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Effondrement sécuritaire au Mali et au Burkina Faso : que peut-il se passer ? - Anticiper la crise à travers le regard des jihadistes

Analyses - 11 Janvier 2023

Cette analyse est un pur exercice de réflexion prospective qui donne à voir les évolutions possibles de la situation au Sahel et ses débordements dans le reste de l'Afrique de l'Ouest à travers le regard des jihadistes d'Al Qaïda au Sahel, ceci afin de permettre au lecteur de percevoir la stratégie des groupes jihadistes et ses objectifs. Ces derniers ont souvent été évoqués ou commentés, mais leur grille de lecture est rarement prise en compte pour analyser, décrypter et décrire les actions des différents acteurs impliqués dans la région. Retrouvez l’ensemble des analyses sur le sujet regroupé dans la série "Sahel : une crise qui s’étend". 

Menacés sur plusieurs fronts, les jihadistes sont toutefois dans une dynamique favorable

Imaginons un groupe de combattants de la branche sahélienne d'Al Qaïda (Jama'at Nasr al-Islam wal Muslimin ; JNIM), évoluant actuellement au Mali. Peu importe ici qu'il soit constitué d’étrangers ou de maliens ; touareg, arabe ou peul ; c'est un groupe disposant de responsabilités militaires, qui reçoit ses ordres d’un chef de bataillon (katibat), lui-même coordonnant son action avec les grands chefs (émirs) du JNIM (Iyad ag Ghali, le révolutionnaire touareg ayant rallié la cause d'Al Qaïda en 2010-2011 ; Hamadoun Kouffa, ancien responsable du Front de Libération du Macina devenu katibat Macina), ou d'autres figures dans les régions de Tombouctou, Kidal, Gao, Mopti ou Sikasso. 

Le changement le plus radical qui a eu lieu pour ce groupe est le départ des forces militaires françaises du Mali, le 15 août 2022.

Le changement le plus radical qui a eu lieu pour ce groupe est le départ des forces militaires françaises du Mali, le 15 août 2022, après presque dix années de présence qui ont coûté la vie de nombreux responsables jihadistes, qui l'a forcé à mettre en œuvre des modes opératoires très évolués : se déplacer discrètement ; ne pas se faire repérer par les drones et les avions ; ne pas utiliser de téléphones ; ne pas se réunir en grand nombre ou uniquement au moment des attaques ; opérer avec une coordination minimale…

Si ce groupe jihadiste ne sait pas si la France, les Américains ou d'autres nations vont continuer de frapper ponctuellement ses frères au Mali, comme cela a lieu dans d’autres zones du monde, force est de constater que sa liberté d’action est redevenue plus importante.

En janvier 2023, ce groupe combattant du JNIM évolue dans un mouvement hiérarchique mais décentralisé, où la liberté d'action est nécessaire. Son action est guidée par des objectifs simples et clairs.

1. Combattre la branche sahélienne de l'État Islamique (EI) qui évolue dans le Liptako Gourma (zone des trois frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso). Celle-ci poursuit une politique de conquête violente, en vidant les villages de cette zone par le massacre de populations qui ne veulent pas se soumettre ou pour des raisons ethniques. L'objectif de l'EI est de contrôler durablement ce territoire pour installer un contrôle politique et militaire fort, recherchant toujours l'émergence du califat islamique. La concurrence entre les méthodes et les doctrines religieuses d’Al Qaïda et de l'EI amènent ces organisations à se combattre sur l’ensemble des "terres de jihad" de la planète.

2. Ne pas s’en prendre aux mouvements rebelles armés du Nord-Mali (membres de la Coordination des Mouvements de l'Azawad (CMA) ou du Cadre Stratégique Permanent (CSP)) qui sont devenus des alliés objectifs sur le terrain pour contrer les avancées de l'EI. 

Cette alliance objective doit aussi être préservée pour trois raisons : 

  • éviter l'ouverture d’un nouveau front contre le JNIM ; 
  • permettre le recrutement des jeunes rebelles désabusés par la perte de légitimité de la CMA dans sa lutte contre les autorités de Bamako ; 
  • maintenir un éventuel allié en cas d’attaques des Forces armées Maliennes (FAMa) et des mercenaires de Wagner au nord du pays. 

Cette alliance non écrite est particulièrement utile pour le JNIM car elle dessert largement la cause des rebelles du Nord du pays au profit du groupe jihadiste qui devient de facto la seule force à gagner en légitimité en combattant sur le terrain.

3. Dès lors que ce combat contre l'EI est mené, avec un fort souci du JNIM de préserver ses effectifs (nombreuses pertes enregistrées récemment), ce groupe combattant peut poursuivre plusieurs objectifs tactiques, en fonction de ses missions et de sa situation géographique :

  • organiser des attaques au mortier contre les bases de la MINUSMA au nord et au centre du pays, mais aussi mettre en œuvre des attaques par EEI/IED contre les convois de la MINUSMA. L'objectif est l'usure lente d’une force internationale peu active, peu menaçante mais qui représente une présence étrangère et un soutien politique/logistique aux FAMa ;

  • mener des attaques complexes contre des bases militaires FAMa dans le centre du pays, la nuit ou à l'aurore, dans l'objectif de tuer ou de faire fuir les militaires, de saisir des prisonniers à négocier plus tard et/ou de saisir du matériel militaire (véhicules, armements) ;

  • concevoir des embuscades contre les patrouilles FAMa et Wagner dans l’objectif de tuer des soldats ennemis, de récupérer du matériel et de tenter de capturer des soldats russes pour les négocier et dans un but symbolique ;

  • préserver les civils mais se venger des individus identifiés comme collaborateurs des FAMa. L'objectif est bien de se prémunir des actions de renseignement des FAMa, mais aussi de distiller une crainte parmi les populations ;

  • identifier les opportunités d’enlèvements de ressortissants étrangers, occidentaux en priorité, pour les négocier plus tard contre des rançons ou des libérations de prisonniers jihadistes ;

  • identifier les entreprises, maliennes ou étrangères, poursuivant une activité économique pour demander une taxe afin de laisser tourner l'activité ;

  • partir dans d'autres zones du pays, voire au Burkina Faso, pour appuyer d'autres katibats du JNIM dans des attaques complexes, des offensives d'ampleur ou des enlèvements ;

  • entraîner dans des camps de nouvelles recrues, notamment dans le sud du pays (région de Sikasso), pour les déployer ensuite dans les zones de combat ;

  • organiser des flux logistiques avec les autres groupes et la protection comme le déplacement des émirs entre les différentes zones d'évolution ;

  • anticiper les grandes opérations FAMa/Wagner pour se replier dans des zones sûres, soit au Mali (au nord du fleuve Niger notamment), soit en Mauritanie ou en Algérie, pays dans lesquels les jihadistes du JNIM peuvent se rendre sans armes à la main ;

  • mener des assassinats de certains responsables communautaires ou traditionnels s'opposant trop directement aux jihadistes. Cette stratégie est moins appliquée aujourd'hui, les émirs du JNIM cherchant à antagoniser le moins possible les notabilités traditionnelles déjà bien ébranlées par dix années de guerre. La force réelle ou fantasmée des jihadistes suffit à assurer une forme de coopération.

En suivant ces lignes directrices, le JNIM poursuit une campagne d’ampleur, sans entraves et en multipliant les coups de boutoir contre le système sécuritaire. Il espère que cette usure progressive des institutions entraînera des sursauts qui amèneront à négocier des trêves et des accords susceptibles de provoquer des concessions territoriales, de la décentralisation et une islamisation des lois, ainsi que des fermetures d’institutions publiques (écoles notamment). 

Le JNIM poursuit une campagne d’ampleur, sans entraves et en multipliant les coups de boutoir contre le système sécuritaire. 

La sur-réaction nationaliste de la junte militaire à Bamako et la multiplication des massacres de civils par les FAMa et Wagner dans le centre du pays donnent corps aux discours de propagande et de prédication des jihadistes dans les villages, qui appellent les civils à les rejoindre pour se défendre, mais aussi les communautés peules des pays avoisinants à se lancer dans un "jihad libérateur".

À ce titre, ces jihadistes ont pu être galvanisés par la vidéo de l'adjoint de l’émir de Hamadoun Kouffa qui a menacé publiquement Bamako, en juillet 2022, pour confirmer la détermination du JNIM à poursuivre cette stratégie d’étouffement jusqu’à ce que les institutions ne tiennent plus aucun territoire du Mali et soit forcées à négocier.

Dans ce contexte, le Mali et le Burkina Faso vont-ils vers la création progressive d'un émirat islamique non déclaré ?

Il est nécessaire de se rappeler les buts politiques et stratégiques des jihadistes. Suivant les préceptes et les ordres des émirs d'Al Qaïda, le commandement du JNIM a appris de ses "erreurs de jeunesse" (occupation du nord du Mali en 2012 et retour d’expériences des autres terres de jihad) et cherche à imposer, par un subtil mélange de force, de persuasion, de négociation et de prédication, des préceptes islamiques régissant la vie du citoyen musulman et de sa communauté. Dans les zones où les institutions maliennes ne fonctionnent plus, dans la région de Kidal par exemple, des juges islamiques du JNIM (cadi) travaillent déjà à réguler la vie des habitants, d’une manière moins coercitive qu'en 2012.

Pour s'assurer de la viabilité de ce projet, il faut donc abattre les institutions nationales héritées de la colonisation ou imposées par l’adversaire - l'Occident perçu comme libéral, chrétien, laïque ou franc-maçon ; l'Union soviétique perçue comme communiste et athée - ceux-là ayant donné naissance à des États plus ou moins musulmans "sous leur contrôle". 

Dès lors que les institutions sont abattues et que les populations ont été préparées par la prédication religieuse, "l’avant-garde" jihadiste peut décréter la création d’un émirat religieux (comme en 2012 à Tombouctou et à Gao), voire la reconstitution d’un califat (comme en 2014 à Mossoul), entité politique née de et dans l’islam. 

Le JNIM a pris le parti de la patience en poursuivant une stratégie politico-militaire de long-terme.

Sauf qu'après avoir observé les réactions militaires occidentales à ces changements de paradigme politique, le JNIM a pris le parti de la patience en poursuivant une stratégie politico-militaire de long-terme, ne passant plus par la conquête et la gouvernance des villes, par l'implantation du drapeau noir, mais sur l'effondrement, l'usure et la délégitimation des systèmes politiques nationaux qui imposeront une domination politico-sociale de facto pour le projet jihadiste.

Pour cela, le JNIM doit s'assurer de la confrontation armée mais aussi de l'embrasement progressif des pays alentours, pour se désenclaver, pour lancer la prédication vers de nouvelles populations au plus vite et pour mettre en scène une délégitimation de tous les systèmes politiques régionaux :

  • en lançant des campagnes de jihad, en les forçant à réagir et sur-réagir contre leurs propres populations visées par la propagande du JNIM. Cette stratégie a démarré au Burkina Faso où elle a réussi et vise désormais le Bénin, le Togo, le Ghana, la Côte d'Ivoire, la Guinée et le Sénégal. Pour le Niger, il s'agit surtout, pour l'heure, de s'assurer du transit possible des combattants vers le Nigéria, lieu d'évolution de groupes affiliés au JNIM ;

  • en recrutant des nationaux de ces pays susceptibles d'être formés au Burkina Faso ou au Mali, avant d'être renvoyés pour mener un combat dans leur pays. Le développement de ces filières de recrutement est important pour étendre ce jihad ;

  • en cherchant des Occidentaux à enlever. À ce titre, les nombreuses entreprises françaises ou étrangères, bien implantées dans ces pays du golfe de Guinée, représentent des opportunités importantes.

Les jihadistes peuvent-ils tenir longtemps cette stratégie ?

Le premier risque d'une expansion si démesurée du jihad pourrait reposer dans la difficulté à assurer un contrôle des territoires aussi étendus. Cependant, ayant choisi une stratégie agile sans contrôle territorial fort, il est possible pour le JNIM d'étendre sa zone d'action pour générer un sentiment de crainte. Tant que sa liberté de déplacement est assurée, le JNIM projette une représentation de sa force plus importante qu'elle n'est vraiment.

Le second risque est de dépasser un seuil symbolique qui déclencherait une nouvelle réaction militaire forte, en entraînant le retour des opérations militaires occidentales ou l'engagement de nouveaux pays, dans une alliance avec les forces armées maliennes ou burkinabé. Ce risque est mesuré par un état-major du JNIM qui sait ce qu’il fait et qui limite l'embrasement général en faisant une distinction claire entre les pays à combattre, ceux avec lesquels maintenir une neutralité, ceux avec lesquels négocier une trêve et ceux pour lesquels il est temps de recruter des hommes mais pas encore de lancer des hostilités.

Tant que sa liberté de déplacement est assurée, le JNIM projette une représentation de sa force plus importante qu'elle n'est vraiment.

Enfin, pour tenir sur la durée tout en bénéficiant d’une dynamique favorable aidant à l’engagement des nouvelles recrues, les jihadistes doivent multiplier les enlèvements (contre rançons), les pillages d’équipement et la levée des taxes sur les populations et entreprises. Ce système complet permet un financement de ce jihad. 

Cette fragmentation à venir du Mali et du Burkina Faso, qui deviendront des bases de projection pour soutenir et poursuivre le combat dans le golfe de Guinée, risque d’engendrer des problèmes structurels forts pour le JNIM qui aura, dans un premier temps, tout intérêt à négocier des trêves pour obtenir un sanctuaire et du répit. Animer un mouvement jihadiste aussi étendu n’est pas sans présenter des défis importants. La multiplication des ennemis locaux, dont certains resteront soutenus par la France, les États-Unis, les Européens ou les pays de la région, est un facteur pris en compte par les émirs du JNIM pour moduler l’intensité de leur engagement. 

Peut-on anticiper l’avenir ?

Ainsi, sans changement dans les politiques actuelles, il est probable que se poursuivent les dynamiques suivantes :

  • l'accroissement des opérations FAMa/Wagner dans le centre du pays va accélérer le recrutement des populations, notamment peules, par la katibat Macina. L'inaction des rebelles de la CMA et l’absence de résolution des accords de paix d'Alger va accélérer le recrutement des populations arabes et touarègues du nord du pays par le JNIM ;

  • l'augmentation des tensions entre la CMA et les FAMa/Wagner conduira à la reprise des affrontements armés au nord, avec une CMA objectivement alliée au JNIM, qui l’appuiera pour reprendre le contrôle total du nord de la boucle du Niger, voire de la moitié nord du pays. À la fin de ces affrontements, le statu quo réapparaîtra au nord du pays et le JNIM s’en prendra aux groupes non islamistes pour s’imposer progressivement ;

  • la fragmentation de fait du centre du pays entraînera des combats réguliers entre la katibat Macina et les milices d’autodéfense communautaires. Ces dernières ne parviendront probablement pas à s’imposer et l’ensemble du centre du pays passera progressivement sous le contrôle effectif du JNIM (sans groupes armés pour le contester) ;

  • la capitale malienne sera encerclée dans sa campagne, augmentant le nombre d’embuscades dans la zone, asséchant partiellement l'économie locale au bon vouloir des katibates du JNIM. Elle sera aussi soumise à des attentats ponctuels. Sauf à ce que l’armée malienne s’effondre totalement, il est peu probable que la ville soit occupée comme avec le mouvement taliban. Les dynamiques ne sont pas les mêmes, car le JNIM dispose d'un nombre bien plus réduit de combattants et n’a jamais gouverné le Mali (à la différence des Talibans en Afghanistan), mais aussi parce que les institutions maliennes sont anciennes, relativement légitimes bien que questionnées, et n’ont pas été entièrement conçues par une entité étrangère comme cela était le cas à Kaboul. Pour leur part, les villes moyennes feront l’objet de sièges informels et le JNIM verrouillera les axes alentours pour imposer un contrôle des hommes et des marchandises ;

  • la zone des trois frontières et de l'Est malien (région de Ménaka) restera contestée longtemps, la branche sahélienne de l'État Islamique étant dans une impasse géographique mais disposant encore de moyens humains et militaires conséquents. Sans accord politique du Niger avec les contingents nigériens de l'EI, la zone deviendra l'épicentre d’un nouvel émirat local de l'État Islamique. Cette unique et dernière raison pourrait hypothétiquement amener l’Algérie à revoir sa doctrine de non intervention militaire en dehors de sa frontière, désormais permise par l’article 31 de la constitution algérienne révisée, l'EI au Sahel étant considéré comme une menace prioritaire pour ce pays ;

  • cette perte de contrôle du Mali amènera à des regains de tensions politiques et in fine à l’ouverture d’un dialogue politique avec le JNIM pour définir les modalités d’une trêve durable, qui amputera le Mali d’une grande partie de son territoire, voire qui imposera un changement constitutionnel très important. La pression des institutions religieuses maliennes sera forte pour amener le politique à négocier ;

  • au Burkina Faso, les objectifs seront de même nature et réalisés de manière plus rapide encore, en raison de la plus petite taille du pays et des tensions déjà très fortes au sein d'une armée plus décimée encore qu'au Mali. La dimension religieuse chrétienne/musulmane pourra aussi devenir le ferment d'une fragmentation plus forte encore et de violences inter-communautaires de grande ampleur. Sauf à accepter d’amputer le pays d’une partie nord/nord-est/est de son territoire, il est peu probable qu’une trêve soit trouvée.

Le JNIM est dans une dynamique politico-militaire favorable au Mali et au Burkina Faso, comme l'étaient les Talibans (et la branche sahélienne de l’EI est là pour durer). Toutefois, à la différence des Talibans, le JNIM est un mouvement qui a des faiblesses : aucun soutien étatique structuré ; une difficulté accrue à contrôler ses troupes ; un étalement qui rend difficile la coordination et l'obtention d'objectifs stratégiques ; une multiplication progressive des ennemis même si la France n'est plus en première ligne. La déstabilisation durable des institutions militaires maliennes et burkinabé par de multiples coups d'État est donc une aubaine pour le JNIM qui attend patiemment que les systèmes politiques perdent pied, comme il l'a souligné dans une communication récente. Pour cette raison, la cohésion nationale doit être recherchée dans ces pays divisés.

Si ces scénarios venaient à se réaliser, la communauté internationale risquerait de devoir à nouveau s'appuyer sur des solutions militaires pour revenir au statu quo ante. Est-ce la bonne solution ? Quelles seraient les autres voies à explorer pour apaiser durablement les violences dans la région ? 

 

Copyright image : SOULEYMANE AG ANARA / AFP

 

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