Nos propositions en un coup d’œil

>> Promotion de l’égalité des chances à l’école

Propositions issues des rapports  "Les oubliés de l’égalité des chances", "Ouvrir les Grandes écoles à la diversité", "Que peut-on faire pour les écoles dans les banlieues ?"

 


L’école n’est pas indemne des maux dont souffre la société. Elle n’échappe pas à la formation de ghettos.Alors que par le passé des élèves brillants étaient rapidement identifiés puis orientés vers les filièresd’excellence indépendamment de leur origine sociale, le système de formation de nos élites est devenuprofondément endogame. La France sélectionne ses élites comme si elle ne comptait que 6 millionsd’habitants, et non 60 ! L’école française est restée un système fondé sur l’excellence, où tout se joue avant 25 ans, où l’élitisme est le cache-misère de la ségrégation sociale. Rien de durable ne se fera sans l’école comme matrice de l’égalité des chances.

 

 

Propositions : avant le baccalauréat

 

  • Ouvrir, renforcer et systématiser les partenariats locaux entre les classes préparatoires, les établissements d’enseignement supérieur, voire les entreprises, et les lycées situés en ZEP: Chaque classe préparatoire aux grandes écoles pourrait signer un partenariat avec des lycées de ZEP proches géographiquement. Les élèves bénéficieraient alors d’un accès privilégié à la classe préparatoire partenaire. Un partenariat entre les entreprises et les lycées de ZEP pourrait devrait être envisagé.

 

  • Allouer davantage de moyens aux établissements de ZEP afin d’établir une véritable équité entre les établissements scolaires: Depuis 1982, les collèges des ZEP disposent en théorie de moyens supplémentaires d’enseignement, évalués aujourd’hui à 9%. En réalité, si l’on tient compte des salaires des personnels, plus gradés et plus expérimentés dans les seuls collèges de centre-ville, la « discrimination positive » disparaît et devient négative : la dépense publique par élève dans les ZEP est inférieure de l’ordre de 30% à la moyenne nationale. Nous préconisons donc d’allouer aux lycées de ZEP un budget global incluant la masse salariale de 15% supérieur au budget global alloué aux établissements de centre ville.

 

  • Cesser de recruter dans des collèges ZEP des enseignants débutants qui n’en ont pas explicitement formulé la demande

 

- Réaffecter les enseignants qui présentent des signes de démotivation nuisant au travail et éviter les nominations provisoires dans les ZEP au profit d’une intégration pleine à l’équipe pédagogique.


- Permettre aux enseignants, de se porter candidats par le biais d’appel à candidatures effectué en dehors du mouvement. Ils pourraient être détachés en conservant leur poste d’origine. Le chef d’établissement aurait alors, la responsabilité de la constitution de son équipe.

 

  • Introduire au titre du droit à l’expérimentation une initiation à la création d’entreprise dans les collèges ZEP avec l’intervention de créateurs d’entreprises et des entrepreneurs

 

 

Propositions : dans les classes préparatoires aux grandes écoles

 

  • Permettre le recrutement de deux à trois bacheliers issus de ZEP dans chaque CPGE: La proposition de Patrick Weil consistant à permettre aux meilleurs élèves de chaque lycée de France d’accéder aux classes préparatoires aux grandes écoles et aux premières années des établissements sélectifs devrait être appliquée. Il ne s’agit pas d’une « solution miracle » mais d’une base de départ solide pour lancer le débat autour de la diversification du recrutement des classes préparatoires.

 

  • Anonymiser les dossiers de candidature à l’entrée en CPGE:

Dans un processus de sélection complètement non-anonyme, la tentation peut être grande pour une équipe pédagogique de composer sa CPGE à l’image qu’elle voudrait et non à celle des candidatures. C’est pourquoi nous proposons d’anonymiser les dossiers de candidature des lycéens au niveau de leurs noms, mais peut-être aussi de leurs établissements d’origine.

 

  • Proposer aux CPGE privées d’adopter un financement solidaire: Le lycée Sainte-Geneviève à Versailles a adopté une démarche volontariste d’ouverture sociale :le financement de cette prépa repose sur la déclaration de ressources des parents des lycéens ; cette démarche n’a lieu qu’une fois les étudiants intégrés. Un financement solidaire – via une caisse ad hoc – est ensuite mis en place, permettant aux familles les plus modestes de bénéficier d’une réduction partielle ou même totale des frais de scolarité. De plus, une banque avec laquelle la prépa a conclu un partenariat, finance chaque année deux scolarités ; au cas où un problème familial surviendrait, un accord signé avec une mutuelle permet la prise en charge de la scolarité. Sainte-Geneviève propose également, par l’association de ses anciens élèves, des prêts sur l’honneur sans intérêts (remboursés huit ans après).

 

 

Propositions : dans les écoles de commerce

 

  • Faire de l’alternance le ticket d’entrée à l’école de commerce

 

- Ce concours spécifique – à bac+0 – porterait à la fois sur les compétences acquises au lycée et au cours d’une « prépa d’été » financée par les écoles de commerce. Dans la mesure où l’on ne peut imaginer que les élèves issus de lycées de ZEP soient immergés au milieu d’élèves ayant suivi des classes préparatoires et donc plus âgés, ce concours spécifique donnerait lieu à une admission avec un report de deux ans. Pendant ces deux années, le futur étudiant pourrait effectuer une formation en alternance, combinant formation théorique dispensée dans un cadre universitaire et stage en entreprise. Le stage serait conçu par l’école de commerce et labellisé par elle. Si l’élève réussit le parcours, alors son admission en 1ère année en école de commerce est assurée.

 

- Un système de bourses attribuées sur des critères sociaux gagnerait à être mis en place afin de permettre ce cursus sur cinq ans. Il importe que ces bourses soient distinctes du système existant afin de ne pas pénaliser les élèves entrant par les concours ordinaires.

 

 

 

  • Faire de l’international le ticket d’entrée à l’école de commerce

 

Une fois les étudiants présélectionnés, l’idée serait que la grande école de commerce conclue des accords avec des établissements d’enseignement supérieur situés hors de nos frontières. Les étudiants se verraient proposer d’effectuer trois ans de scolarité au sein de ces établissements pour obtenir le diplôme de licence dans la discipline de leur choix. La prise en charge financière relèverait de la grande école et des établissements consulaires associés mais aussi de bourses d’État, de l’Union européenne,
d’entreprises et d’associations. Leur licence acquise, ils seraient admis directement en deuxième année.