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Exemple : Education, Europe, Santé
  • Pour en finir
    avec le chômage

    Ouvrage -
Auteurs
Bertrand Martinot Économiste

Bertrand Martinot, économiste, conseiller social à la Présidence de la République de 2007 à 2008, puis délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 à 2012, il est l’un des meilleurs spécialistes français de la question du chômage, des politiques de l’emploi et du dialogue social. Il a reçu le Prix Turgot 2014 pour son livre "Chômage : inverser la courbe" publié par l’Institut Montaigne aux éditions Les Belles Lettres.

« Non, le chômage français n’est pas dû à l’euro, à Bruxelles, à Berlin ou à la Chine… Il a tout à voir avec nos corporatismes et notre refus de regarder la réalité en face. »
Henri de Castries, extrait de la préface

« On a tout essayé. » C’est ainsi que François Mitterrand résumait, déjà en 1993, l’incapacité des différents gouvernements à endiguer le chômage de masse. En 2015, la situation est toujours aussi alarmante, et ce malgré les efforts soutenus des pouvoirs publics. C’est dire si la lutte contre le chômage cristallise les débats, tant sur le plan politique qu’économique et social.

« S’attaquer aux causes profondes du chômage est le meilleur moyen de faire repartir la croissance. »

Bertrand Martinot, dans son ouvrage Pour en finir avec le chômage, publié aux éditions Fayard, donne les clés pour comprendre les mécanismes qui ont conduit la France à cette situation. Prenant à contre-pied les idées reçues et les positions idéologiques, il analyse la manière dont sont conçues et conduites les politiques de l’emploi, explique leurs échecs répétés et formule enfin des propositions d’action concrètes et clés en main afin de mettre un terme à ce fléau. Ce livre vient enrichir et compléter l’analyse proposée dans "Chômage : inverser la courbe".

Le chômage en France : 30 ans d’urgence

La cause est entendue : sur les 30 dernières années, le taux de chômage moyen s’est établi à 9 % et n’est que rarement redescendu en dessous de 8 %. Le problème est peu à peu devenu une constante du paysage politique, économique et social français, au point que nous ne nous étonnons même plus de ces chiffres alarmants et de l’absence d’efficacité des politiques de l’emploi.

« Personne ne croit sérieusement en France que 
la politique de l’emploi a un impact significatif sur 
le chômage. »

Le chômage est un mal dont la France, contrairement à bon nombre de ses voisins européens, n’arrive pas à se guérir, malgré les multiples dispositifs mis en place pour tenter d’ « inverser la courbe ». Et c’est un mal qui mine à la fois la compétitivité économique et la cohésion sociale de notre pays.

La crise ne suffit pas à expliquer ce phénomène

Si les stigmates de la crise de 2008 sont encore perceptibles en 2015, l’incapacité de la France à réduire sensiblement le niveau de son chômage révèle des dysfonctionnements plus profonds sur le marché de l’emploi. En cela, le chômage français est structurel et non pas conjoncturel, c’est-à-dire qu’il dépend de nos institutions propres et non des circonstances économiques du moment. La comparaison avec d’autres pays de l’OCDE met clairement en évidence notre difficulté à nous adapter à la conjoncture.

La crise de 2008 a provoqué une hausse du chômage dans tous les pays, seule la France n'a pas réussi à inverser la tendance après coup.

Les causes de cette trop faible capacité d’adaptation sont légion. On peut notamment citer :

  • un système de taxation - plus lourd et plus complexe que la majorité de ces pays - qui décourage les embauches ;
  • une régulation du temps de travail souvent jugée trop rigide ;
  • un SMIC qui progresse plus vite que le reste des salaires et qui maintient les travailleurs les moins qualifiés hors de l’emploi ;
  • un droit du travail qui surprotège les CDI et pousse les entreprises à recourir au CDD au risque de précariser les salariés ;
  • une politique de l’emploi trop orientée sur les contrats aidés et pas assez sur le soutien au retour à l’emploi. 

La singularité du chômage français appelle donc de véritables réformes de fond plutôt que la mise en place de nouveaux dispositifs à la marge d’un système dépassé.

Vaincre la résignation générale en proposant des réformes de fond

« En 2010, le chômage des adultes (25-64 ans) n’ayant pas dépassé le brevet des collèges atteignait 12,9 % contre 4,9 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur. »

La lutte contre le chômage semble décourager la majorité des acteurs, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux, qui désespèrent de remédier à cette situation tout en refusant trop souvent de remettre en cause un système qui n’a pas su s’adapter. Dans cette situation, ce sont les plus vulnérables qui sont les plus affectés.

Ainsi les jeunes souffrent-ils tout particulièrement du chômage, alors qu’ils bénéficient généralement de moins d’aides que le reste de la population. C’est le cas de tous ceux qui cherchent pour la première fois du travail avant d’avoir atteint les 25 ans : ils ne reçoivent ni allocation chômage (car ils n’ont pas encore eu d’emploi), ni RSA (car ils n’ont pas l’âge requis). 

Les exemples étrangers tendent à prouver que cette situation n’est pas une fatalité. Citons l’Allemagne, qui présente en 2015 un taux de chômage chez les jeunes de 7,3 % (contre 16,1 % en 2005). Un dispositif d’apprentissage très largement diffusé et reconnu permet aux jeunes allemands de mieux s’insérer professionnellement et d’être bien davantage protégé du chômage.

 
1 jeune sur 4 est
aujourd’hui au chômage
en France

« Plus de 80 % des chômeurs qui retrouvent un emploi le font sous statut de CDD ou en intérim. »

Le système est aussi peu efficace (il n’atteint pas ses objectifs de réduction du chômage) qu’efficient (il mobilise des moyens colossaux). L’enjeu est pourtant de taille car, malgré les ambitions affichées, ce système menace d’enfermer les chômeurs dans la précarité. Il est donc nécessaire que la lutte contre le chômage mobilise l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.

Mobiliser les partenaires sociaux en faveur de l’emploi

Dans le droit du travail français, toute nouvelle loi ne peut provenir que d’une concertation tripartite entre l’Etat, les représentants des employeurs et les organisations syndicales. Certes, l’Etat doit conserver son rôle et s’assurer que la loi œuvre effectivement au bien commun, mais il ne doit plus intervenir dans les plus petits détails des normes s’appliquant au niveau de l’entreprise, au risque d’infantiliser le dialogue social.
Ainsi, c’est au niveau de l’entreprise, et subsidiairement au niveau des branches et de la loi (pour les principes fondamentaux du droit du travail) que les normes doivent être le plus souvent construites. La lutte contre le chômage est donc étroitement liée à la réforme du dialogue social.

« Une bonne régulation de l’emploi est assurée quand les acteurs sociaux ont la capacité de créer, d’adapter et d’appliquer des normes économiques et sociales compatibles avec un faible taux de chômage. »

Employeurs et salariés sont en effet les mieux qualifier pour décider des mesures qui sont les plus adaptées à leur situation propre, en fonction notamment des spécificités de la branche économique dans laquelle ils opèrent. C’est la décentralisation du processus de création de la norme : elle a pour but de permettre aux acteurs du terrain d’agir rapidement et efficacement sur la régulation de leur marché du travail, sans attendre des décisions venues de l’Etat ou des négociations interprofessionnelles.


Dans Pour en finir avec le chômage, Bertrand Martinot propose 
des méthodes et avance des solutions clés en main à destination 
des pouvoirs publics pour sortir enfin du chômage de masse en France.
Cet ouvrage est disponible en librairie et sur le site de Fayard. 
Institut Montaigne
59, rue la Boétie 75008 Paris

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