Aller au contenu principal
Exemple : Education, Europe, Santé
  • Climat et entreprises :
    de la mobilisation à l’action 

    Sept propositions pour préparer l'après-COP21

    Note -

La liste des personnes auditionnées pour cette étude est la suivante :

  • Jean Paul Agon, Président Directeur général, L’Oréal
  • Marie Balmain, Responsable développement durable, Pierre & Vacances
  • Godefroy Beauvallet, Directeur, Fonds AXA pour la recherche
  • Patrick Bérard, Directeur général Europe, REXEL
  • Hervé Biausser, Directeur, Ecole Centrale Paris
  • Thierry Blandinières, Directeur général, InVivo
  • Fabrice Bonnifet, Directeur du développement durable, Groupe Bouygues
  • Olivier Bouygues, Directeur général délégué, Groupe Bouygues
  • Verena Butt d'Espous, Corporate Communication Manager, Blablacar
  • Frédéric Coirier, Président du directoire, Cheminées Poujoulat
  • Augustin de Romanet, Président directeur général, ADP
  • Jean Charles Decaux, co-Directeur général, JCDecaux
  • Kevin Deniau, PR Manager France, Blablacar
  • Philippe Derieux, Directeur général délégué, AXA Global P&C
  • Yves Dubief, Président, Union des Industries textiles
  • Christian Dubost, Directeur du développement durable, SNCF
  • Pierre Ducret, Président, I4CE
  • Brigitte Dumont, Directrice de la responsabilité sociale d'entreprise, Orange
  • François Houllier, Président, INRA
  • Xavier Huillard, Président, Vinci
  • Jean-Marc Janaillac, Président directeur général, Transdev
  • Mathieu Larroumet, business transformation Director Europe, REXEL
  • Philippe Lévèque, Directeur, Care France
  • Claude Nahon, Directrice du développement durable, EDF
  • Alexandra Palt, Directrice développement durable, L’Oréal
  • Guillaume Poitrinal, Président, Woodeum
  • Matthieu Riché, Directeur de la RSE, groupe Casino
  • Sabine Schimel, alors Conseillère auprès du directeur général, Caisse des Dépôts
  • Amélie Séguret, Business Development Manager, Blablacar
  • Jean-Michel Sylvestre, Président, Compagnie du Charmont
  • Philippe Tuzzolino, Directeur environnement, Orange
  • Gilles Vermot-Desroches, Directeur du développement durable, Schneider Electric
  • Agnès Weil, Directrice du développement durable, Club Med
  • Serge Weinberg, Président, Sanofi

Au rythme actuel, nous aurons épuisé d’ici 25 ans le stock d’émissions de gaz à effet de serre (GES) qui permet de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C à l’échelle mondiale.

Du 30 novembre au 11 décembre 2015, Paris accueillera et présidera la COP21. Cette 21ème conférence s’inscrit ainsi dans la continuité des conférences organisées par la CCNUCC qui, depuis 1979, œuvre à l’accélération de la prise de conscience des enjeux climatiques à l’échelle internationale. 

La consommation d’énergie à l’échelle mondiale a un impact direct sur les changements climatiques qui ont été observés au cours des dernières décennies. Sur la base de nos modèles énergétiques actuels, il semble dès lors possible d’établir une équation liant nos émissions de GESet le respect de l’objectif phare de la COP21 : l’adoption d’engagements forts qui permettront de contenir le réchauffement global sous le seuil des 2°C par rapport aux températures de l’ère préindustrielle.

 

Pour limiter le réchauffement à 2°C, les émissions mondiales de CO2
ne devraient pas dépasser 3 000 gigatonnes d’ici à 2100... 

Or, au cours de la seule année 2013, la planète en a produit 40 Mds de tonnes. Il reste donc 25 années d’émission à rythme constant de 40 Mds de tonnes de CO2 par an. Cependant, du fait des évolutions technologiques en cours, il est possible d’envisager une suppression totale des émissions de carbone en 2050. Cela consisterait néanmoins à laisser en terre 75 % des ressources fossiles naturelles énergétiques connues, qui représentent dans leur ensemble 5 000 Mds de tonnes d’émissions de CO2.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

« Parvenir à un accord universel et contraignant »
la Conférence de Paris est l’occasion d’un changement de méthode.

Parvenir à un accord universel et contraignant » : 
la Conférence de Paris est l’occasion d’un changement de méthode

La COP21 s’appuie sur les propositions d’engagement des Etats-membres ainsi que sur leur coordination pour aboutir à un accord global pertinent au regard des défis climatiques. Des accords bilatéraux (dont celui entre la Chine et les Etats-Unis) témoignent d’un changement d’état d’esprit des principaux émetteurs de GES. Pour autant, les engagements étatiques n’auront de valeur que si le secteur privé s’en empare et donne corps à la volonté d’inflexion. 

L’objet de notre note est : 

1. de faire le point sur la mobilisation des entreprises françaises en faveur du climat et sur les attentes qu’elles placent dans cette conférence ;

2. d’identifier en conséquence les interactions à nouer entre elles et la sphère publique afin que l’engagement français, européen et mondial face aux émissions de GES prenne tout son sens.

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

L’engagement des entreprises à réduire leurs émissions est indispensable pour pouvoir atteindre l’objectif de la COP21.

À cette fin, nous avons rencontré plus de 30 représentants d’entreprises et d’institutions. Ces échanges témoignent d’une prise de conscience, pour certains même aiguë, des enjeux climatiques, repoussant le scepticisme à un combat d’arrière-garde. Pour autant, l’action des entreprises pâtit encore souvent d’une image négative et leur niveau d’engagement est jugé trop hétérogène. 

Ce travail cherche ainsi à faire émerger des pistes pragmatiques qui permettront à l’ensemble de ces acteurs d’être des moteurs de la lutte contre le dérèglement climatique.

La mobilisation des entreprises, un nouveau levier dans la lutte contre le changement climatique

Ces derniers mois, de nombreux dirigeants de grandes entreprises ou d'institutions financières ont annoncé les actions engagées à leur échelle et ont manifesté leur intérêt pour l’obtention de résultats concrets en matière de gouvernance mondiale des émissions de GES. A ce titre, notons un soutien à une régulation plus forte, plus lisible et plus juste des émissions de GES réaffirmé auprès des dirigeants gouvernementaux ainsi qu’une prise de conscience que l’enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique n’est pas qu’une réflexion de long terme mais qu’elle a bien des effets concrets sur des décisions stratégiques importantes. Le changement climatique ne doit plus être une thématique cantonnée à la communication sur le développement durable.

“Une fois que le changement climatique sera devenu une question déterminante en termes de stabilité financière, il sera peut-être déjà trop tard.”
Mark Carney, Gouverneur 
de la banque d’Angleterre

Une mobilisation inégale et un élan disparate selon les secteurs

 
Typologie des différents leviers qui engagent les entreprises dans la lutte contre le changement climatique sous des formes différentes : 

Pour de nombreuses entreprises, la question climatique reste, à ce jour, plus lointaine. Dans des secteurs très exposés à la concurrence internationale ou fonctionnant sur des cycles de marché très courts, il est plus complexe de percevoir les évolutions à venir sur les marchés liées au changement climatique, ou d’envisager une transformation des opérations qui améliore la performance environnementale sans obérer la compétitivité. 

 

L’ampleur de cette mobilisation est encore très loin de la transformation nécessaire pour parvenir à rester sous la barre des 2°C d’ici à 2100. Le Forum Economique Mondial indique dans son Green Invest Report que les investissements à réaliser pour que l’économie adopte une croissance verte s’élèvent à près de 5 000 milliards de dollars par an dans les prochaines années…

Les obstacles qui subsistent

Une baisse de 40 à 70 % des émissions 
de GES entre 2010 et 2050 au niveau
mondial est nécessaire.

La question du financement de la lutte contre le changement climatique n’est pas encore résolue : 

Près de 40 pays et plus d’une vingtaine de villes, d’Etats et de provinces utilisent déjà des mécanismes de tarification du carbone ou ont prévu d’en mettre en œuvre :

1. La tarification du carbone : une politique publique inaboutie 

Près de 40 pays et plus d’une vingtaine de villes, d’Etats et de provinces utilisent déjà des mécanismes de tarification du carbone ou ont prévu d’en mettre en œuvre :

 

2. Le prix du pétrole et sa détermination politique, un frein au développement des énergies renouvelables ? 

Sept propositions pour faire de la COP21 le jalon de la lutte contre le dérèglement climatique

La question climatique réclame une action à brève échéance, efficace et soutenable dans la durée de la part de l’ensemble des acteurs économiques, privés comme publics. 

Sur le plan international, les entreprises souscrivent à l’urgente nécessité d’installer un signal-prix pour les émissions qui soit effectif ; qui soit partagé mondialement afin de ne pas handicaper les compétitivités européenne et française ; qui soit lisible et prévisible pour créer des bases saines d’investissement. 

Peu d’entreprises se positionnent sur les modalités de ce signal, pourvu que l’équilibre et l’efficacité en soient garantis. La réussite et la soutenabilité d’un accord sont largement placées au rang d’objectifs prioritaires.

En revanche, les actions conduites par les pouvoirs publics à des échelons plus locaux font l’objet d’une attention plus aiguë de la part des entreprises. En vue de réussir leurs transformations et de concevoir de nouvelles stratégies intégrant pleinement la question, elles appellent de leurs vœux une action rénovée des pouvoirs publics, au niveau national comme au niveau local, dans l’intégralité de ses dimensions.

1
Détails
Optimiser le financement public de la lutte contre le changement climatique 
Détails

Dans un contexte de forte contrainte des finances publiques, des modes de financement innovants doivent être mis en œuvre pour apporter le soutien utile au démarrage de certaines transitions, tout en préservant la capacité de financement de la sphère publique 

Proposition n° 1 : 
Favoriser les dispositifs de financement incitatifs et innovants chaque fois que cela permet d’éviter un recours aux subventions publiques ;

Proposition n° 2 : 
Instaurer un indicateur de retour sur investissement « climat », mesurant pour chaque euro investi le gain réalisé en termes de réductions d’émissions de GES.

2
Détails
Concentrer les contraintes réglementaires sur la lutte contre le changement climatique
Détails

L’Etat régulateur et percepteur a un rôle décisif à jouer pour orienter vers les solutions technologiques les plus appropriées et infléchir les pratiques les plus émettrices.

Proposition n° 3 : 
Instaurer une graduation des obligations qui permette un étalement des investissements en vue d’une future conversion à des hauts niveaux d’exigences environnementales ;

Proposition n° 4 : 
Instaurer une « priorité réglementaire » pour favoriser l’adoption des contraintes environnementales et éviter l’inflation réglementaire.

3
Détails
Faire de la commande publique un levier de réussite de la transition environnementale
Détails

La commande publique peut constituer un levier déterminant, à la fois pour faciliter la diffusion de technologies nouvelles et pour porter les infrastructures françaises à un niveau compatible avec les enjeux climatiques.

Proposition n° 5 : 
Utiliser la commande publique comme levier de diffusion des technologies performantes sur le plan écologique ;

Proposition n° 6a : 
Associer à chaque nouveau contrat de délégation de services publics un cahier des charges bien plus ambitieux en termes d’émissions de CO2.

Proposition n° 6b : 
Prévoir un alignement dans le temps des échéances contractuelles pour bénéficier plus rapidement des solutions intégrées et des gains énergétiques qu’elles offrent. Les coûts inhérents à ce cahier des charges devront être connus en amont.

4
Détails
Donner aux pouvoirs publics le rôle de médiateur entre société civile et entreprises
Détails

L’Etat et les collectivités ont l’opportunité de jeter un pont entre les attentes de la société civile et les projets des entreprises, en créant les conditions de consultations constructives, et veillant à ce que les transformations à venir ménagent la situation des « perdants » de la transition environnementale.

Proposition n° 7 : 
Encourager le recours aux consultations locales pour tous les projets d’adaptation touchant aux territoires et aux infrastructures.

Téléchargements
Institut Montaigne
59, rue la Boétie 75008 Paris

© Institut Montaigne 2017