Travaux en cours
Avec en moyenne une publication toutes les six semaines, l’Institut Montaigne confie en permanence de nouveaux projets d’études à des groupes de travail spécifiquement mis en place et à des chercheurs associés en mission pour trois mois à un an. Ainsi l’Institut Montaigne donne-t-il la parole à des acteurs de la société civile venus de divers horizons et cherchant à s’affranchir des schémas de pensées préexistants. Ils formulent leurs propositions en toute indépendance en s’appuyant sur leur recherche personnelle mais aussi en s’appuyant sur des exemples étrangers pertinents. Voici les travaux en cours de réalisation.
"Professionnaliser les PME"
Groupe de travail présidé par Dominique Damon, Président-directeur général, Morgan
Le groupe de travail se donne comme objectif de formaliser des prescriptions de politique publique en matière de professionnalisation des PME françaises.
La France a un assez bon taux de natalité des entreprises, mais un taux de mortalité élevé et, surtout, un taux de « développement » faible. Peu de gazelles, donc, qui ne deviennent que rarement des lions… Pourquoi ?
Les dirigeants de PME ne pèchent-ils pas par un manque d’ambition, mais aussi par un manque de maîtrise des outils de gestion et de management de base ?
Comment les PME elles-mêmes, mais aussi et surtout les pouvoirs publics, pourraient-ils corriger le tir ? Quelles expériences étrangères son-elles pertinentes dans cette perspective ? Comment s’en inspirer ?
"Faciliter les passages public-privé"
Groupe de travail présidé par Thierry Bert, Conseiller spécial du directeur général du Groupe Caisse d’Epargne
On a souvent l'impression que le passage du public au privé est réservé à une petite élite, et que l'inverse est rendu très difficile par l'existence de corps et de statuts. La réalité est sans doute beaucoup plus nuancée, notamment dans les métiers techniques. Mais nous n'en avons pas la mesure, et le passage entre les deux sphères reste quand même marginal dans notre pays, alors qu'il semble très aisé dans les pays nordiques ou anglo-saxons.
Cette étanchéité est regrettable du point de vue de la sphère publique et de la sphère privée (fertilisation croisée impossible), mais elle est surtout très regrettable du point de vue des salariés qui sont en quelque sorte « professionnellement hémiplégiques », leur horizon des possibles étant plus limité.
Cela réduit les possibilités de mobilité professionnelle, laquelle est le principal déterminant d’une mobilité sociale très insuffisante dans notre pays.
- Quel est l’état des lieux de la réalité actuelle ? - Quelles sont les explications légales, réglementaires, culturelles à cet état de fait ? - Pourquoi y a-t-il plus de souplesse à l’étranger ? - Comment faciliter les passages public-privé ou privé-public à tous les niveaux, là où ils sont aujourd’hui, en France, réservés à une toute petite élite ?
"Réforme des retraites : petits pas ou big-bang ? Les leçons de l’expérience "
Note de Jacques Bichot, économiste, Professeur d'Université, Lyon 3
Depuis 25 ans, tous les experts le disent : le système français de retraites a besoin d’être réformé. Cette réforme s'est amorcée 2 ans après le livre blanc de 1991, selon une méthode de pas à pas confirmée en 2003 puis fin 2007. Du coup, malgré des annonces fréquentes et des changements qui peuvent paraître importants, l’équilibre financier n’est toujours pas garanti. Le filon des réformes paramétriques et progressives semble proche de l’épuisement. Ne serait-il pas grand temps d’entamer une réforme structurelle qui assurerait une vraie pérennité au système quels que soient les aléas ?
Pour déterminer si oui, et quelle réforme serait opportune, faisable et adaptée à nos besoins, l’Institut Montaigne étudie actuellement les réformes pratiquées dans d’autres pays - Allemagne, Italie, Suède et Chili… Les meilleures pratiques seront identifiées, en examinant particulièrement si le passage peut être effectué de façon progressive, ou s’il vaut mieux qu’à un instant « t » l’ancien système cède la place à un système nouveau. Cette note se veut la plus pertinente possible sur les choix à effectuer en matière de réforme du système français. L’enjeu : éviter une immense injustice intergénérationnelle et rompre avec cette impression que la réforme passée a été inutile ou insuffisante…
"Vie politique et diversité ethnique"
Note d'Eric Keslassy, sociologue
La représentation politique des « minorités visibles » est très faible. Si on peut comptabiliser un certain nombre d’élus issus d’une immigration récente dans les instances locales, force est de constater que le parlement est quasiment « monocolore ». Situation accablante qui, en outre, ne cesse de se dégrader : pourrions-nous envisager aujourd’hui que le président du Sénat soit noir comme il le fut entre 1959 et 1968 avec Gaston Monnerville ? Ainsi, non seulement la place faite aux « minorités visibles » dans le champ politique est nettement insuffisante au regard du principe d’égalité qui régit notre démocratie, mais celle-ci ne cesse de se dégrader. Comment expliquer une telle régression ?
La première partie de cette note servira à établir un constat précis de la représentation politique des « minorités visibles » au Parlement en s’appuyant sur une enquête dans les milieux politiques (Ministres, membres du Conseil Constitutionnel, députés et sénateurs, élus et représentants des partis politiques) et associatifs (CRAN, Sos Racisme, XXIème siècle). Seront également interrogés des universitaires et des membres de la société civile (voir ci-jointe la liste provisoire des auditions pressenties). Cet état des lieux confrontera à la réalité les explications traditionnellement avancées par les états majors des partis politiques pour justifier l’absence de parlementaires issus des « minorités visibles ». Au fond, il s’agira de rendre compte et de comprendre les blocages qui ralentissent l’émergence politique de « nouveaux français ». Les nominations voulues par N. Sarkozy de R. DATI, R. YADE et F. AMARA au gouvernement – aussi importantes soient-elles sur un plan symbolique et pour ce qu’elles peuvent apporter en terme de « modèle positif » – ne conduisent-elles pas à jeter un voile sur la situation globale des « minorités visibles » en politique ?
La deuxième partie de la note consistera à regarder ce qui se passe « ailleurs » : deux ou trois pays européens seront passés au crible sur cette question de la représentation politique des minorités, par exemple l’Angleterre, les Pays-Bas et l’Allemagne.
Enfin, conformément aux aspirations de l’Institut Montaigne, la troisième partie de la note portera quelques propositions concrètes. L’ambition initiale est de penser des mesures volontaristes qui ne nous obligent pas aux quotas, mais qui témoignent que la situation ne s’améliorera pas sans un véritable effort dans les mentalités et les pratiques. De ce point de vue, l’expérience mitigée de la parité nous apporte un contre-point très instructif pour élaborer nos propositions…
Rapports (groupes de travail) :
- France Générosité (Président : Bernard de La Rochefoucauld, Président de Parcs et jardins de France)
- Co-développement (Président : Lionel Zinsou, Membre du Comité Exécutif, PAI partners)
- Propriété intellectuelle (Président : Bernard Charlès, Président et CEO, Dassault Systèmes)
- Réinsertion des jeunes délinquants (Président : Claude Heurteux, Co-président Atis-Real Auguste Thouard)
- Spécialisation économique internationale de la France (Président : Philippe Wahl, Conseiller du Board, The Royal Bank of Scotland)
Ouvrage collectif :
- Qu'est-ce qu'être Français ? (recueil de contributions)
L’Institut Montaigne participera, aux côtés de Terra Nova, au travail de prospective engagé dans le cadre du diagnostic stratégique « France 2025 ». Les deux cercles de réflexion mèneront une réflexion indépendante sur leur vision de la France dans les années à venir, qui pourra être confrontée aux analyses des groupes de travail de France 2025.
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