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Y a-t-il encore une relation transatlantique ?

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Ouest contre Ouest
. Le titre du dernier ouvrage d'André GLUCKSMANN (aux éditions Plon) résume l'amer constat auquel le philosophe et Ezra SULEIMAN, professeur à l'université de Princeton, sont parvenus lors des derniers Libres Échanges, organisés en partenariat avec HECdébats et Le Point, sur le thème de «Y a-t-il encore une relation transatlantique ?». Le fossé n'a jamais été aussi grand entre les deux rives de l'Atlantique. «Qu'elle est loin la belle unanimité de l'après 11 septembre !», déplore Ezra SULEIMAN. Entre l'Europe et les États-Unis, le divorce semble consommé tant les divergences sont profondes. De l'unilatéralisme américain ou du terrorisme islamiste, les deux rives de l'Atlantique n'arrivent pas à s'accorder sur la nature du danger le plus pressant. Pas plus d'ailleurs que sur les principes qui devraient régir les relations internationales.

«Les États-Unis ne cherchent pas à bâtir un empire», rappelle Ezra SULEIMAN. Quoique première puissance mondiale, ils n'en ont les moyens ni humainement, ni matériellement, ni financièrement. Mais l'emploi de la force, poursuit-il, s'avère parfois nécessaire pour mettre à bas les régimes qui violent les droits de l'Homme et constituent une menace pour les démocraties.

À cet égard, les efforts humains et budgétaires en matière de défense, note André GLUCKSMANN, sont largement le fait des États-Unis, alors que c'est l'ensemble du monde occidental qui est aujourd'hui menacé par le terrorisme. Les Américains, las de l'Europe, pourraient bien s'en détourner et nouer des alliances stratégiques ailleurs, en Asie ou dans le monde hispanique. «Devrait-il y avoir une relation transatlantique ?» semblerait alors plutôt, pour Ezra SULEIMAN, la véritable question à se poser.