Institut Montaigne
Justice, Sécurité, Défense

Recruter 15 000 policiers et gendarmes supplémentaires

Marine Le Pen

Front National

Commentaire synthétique

Réarmer massivement les forces de l’ordre: en personnels : plan de recrutement de 15 000 policiers et gendarmes.

La création de 15 000 emplois proposée par Marine Le Pen s’ajouterait aux 9 300 déjà créés entre 2012 et 2017 par la majorité sortante. Le coût de cette proposition par an en année pleine s’élèverait au minimum à 736 M€.

Cependant, la très grande majorité de la dépense relevant de la masse salariale, le coût complet de la proposition est bien plus important dès lors qu’il est tenu compte de l’ensemble de la période d’activité du fonctionnaire recruté jusqu’à sa retraite.

 

Chiffrage

Coût 740 M€ par an

Par le candidat

Par l’Institut Montaigne

740 M€ par an en année pleine

Répartition du coût

Coût supporté par l’État

Très majoritairement

Coût supporté par les Collectivités

Minoritairement (équipement immobilier)

En supposant la création des 15 000 emplois étalée jusqu’en 2022, le surcoût en année pleine s’établirait à environ 740 M€. À ces charges de personnel peuvent être ajoutées des surcoûts en équipement et en fonctionnement, pouvant être évaluées à 300 M€ sur la mandature.

Chiffrage détaillé de la proposition

Sur la base des données publiées par le rapport annuel de performance de la mission Sécurité annexée au projet de loi de finances pour 2017, le coût annuel moyen de rémunération des policiers et des gendarmes entrants s’établit comme suit :

  • 48 432 € par an en moyenne pour un agent des corps d’application et d’encadrement de la police nationale (y compris pensions) ;

  • 49 797 € par an en moyenne pour un sous-officier gendarme (y compris pensions).

La proposition ne précise pas comment les 15 000 recrutements seront répartis durant le quinquennat. Elle ne précise pas davantage la répartition entre postes de gendarmes et postes de policiers. Pour le besoin du chiffrage, il est retenu une répartition équilibrée des créations d’emploi entre 2017 et 2022, les possibilités de recrutement dès 2017 étant matériellement assez limitées. Il est retenu que 7 500 policiers et 7 500 gendarmes seront recrutés sur le quinquennat.

 

 

2017

2018

2019

2020

2021

2022

Emplois créés

Gendarmerie nationale

500

1 500

1 500

1 500

1 500

1 000

Police nationale

500

1 500

1 500

1 500

1 500

1 000

Total

1 000

3 000

3 000

3 000

3 000

2 000

Emplois créés cumulés

Gendarmerie nationale

500

2 000

3 500

5 000

6 500

7 500

Police nationale

500

2 000

3 500

5 000

6 500

7 500

Total

1 000

4 000

7 000

10 000

13 000

15 000

Sur la base de ces hypothèses de recrutement et des coûts moyens à l’entrée, le chiffrage suivant peut être établi :

 

 

2017

2018

2019

2020

2021

2022

Emplois créés cumulés

Gendarmerie nationale

500

2 000

3 500

5 000

6 500

7 500

Police nationale

500

2 000

3 500

5 000

6 500

7 500

Total

1 000

4 000

7 000

10 000

13 000

15 000

Surcoût annuel (en M€)

Gendarmerie nationale

24,90

99,59

174,29

248,99

323,68

373,48

Police nationale

24,21

96,86

169,51

242,16

314,81

363,24

Total

49,11

196,46

343,80

491,15

638,49

736, 72

Au total, le surcoût de la masse salariale correspondant au recrutement de 15 000 fonctionnaires de police et de gendarmerie s’élève à environ 740 M€ en année pleine à partir de 2022.

À ces charges de personnel peuvent être ajoutées des surcoûts en équipement et en fonctionnement, pouvant être évaluées à 300 M€ sur la mandature.

Difficultés pour le chiffrage, aléas et incertitudes

  • Le chiffrage présenté ci-dessus se fonde sur des hypothèses de recrutement uniquement de sous-officiers de gendarmerie et de personnels d’application et d’encadrement de la police. Le recrutement de cadres supérieurs de police ou d’officiers de gendarmerie majorerait l’estimation.

  • Le chiffrage ne prend pas en compte d’éventuels effets d’augmentation de la valeur du point fonction publique, de mesures catégorielles ou de revalorisation des carrières des fonctionnaires recrutés. Ceci conduit à considérer le chiffrage ci-dessus comme un plancher.

Historique

La proposition a-t-elle déjà été appliquée en France ?

Le recrutement de policiers et gendarmes supplémentaires a été annoncé à partir de 2012, puis en 2016 dans le cadre du “pacte de sécurité” mis en œuvre à la suite des attentats qui ont frappé la France.

Pour quels effets ?

Sur la totalité de la mandature 2012-2017, environ 9 300 emplois de policiers et de gendarmes ont été créés, dont 5 000 à la suite du “pacte de sécurité” de 2016.

Il convient de relever que les objectifs ambitieux de création d’emplois en début de mandature ont tardé à être atteints, à la fois en raison de contraintes budgétaires, mais également en raison de difficultés à recruter et à former des cohortes importantes en peu de temps

La proposition a-t-elle déjà été avancée en France ?

Les propositions d’augmentation des moyens humains et financiers des formes de sécurité sont récurrentes en France.

À l'étranger

La proposition a-t-elle été appliquée / avancée à l’étranger ?

Le nombre de fonctionnaires de police et de gendarmerie pour 1 000 habitants est globalement au niveau de la moyenne européenne.

Pour quels effets ?

Peu d’études permettent d’établir un lien direct entre une faible augmentation des effectifs des forces de sécurité et la baisse de la criminalité. L’enjeu principal semble plutôt le temps passé sur des fonctions opérationnelles.

Mise en œuvre

Quel processus pour que la proposition soit appliquée ?

La proposition de Marine Le Pen nécessite l’ouverture de places aux concours de police et de gendarmerie et la majoration des schémas d’emplois de la mission Sécurités.

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