% (+4) d’entre eux ne se prononcent pas sur le sujet.

Entre 2019 et 2021, le sentiment de davantage contribuer au système avait reculé de 9 points (passant de 65 % à 56 %), ce mouvement d'opinion opéré pendant la crise covid s’est consolidé en 1 an.

A ce jour, d'un point de vue sociodémographique, le sentiment d'une plus forte contribution au détriment des bénéfices est majoritaire dans toutes les catégories de population et est particulièrement exprimé par les cadres et professions intermédiaires (63 %, contre 57 % catégories populaires). Seuls les plus jeunes (18-24 ans) sont partagés (37 % plus contribuer, 23 % autant, 15 % plus bénéficier, 25% ne se prononcent pas).

Politiquement, deux blocs se distinguent :

  • Les électeurs de Marine Le Pen et dans une moindre mesure les abstentionnistes estiment majoritairement contribuer plus au système qu'ils n'en bénéficient (67 % et 55 %)
  • Les électeurs d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon sont un peu plus partagés (respectivement 46 % et 45 % plus contribuer, 38 % et 33 % autant)

Près de 2 Français sur 3 estiment qu'il y a trop d'"assistanat" dans notre pays

Question : Concernant le fonctionnement du modèle social français, de laquelle des opinions suivantes êtes-vous le plus proche ?

65 % des Français considèrent qu'il y a trop d'"assistanat" en France et que notre modèle social a trop d'effets pervers et n'encourage pas à faire des efforts. A contrario, 32% considèrent que l'"assistanat" est un phénomène mineur et qu'il est normal d'être solidaire et que notre modèle social protège ceux qui en ont besoin.

Politiquement, les électeurs de Marine Le Pen (78% trop d'assistanat) et dans une moindre mesure ceux d'Emmanuel Macron (70%) et les abstentionnistes (63%) considèrent qu'il y a trop d'assistanat en France. A l'inverse, la majorité des électeurs de Jean-Luc Mélenchon estime que l'assistanat est un phénomène mineur (53 %).

La perception d’un modèle social favorisant l'assistanat est partagée dans des proportions similaires au sein de toutes les catégories socio-professionnelles (66 % chez les cadres, 68 % professions intermédiaires, 67 % catégories populaires, 68 % retraités) et toutes les tranches d’âge (64 %-69 %) à l'exception des plus jeunes (18-24 ans) qui sont partagés (48 % phénomène mineur, 46 % trop d'assistanat).

Les Français qui jugent le niveau des aides sociales trop élevé (91 % trop d'assistanat) et ceux qui ont davantage l’impression de contribuer au système que d’en bénéficier (76 %) sont les plus critiques sur notre modèle social.

Aides sociales : 44 % des Français les jugent trop élevées (en hausse depuis 2018), 32 % juste ce qu’il faut et 22 % pas assez élevées

Question : Vous personnellement, estimez-vous que le niveau des aides sociales en France est globalement... ?

44 % (+4 depuis juin 2018) des Français estiment que le niveau des aides sociales en France est globalement trop élevé, 32 % (stable) juste ce qu’il faut et 22 % (-6) pas assez élevé.

Depuis juin 2018, la perception d’un niveau trop élevé progresse fortement chez les habitants des communes rurales (52 %, +14), les 35-64 ans (49 %, +12), les professions intermédiaires (51 %, +20) et les ouvriers (49 %, +10).

A ce jour, politiquement :

  • Les électeurs de Marine Le Pen estiment majoritairement que le niveau des aides sociales est trop élevé (55 %)
  • Les électeurs d’Emmanuel Macron sont partagés entre juste ce qu’il faut (43 %) et trop élevé (42 %)
  • Une majorité relative des électeurs de Jean-Luc Mélenchon considèrent qu'il n'est pas assez élevé (45 %, et 32 % juste ce qu’il faut)

Le niveau des aides sociales est davantage perçu comme étant trop élevé par les habitants des communes rurales (52 %) que par ceux des agglomérations urbaines (38 %-45 %).

En termes d'âge, les 18-24 ans estiment plutôt que le niveau est juste ce qu'il faut (46 % et respectivement un quart trop et pas assez élevé) alors que les 25-34 ans sont très partagés (37 % trop élevé, 31 % pas assez élevé, 30% juste ce qu'il faut) et qu’une majorité des 35 ans et plus estiment qu'il est trop élevé (49%, et 30% juste ce qu'il faut).

A noter qu'il n'existe pas de différence significative entre les différentes catégories socio-professionnelles : 48 % des cadres jugent qu'il est trop élevé, 51 % des professions intermédiaires, 46% des catégories populaires et 46 % des retraités.

La perception d’un niveau d'aides sociales trop élevées est particulièrement prégnante chez les Français qui ont le sentiment de plus contribuer au système social qu'ils n'en bénéficient (58 %).

Les aides sociales pour la retraite, la vieillesse, la lutte contre la pauvreté et la santé jugées pas assez élevées. Des Français plus partagés pour le logement, la famille et surtout pour le chômage. Le sentiment que les aides ne sont pas assez élevées recule cependant depuis 2018.

Question : Et dans chacun des domaines suivants, estimez-vous que le niveau des aides sociales en France est globalement... ?

Interrogés sujet par sujet, la majorité des Français estime que le niveau des aides sociales n'est pas assez élevé concernant la retraite (75 %, -6 depuis juin 2018), la vieillesse (72 %, -9), la lutte contre la pauvreté (60 %, -4) et la santé (49 %, -14 ; et 42 %, +14 juste ce qu'il faut). Une majorité relative d'entre eux considère maintenant que le niveau est juste ce qu'il faut concernant la famille (45 %, +8 et respectivement un quart trop et pas assez élevé), le logement (43 %, +8 ; et plus d'un tiers pas assez élevé) et le chômage (42 %, +6 ; et un tiers trop élevé).

Depuis juin 2018, on observe une baisse de la perception d'aides sociales pas assez élevées au profit d'un bon niveau au sein de toutes les catégories de population et électorats.

A ce jour, au global sur l'ensemble de ces sujets, le sentiment que les aides sociales ne sont pas assez élevées est plus fort chez les catégories populaires que chez les cadres (entre 12 et 25 points d'écart selon les sujets) et chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon par rapport à ceux d'Emmanuel Macron (entre 15 et 29 points d’écart).

En termes d'âge, les 65 ans et plus évoquent particulièrement la faiblesse des aides pour la vieillesse (80 %) et la santé (55 %), les 18-24 ans pour le logement (47 %) et les 25-34 ans pour la famille (43  %).

 

Copyright : PHILIPPE HUGUEN / AFP

 

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