Institut Montaigne
Education et Enseignement supérieur

Durcir les conditions de passage en 6e

Marine Le Pen

Front National

Commentaire synthétique

Interdiction de passer en sixième si on ne sait pas parfaitement lire et écrire (c’est en grande partie le non-respect de ce principe de bon sens qui détruit le collège, en y rendant les classes ingérables)

La proposition de Marine Le Pen porte sur l’impossibilité de passer en sixième pour un élève qui ne maîtriserait pas “parfaitement” la lecture et l’écriture.

Chiffrage

Coût 990 M€ par an

Par le candidat
Par l’Institut Montaigne 990 M€ par an
Estimation haute 1,56 Md€ par an
Estimation médiane 990 M€ par an
Estimation basse 419,2 M€ par an

Décryptage détaillé

D’après les données du ministère de l’Éducation nationale, le taux de redoublement en CM2 à la rentrée 2015 s’élevait à 0,7 %. Un rapport de l’Institut des politiques publiques estimait le coût du redoublement en primaire et au collège à environ 1 Md€ (dont environ 400 M€ pour le redoublement en primaire et 600 M€ pour le redoublement au collège). Un durcissement des conditions de passage de la CM2 à la 6e alourdirait nécessairement le coût des redoublements, sans qu’il soit possible de préciser véritablement le coût de cette mesure.

Toutefois, le cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillons (Cedre) permet de mesurer les compétences des élèves en fin d’école et en fin de collège. Ces évaluations permettent donc d’établir la part d’élèves qui rencontre des difficultés à la sortie de l’école primaire. L’évaluation de 2015, consacrée à la maîtrise de la langue, indique que seuls 60 % des élèves ont “une maîtrise suffisante des compétences attendues en fin de scolarité primaire”. Parmi les 40 % d’élèves qui n’ont pas une maîtrise suffisante de la langue, 11% sont désignés comme “de faibles” “compreneurs et des lecteurs en difficulté générale de lecture” ou “en grande difficulté de lecture”.

Durant l’année scolaire 2015-2016, 818 755 élèves étaient scolarisés en CM2 (effectifs total – public et privé). Il convient de s’appuyer sur les estimations de évoquées précédemment – soit un coût de 400 M€ par an pour les redoublements au primaire : l’école élémentaire comptant cinq niveaux (CP, CE1, CE2, CM1, CM2), on peut estimer que le coût du redoublement par niveau est de 80 M€ par an, alors que les taux de redoublement actuels sont de 0,7 % en CM2 et 2,1 % en CP. Si l’on réalise une estimation prudente et que l’on envisage que ces 80 M€ recouvrent plutôt un taux de redoublement de 2,1 %, on peut formuler des hypothèses de chiffrage. Le caractère trop général de la proposition de Marine Le Pen ne permet pas de procéder à un chiffrage précis, néanmoins deux hypothèses peuvent être avancées :

  • hypothèse basse : le redoublement de 11 % des élèves de CM2 – les lecteurs en difficulté et en grande difficulté : 419,2 M€ par an ;

  • hypothèse haute : le redoublement de 40 % des élèves de CM2 – ceux qui n’ont pas une maîtrise suffisante de la langue, 1,56 Md€ par an.

Historique

Peter Gumbel considère le redoublement comme l’apanage d’une “mortalité scolaire”. Il perçoit le redoublement comme généralement vain et improductif car, si les performances scolaires des élèves s’améliorent majoritairement l’année de leur redoublement, les élèves renouent rapidement avec les difficultés. Vécu comme une sanction, le redoublement contribue à la démotivation et à la perte de confiance des élèves, parfois au décrochage. Cela se lit dans les travaux qui analysent comparativement les parcours d’élèves en difficulté qui ont redoublé, avec ceux pour qui l’on a refusé cette option. Ces études établissent que les élèves en difficulté – qu’ils aient redoublé ou non – connaissent un parcours scolaire sensiblement analogue.

Alors que l’efficacité du redoublement est contestable, Asma Benhenda et Julien Grenet, estiment que le redoublement coûte chaque année un milliard d’euros ; sa suppression pourrait générer deux milliards d’euros d’économie, à terme.

Aujourd’hui, les instructions ministérielles ont contribué à complexifier très largement la possibilité de recourir au redoublement. Le décret n°2014-1377 du 18 novembre 2014 relatif au suivi et à l’accompagnement pédagogique des élèves, entré en vigueur depuis la rentrée scolaire 2015, souligne le caractère exceptionnel du redoublement, décidé en accord avec les parents et entraînant un accompagnement spécifique des élèves.

Une note récente de la DEPP souligne “la baisse généralisée des taux de redoublement” durant l’année scolaire 2016-2017.

 

À l'étranger

L’efficacité du redoublement est un sujet de débat : la France cumule à la fois des performances générales moyennes à l’échelle internationale, un accroissement des inégalités, un fort déterminisme scolaire, et un taux élevé de redoublement. En France, 22 % des élèves ont redoublé au moins une fois avant l’âge de 15 ans, soit le double de la moyenne des pays de l’OCDE. Pourtant, la France a connu la plus forte diminution de l’OCDE, avec une réduction de 16 points de pourcentage entre 2009 et 201

Mise en œuvre

Quel processus pour que la proposition soit appliquée ?

Les propositions de Marine Le Pen sont essentiellement des mesures budgétaires qui nécessitent une loi de finances afin d’entrer en vigueur. Elles seront généralement complétées d’instructions ministérielles pour être mises en œuvre.

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